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Concerts / Orchestre National du Capitole - Tugan Sokhiev, direction
Chœur de l'Orfeón Donostiarra - Jeanine De Bique, soprano,
Christa Mayer, mezzo-soprano - 8 février 2020
     

CRITIQUE

Le retour de la « Résurrection »

Déjà offerte aux Toulousains en 2012 par Tugan Sokhiev à la tête de l’Orchestre national du Capitole et avec la participation du Chœur de l'Orfeón Donostiarra, cette mythique Symphonie n° 2 de Gustav Mahler était de retour à la Halle aux Grains pleine à craquer, le 8 février dernier. Animée par l’évocation de la victoire de l’homme sur la mort, cette première des symphonies de Gustav Mahler à introduire les voix au sein d’un vaste orchestre a connu une longue gestation de près de sept années. Sa dimension métaphysique lui confère un pouvoir particulier.

Rappelons que tout a commencé pour Mahler par la composition, en 1888, d’un poème symphonique intitulé Todtenfeier (Cérémonie funéraire), d’après un poème épique d'Adam Mickiewicz. Remanié plus tard, il deviendra le premier mouvement de cette Symphonie n° 2. Les mouvements suivants ne verront le jour que cinq ans plus tard. Rejetée par ses proches, comme le chef d’orchestre Hans von Bülow, ainsi que par l’audience internationale (et notamment française), cette partition hors norme dut attendre de longues années avant de connaître le succès légitime qui est le sien de nos jours. Mahler voulait introduire un finale pour solistes vocaux, chœur et orchestre, tout en craignant les comparaisons inévitables avec la Neuvième symphonie de Beethoven : « Je portais en moi depuis longtemps la pensée de placer le chœur dans le dernier mouvement, et seul le souci qu’on puisse ressentir cela comme une imitation extérieure de Beethoven me fit toujours hésiter. » En outre, cette première symphonie à faire explicitement référence aux lieder inspirés du cycle Des Knaben Wunderhorn (Le Cor merveilleux de l’enfant), partage ces caractéristiques avec les deux partitions suivantes.
Ainsi, cette œuvre étonnante se conçoit comme un lent parcours de l’ombre à la lumière. De l’angoisse à la certitude. C’est bien ainsi que Tugan Sokhiev la conduit à la tête de la phalange toulousaine, forte pour l’occasion de 115 musiciens. Dès le dramatique premier volet, Allegro Maestoso, il choisit un tempo particulièrement lent, torturé, plein de ruptures grâce auxquelles les éléments du discours se mettent peu à peu en place. Nos habitudes d’écoute sont indéniablement bousculées. Mais la construction si complexe de ce mouvement, initialement une marche funèbre, apparaît ainsi comme un cheminement vers un tragique Golgotha. Lorsque surgit enfin le thème du Dies irae, le drame éclate dans une sorte de noirceur sinistre.



L'ensemble de l'Orchestre, du Choeur et des solistes autour de Tugan Sokhiev
- Photo Classictoulouse -

Le mouvement suivant, Andante Moderato, tout imprégné d’une douce tendresse est également pris dans un tempo très (trop ?) retenu. Il s’écoute comme une confidence pleine de nostalgie printanière qui tente de soigner les blessures de la vie.
Il est suivi de la savoureuse allusion purement instrumentale à l’un des lieder du Knaben Wunderhorn, ce cycle poétique et populaire dans lequel Mahler a puisé une part fondamentale de son inspiration. L’autocitation du « Prêche aux poissons de Saint-Antoine de Padoue » est dirigée ici avec une certaine ironie et la succession des contrastes qui s’imposent. L’explosion de révolte qui interrompt la ronde atteint une force irrésistible conférée par le dynamisme réactif de l’orchestre.
Le mouvement suivant, Urlicht (Lumière des origines), introduit la voix soliste d’alto, comme un écho dans les ténèbres. L’interprète initialement prévue, Janina Baechle, étant souffrante, c’est la mezzo-soprano allemande Christa Mayer qui lui succède. La riche beauté de son timbre, sa splendide musicalité, la perfection de sa prononciation font de sa prestation, un grand moment d’émotion.
Cette lente complainte partagée entre espoir et angoisse mène à l’immense final qui renverse toutes les certitudes. C’est alors l’irrésistible ascension vers la lumière. L’orchestre y réalise des miracles de timbres, de couleurs, de contrastes. Tugan Sokhiev équilibre les pupitres, cordes, bois, cuivres, avec un soin qui permet les contrastes les plus extrêmes. Les fortissimi explosifs ne saturent jamais l’espace sonore. La beauté des timbres n’est jamais sacrifiée à l’intensité de l’expression. Et puis le chœur fait une apparition prodigieuse. Admirable Orfeón Donostiarra, sous la direction de son chef José Antonio Sainz-Alfaro  ! Les premier mots : « Aufersteh’n » (Ressusciter), à peine murmurés, qui émergent du silence, serrent les gorges, donnent le frisson. Comme si elle nous prenait la main dans cette ascension vers la lumière, la musique transcende le propos. Parmi les voix solistes, on retrouve avec bonheur l’art vocal de Christa Mayer et la fraîcheur angélique de la voix de la soprano invitée (originaire de Trinité-et-Tobago) Jeanine de Bique. Les deux timbres, en totale harmonie, se mêlent au « Chant des peuples » porté à incandescence par le Chœur, décidemment éblouissant de dynamique. Ce final somptueux donne une idée de l’éternité…
Il faut souligner l’excellence de la participation de chaque pupitre de l’orchestre à la réalisation des solos et des tutti : trompettes, trombones, bassons, flûtes, clarinettes, cors, hautbois et percussions, avec une mention spéciale pour la belle contribution des ensembles de cuivres de coulisse, dont la tâche importante n’est certainement pas des plus aisées. Le quintette à cordes soutient chaque épisode avec intensité et lyrisme, alors que brillent les interventions du premier violon solo Kristi Gjezi.
Signalons que le même programme est offert le mardi 11 février aux Parisiens de la Philharmonie. Mais oui, une fois de plus, Toulouse s’exporte !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 9 février 2020

 

 

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Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


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