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Critiques
 
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Renaud Capuçon, violon
15/02/2020
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08/02/2020
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06/02/2020
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SoloDuo
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14/11/2019
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08 et 09/11/2019
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La Nuit Acousmatique
04/11/2019
 
 

 

Concerts/ Les Clefs de Saint-Pierre / Ombres portées - 24 février 2020
     

CRITIQUE

Cordes, âmes et ombres

Le concert des Clefs de Saint-Pierre du 24 février dernier retrouvait les membres d’un quatuor à cordes que l’on a déjà eu le plaisir d’entendre et d’admirer au cours de quelques manifestations précédentes de cette belle série de musique de chambre. Une fois encore, cet ensemble au nom poétique, « Cordes et âmes », explore avec talent un répertoire original en s’associant, en célébration de la vingtième saison des Clefs, à un « Théâtre d’ombres » illustratif.

Mary Randles et Laura Jaillet, violons, Isabelle Mension, alto, et Gaël Seydoux, violoncelle, tous membres de l’Orchestre national du Capitole, composent cette formation bien nommée. Remarquons que les deux violonistes occupent alternativement la position de premier violon, offrant ainsi la fonction de leader aux deux musiciennes aguerries.



Les membres du Quatuor Cordes et âmes dans le Quatuor n° 4 de Beethoven.
De gauche à droite : Mary Randles, Laura Jaillet, Isabelle Mension, Gaël Seydoux
- Photo Classictoulouse - O

Beethoven ouvre la soirée, deux-cent cinquantième anniversaire oblige, avec l’un de ses quatuors à cordes de la première manière, le n° 4, l’un des six publiés en 1801 et réunis sous le numéro d’opus 18. La tonalité d'ut mineur de cette partition crée un climat dramatique en phase avec la sonate pour piano op. 13 de la même période. Réputé d’une structure plus traditionnelle que les autres partitions de cet opus, ce quatuor est néanmoins souvent considéré comme le plus purement beethovénien de la série. Et en effet, les interprètes en exposent la trame musicale sans s’économiser. Mary Randles, qui joue ici la partie de premier violon particulièrement sollicitée, emporte ses collègues avec autorité dans le rythme vif et dramatique de l’Allegro ma non tanto initial. La fugue qui ouvre l’Andante scherzo évolue, sous les doigts des interprètes vers un jeu d’échanges particulièrement convaincant. Autre paradoxe, le Menuet (qui désigne à l’origine une danse cour plutôt légère), prend des allures angoissantes, alors que le final Allegro, tout d’abord aimable, s’achève sur  une course irrésistible et non exempte d’inquiétude.
Avec Dmitri Chostakovitch le climat se fait plus « visuel ». Un changement de l’éclairage de l’auditorium l’accompagne judicieusement. Les deux pièces très particulières pour quatuor à cordes proposées ce soir-là, ont été composées avant le premier de la série des quinze quatuors « officiels ». Elégie et Polka, sont en fait des transcriptions, par le compositeur lui-même, de passages empruntés à deux de ses œuvres scéniques. La matière musicale d’Elégie est extraite de l’opéra Lady Macbeth du district de Mzensk op. 29 (Air de Katerina : « Le poulain court après la pouliche »). Le climat lyrique et calme de cette courte pièce trouve ici son expression juste, à la fois poétique, nostalgique et éthérée.
Quant à Polka, elle reprend une scène du ballet L'Âge d'or op. 22. Hautement technique, cette partition s’ouvre sur une débauche de pizzicati fortissimi que les interprètent dominent avec une intensité impressionnante. Le sarcasme si caractéristique de l’écriture de Chostakovitch s’y exprime pleinement.



Les mêmes musiciens dans le Quatuor n° 1 "Sonate à Kreutzer", de Janáček
- Photo Classictoulouse -

La dernière œuvre inscrite au programme est illustrée visuellement par le « Théâtre d’ombres » qu’animent la manipulatrice d’origine iranienne Roshanak Roshan et le manipulateur et fondateur de la compagnie, Christophe Bastien-Thiry. Des silhouettes d’ombres chinoises sont projetées sur un vaste écran devant lequel jouent les interprètes. Il est vrai que le Quatuor n° 1, intitulé « Sonate à Kreutzer », du grand Leoš Janáček, se prête bien à cette illustration. L’œuvre s’inspire de la nouvelle de Léon Tolstoï qui porte ce même titre, lui-même emprunté à la fameuse sonate pour violon et piano de Beethoven. La boucle est bouclée ! Pour cette exécution comme d’ailleurs pour celle des deux pièces de Chostakovitch, Laura Jaillet tient admirablement la partie de premier violon.
Les quatre mouvements qui composent la partition de Janáček sont considérés ici, à juste titre comme l’indique la présentation judicieuse d’Isabelle Mension, comme les quatre actes d’une œuvre théâtrale. Dans sa nouvelle, Tolstoï s’oppose à toutes les idées convenues sur les femmes, le mariage, les enfants, la jalousie, développant ainsi les éiéments d’un féminisme précurseur ! Il évoque dans son écriture l’évolution de sentiments qui mène au crime inéluctable. Les quatre volets du Quatuor à cordes développent un langage musical particulièrement riche et original, caractéristique de l’écriture du compositeur.
Dès l’introduction de l’Adagio con moto, le drame se noue sur une série d’accords dont les harmonies, les modulations sont autant de blessures. Tout au long de l’œuvre la tendresse et la cruauté alternent dans une atmosphère d’une grande intensité dramatique. Les quatre interprètes ne cherchent pas à arrondir les angles, n’hésitant pas souligner le caractère grinçant ou douloureux de certains passages qui culminent dans d’irrésistibles paroxysmes. On admire la maîtrise de leur jeu et l’intensité expressive qui découle de leur implication personnelle. Un grand moment musical que l’aspect visuel du Théâtre d’ombres vient bien compléter.
Le succès public (l’auditorium affiche complet ce soir-là) incite les membres du Quatuor « Cordes et âmes » ainsi que les animateur du « Théâtre d’ombres » à se réunir de nouveau pour reprendre, ensemble cette fois, la pièce Polka de Chostakovitch. Les silhouettes illustrent avec ironie l’originalité du langage musical. L’accueil enthousiaste réclame et obtient même une deuxième exécution de cette même œuvre !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 25 février 2020

 

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Renseignements détaillés et réservations au :


06 63 36 02 86.

Email : internotes.toulouse@
gmail.com

Internet :
http://lesclefsdesaintpierre
.org/

 

Programme du concert donné le 24 février 2020 à 20 h à l'auditorium Saint-Pierre des Cuisines de Toulouse

* L. v. Beethoven
- Quatuor n°4 op.18

* D. Chostakovitch
- Elégie et Polka

* L. Janáček
- Quatuor n°1 « Sonate à Kreutzer »

 

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