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Dialogue aux Carmélites
Saison 2018
09/06 au 23/09/2018
Dialogue aux Carmélites
Le voyage à Lübeck
23/09/2018
Rendez-vous musical
Vincent Jockin
02/10/2018
Gospel - Jeane Manson
02/10/2018
 
Critiques
 
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Denis Kozhukhin, piano
21 et 22/09/2018
Dialogue aux Carmélites
Mūza Rubackytė, piano
Régis Goudot, récitant
26/08/2018
Les Sacqueboutiers
Le Roman de Jaufre
Festival Elizik, Narbonne
11/07/2018
Orchestre du Capitole
Lahav Shani, direction
Toulouse d'Eté
09/07/2018
Dialogue aux Carmélites
Amanda Favier, violon
François Castang, récitant
08/07/2018
Orchestre L'Enharmonie
Serge Krichewsky, dir.
Chiu-Jan Ying, violon
02/07/2018
Orchestre du Capitole
Enrique Mazzola, direction
Edgar Moreau, violoncelle
22/06/2018
Orchestre du Capitole
Long Yu, direction
Chad Hoopes, violon
16/06/2018
Grands Interprètes
Chamber Orchestra of
Europe,
Yannick Nézet-Séguin, dir.
Lisa Batiashvili, violon
15/06/2018
Les Sacqueboutiers
Gwendolyn Toth, orgue
13/06/2018
Les Sacqueboutiers
Jean Tubéry, cornetto
Gwendolyn Toth, orgue
12/06/2018
Dialogue aux Carmélites
Clara Cernat, violon
Thierry Huillet, piano
Luc Ferry, philosophe
10/06/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Orféon Donostiarra
08/06/2018
Grands Interprètes
Grigory Sokolov, piano
04/06/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Nicholas Angelich, piano
02/06/2018
Orchestre du Capitole
Marcelo Lehninger, dir.
Guillaume Vincent, piano
26/05/2018
Orchestre du Capitole
Josep Pons, direction
18/05/2018
Orchestre du Capitole
Clemens Schuldt, direction
Baiba Skride, violon
12/05/2018
Orchestre du Capitole
Bruno Mantovani, direction
Roger Muraro, piano
05/05/2018
Grands Interprètes
Thibaut Garcia, guitare
03/05/2018
Clefs de Saint-Pierre
Elégance Française
30/04/2018
Orchestre du Capitole
Stanislav Kochanovsky,
direction
Sergey Khachatryan,
violon
20/04/2018
Orchestre L'Enharmonie
Serge Krichewsky, dir.
Philippe Monferran, piano
14/04/2018
Toulouse Wind Orchestra
Alexandre Jung, direction
Sophie Dartigalongue,
basson
13/04/2018
Arts Renaissants
Quintette à cordes de
Berlin
11/04/2018
Les Sacqueboutiers
Choeur de l'Université
Jean-Jaurès
Palladia Tolosa
08 et 10/04/2018
Orchestre d'Harmonie
de Quint-Fonsegrives
David Minetti, direction
09/04/2018
Orchestre du Capitole
Jeff Mills, Lost in Space
Christophe Mangou, dir.
05, 06, 07/04/2018
 
 

 

Concerts/ Musique en dialogue aux Carmélites - Amanda Favier, violon
François Castang, récitant - 8 juillet 2018
     

CRITIQUE

Il était une fois un violon…

Le deuxième concert-lecture de la saison 2018 de Musique en Dialogue aux Carmélites adoptait, ce dimanche 8 juillet, la forme d’un voyage. Un voyage dans le temps et dans l’espace accompli par… un violon. Rappelons que le concept de cette série consiste à marier lettres et musique en un dialogue parfaitement en situation dans ce lieu magique qu’est la Chapelle toulousaine des Carmélites. La jeune et talentueuse violoniste Amanda Favier et le récitant François Castang conjuguaient leurs interventions autour de l’acteur principal du spectacle, le violon rouge cerise de Matteo Goffriller.

C’est en effet la voix chantée, chaleureuse et opulente, de cet instrument mythique qu’Amanda Favier fait tout d’abord résonner sous les voûtes colorées de la chapelle, alors qu’elle regagne lentement le chœur où l’attend François Castang. Dans le rôle parlé du violon, ce dernier évoque chronologiquement sa vie riche et mouvementée, depuis sa naissance à Venise en 1723 dans l’atelier du maître luthier Matteo Goffriller, confrère et peut-être rival d’un certain Stradivarius, jusqu’à nos jours. L’identification de lecteur à l’instrument s’avère étonnante de conviction. Les étapes successives de sa vie, habilement et poétiquement évoquées par le récitant/violon, sont brillamment illustrées par les interventions de la musicienne. Une artiste au plein sens du terme qui se glisse avec virtuosité mais aussi avec finesse et sensibilité dans les styles successifs des compositeurs concernés.Après une brève allusion au Vénitien Antonio Vivaldi, contemporain et célèbre compatriote de l’instrument, l’illustration musicale commence avec Johann Sebastian Bach, jadis croisé par le violon à Leipzig.


La violoniste Amanda Favier et le récitant François Castang dans la chapelle des carmélites - Photo Jean-Jacques Ader -
O

Amanda Favier joue deux extraits caractéristiques ce cette polyphonie sublimement inventée sur un instrument a priori mélodique, l’Adagio de la 1ère Sonate, tout en intériorité méditative, et la Gavotte en rondeau de la 3ème Partita, sorte d’apothéose de la danse.
Après une étape parisienne au cours de laquelle le violon rencontre Jean-Marie Leclair, Niccoló Paganini intervient avec sa diabolique virtuosité. Amanda Favier choisit le 13ème des 24 Caprices, celui qui évoque les éclats de rire, d’où son sous-titre « La Risalta ». Apothéose du surhumain en matière de doigté ! Comme l’explique le violon lui-même par la voix de François Castang, l’ami de Brahms, l’Austro-Hongrois Joseph Joachim et le Belge Eugène Ysaÿe se succèdent logiquement étant donné les liens qui furent les leurs. Du premier, la violoniste fait découvrir une très originale cadence écrite pour le 4ème concerto de Mozart.

Quant à Eugène Ysaÿe, il brille sous les doigts habiles et expressifs d’Amanda Favier par l’extrait hallucinant, « Obsession », de la 2ème de ses six sonates pour violon seul, celle dédiée à Jacques Thibaud. On comprend vite le pourquoi du sous-titre de ce mouvement ! L’alternance angoissante entre la citation du Prélude de la Partita n° 3 de Bach et celle du Dies Irae de la liturgie catholique tourne à la psychose. L’un des sommets de cette prestation !
L’étape viennoise de la saga évoque l’archet charmeur de Fritz Kreisler. Il s’agit ici d’une pièce étonnante, sans concession, à la fois virtuose et expressive, le Recitativo und Scherzo-Caprice, Op. 6, composé en 1911 et dédié à « Eugène Ysaÿe, le maître et l’ami », encore lui. Un grand moment de musique qui rend compte de la grande chaîne qui relie les virtuoses !
Suit un long silence de l’instrument dû à son intégration dans une collection privée. Le violon se rebelle, toujours par la voix de François Castang, contre les « collectionneurs de silence » ! Le vingtième siècle s’illustre enfin avec la 3ème Sonate du très attachant compositeur français Nicolas Bacri, né en 1961. Effervescence et lumière généreusement projetées.



Amanda Favier et François Castang - Photo Jean-Jacques Ader -

C’est au grand Nathan Milstein de conclure ce voyage avec une sorte de retour vers la grande virtuosité du XIXème siècle. Sa pièce Paganiniana, qui se compose de variations sur des thèmes provenant d'œuvres de Niccoló Paganini, conclut et résume en quelques sortes ce long périple de près de trois siècles d’un instrument devenu à la fois mythique et familier.
Mais le public n’entend pas que ce voyage s’arrête déjà. Les deux complices reparaissent donc et présentent une des rares œuvres conçues précisément pour violon et récitant. Le compositeur anglais Alan Ridout, (né en 1934 et mort en 1996) s’est inspiré d’un dessin animé de Walt Disney de 1938 : Ferdinand le petit taureau ! Le film d’animation illustre le livre pour enfants de Munro Leaf : Ferdinand The Bull paru en 1936 pendant la guerre civile espagnole et qui fut perçu comme un livre « subversif » célébrant le pacifisme de ce taureau qui aimait sentir les fleurs et se laisser vivre. Amanda Favier et François Castang conjuguent humour, vivacité et finesse dans cette pièce savoureuse et souriante.
Voici l’exemple d’une adéquation parfaite entre diversité des musiques et esprit subtil d’un texte écrit à quatre mains par Amanda Favier et François Castang. Bravo à eux !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 9 juillet 2018

 

infos
 
 
Toutes les informations sur le site internet

www.musiquendialogue.org
 
Programme du concert-lecture donné le 8 juillet 2018 à 16 h à la Chapelle des Carmélites de Toulouse

* J. S. Bach
- Adagio de la 1ère sonate & Gavotte en rondeau de la 3ème partita

* N. Paganini
- 13ème Caprice op. 1 en si bémol majeur dit « La Risalta »

* J. Joachim
- Cadence pour le 4ème Concerto de Mozart

* E. Ysaÿe
- « Obsession » extrait de la 2ème sonate

* F. Kreisler
- Récitatif et Scherzo-Caprice op. 6

* N. Bacri
- 3ème sonate pour violon seul

* N. Milstein
- Paganiniana

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