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09/03/2020
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Le forum ByPass
La Nuit Acousmatique
04/11/2019
 
 

 

Concerts / Orchestre National du Capitole - Tugan Sokhiev, direction
Victor Julien-Laferrière, violoncelle - 8 et 9 novembre 2019
     

CRITIQUE

Le chemin des étoiles…

De retour à la tête de son Orchestre national du Capitole, Tugan Sokhiev offrait ce 8 novembre aux Toulousains un programme musical original. Comme en un dialogue au-delà des frontières et des années, deux œuvres majeures du XXème siècle confrontent leur langage, mettent en évidence aussi bien leurs différences que les liens évocateurs qui les unissent. Le Français Henri Dutilleux et le Britannique Gustav Holst témoignent tous deux d’un attrait hypnotique pour le rêve et l’espace.

Le titre même de l’œuvre qui ouvre le concert Tout un monde lointain d’Henri Dutilleux, rejoint dans l’imaginaire de chacun celui de la vaste pièce « spatiale » de Gustav Holst Les Planètes. Les contenus musicaux et expressifs différent néanmoins.
Le concerto pour violoncelle et grand orchestre de Dutilleux date de 1970. Il fut dédié à Mstislav Rostropovitch qui en assura la création. Son titre est emprunté à un vers du poème La Chevelure, extrait du recueil jugé scandaleux à sa parution, Les Fleurs du mal, de Charles Baudelaire : « Tout un monde lointain, absent, presque défunt / Vit dans tes profondeurs, forêt aromatique ! » En outre chacun des cinq mouvements contient également en exergue quelques vers extraits de ce recueil, même s’il ne s'agit nullement d'une illustration directe du poème. Il fait partie des chefs-d'œuvre de la musique du XXème siècle, comme un prolongement de la musique de Debussy. Un Debussy converti au langage atonal, manié ici avec une intelligence et une poésie qui en font tout le prix.



Le jeune violoncelliste Victor Julien-Laferrière soliste du concerto de Dutilleux
- Photo Classictoulouse -

Le soliste de ce concerto, Victor Julien-Laferrière, fait partie de la jeune génération des violoncellistes français et mène déjà une carrière exemplaire. Son implication dans cette œuvre forte et colorée suit un trajet d’un raffinement extrême. A la suite d’une introduction imperceptible de la caisse claire, sa sonorité lumineuse installe peu à peu cette atmosphère énigmatique qui correspond d’ailleurs parfaitement au titre du premier des cinq mouvements de l’œuvre : Enigme. Suivent les sections dont chaque titre possède un irrésistible pouvoir évocateur : Regard, Houles, Miroirs, Hymne, alternent les impressions, les paysages. Les éclats orchestraux, comme autant de vagues de lumière, refluent parfois jusqu’aux confins du silence. Le soliste souligne avec finesse le caractère onirique, la poésie de l’écriture. La méditation s’insinue dans les nappes colorées que tissent les tutti autour du violoncelle solo. La fusion s’avère parfaite dans les échanges entre le soliste et tous les pupitres de l’orchestre. Les difficultés techniques de la partition sont franchies sans ostentation par Victor Julien-Laferrière. Doubles cordes, sons harmoniques s’intègrent sans hiatus dans un jeu fluide et naturel. Le retour final vers le silence émeut profondément.
Un bis, lui aussi poétique et lumineux, répond à l’accueil chaleureux du public. Retour aux sources avec l’Allemande de la Suite pour violoncelle seul n° 3 de Johann Sebastian Bach, jouée avec une touchante retenue.



A l'issue du concert de l'Orchestre national du Capitole et du choeur de femmes de l'Orfeon Donostiarra, dirigés par Tugan Sokhiev - Photo Classictoulouse -

C’est au vaste poème symphonique Les Planètes que Gustav Holst doit sa notoriété. Composée entre 1914 et 1917, cette œuvre est divisée en sept mouvements correspondant chacun à une planète du système solaire, tel qu’il était connu à l’époque. Ainsi, Pluton, qui ne fut découverte qu’en 1930, ne figure pas dans cette galerie de portraits. Chaque planète se trouve caractérisée par les éléments que l’astrologie lui a attribués. Toute l’œuvre est bâtie sur la succession des contrastes. C’est bien ainsi que Tugan Sokhiev conçoit et élabore les relations de chaque mouvement avec le suivant. Mars, qui ouvre la partition, est sous-titré Celui qui apporte la guerre. La violence belliqueuse de l’évocation martienne, écrite en plein premier conflit mondial, suscite ainsi un déploiement orchestral somptueusement explosif. Vénus, celle qui apporte la paix, ménage une profonde respiration avant le retour de l’agitation, joyeuse celle-là, de Mercure, le messager ailé. Cette joie se prolonge dans l’exaltation de Jupiter, celui qui apporte la gaîté. L’orchestre brille là de tous ses feux avant de se faire méditatif pour Saturne, celui qui apporte la vieillesse. Ce mouvement, le plus développé, inspire aux interprètes un sens profond du legato et en même temps une sorte de résignation. Comme en écho à L’Apprenti sorcier, de Paul Dukas, qu’il évoque irrésistiblement, Uranus, le magicien met en évidence le même cheminement amusé et confère à la harpe un rôle essentiel. Il faut attendre la dernière partie de Neptune, le mystique, pour assister à l’apparition des voix féminines du chœur convoqué par Holst. Cette tâche éphémère est confiée aux dames de l’Orfeón Donostiarra, placées comme symboliquement au-dessus de l’orchestre, dans la seconde galerie de la Halle aux Grains. Comme Debussy dans Sirènes ou Ravel dans Daphnis et Chloé, Gustav Holst confie au chœur une partition sans paroles. La fusion des voix et de l’orchestre se fait magie.
Cette musique visuelle, musique d’images, bénéficie d’une implication remarquable de différents solistes de l’orchestre. Parmi eux, un grand bravo en particulier au violon solo, Kristi Gjezy et à la violoncelliste solo Sarah Iancu. Sans oublier les solos du cor, du hautbois, de la clarinette, de la harpe, du célesta, de l’ensemble des percussions, particulièrement sollicitées. Tugan Sokhiev, en magicien de l’orchestre, ne cesse d’ailleurs de féliciter chaque musicien.

La Happy Hour des Mille et une nuits

Le lendemain, samedi 9 novembre, l’Orchestre national du Capitole et Tugan Sokhiev participaient à l’une de ces sessions musicales très populaires baptisées Happy Hour. L’heure (18 h), la durée (une heure environ) et le moment du week-end choisi attirent systématiquement un nouveau public, moins habitué, plus jeune, tout simplement curieux. De nombreux enfants viennent ainsi découvrir les grands chefs-d’œuvre de la musique.
Ce samedi, ils s’immergent dans la magie des contes et légendes véhiculée par la célèbre suite symphonique Shéhérazade, de Rimski-Korsakov. Ce rêve oriental, admirablement instrumenté par un maître de l’orchestre, ne saurait trouver, sous nos latitudes, meilleur ambassadeur que la conjonction ONCT-Tugan Sokhiev. De l’évocation imagée de la mer et de sa houle jusqu’au naufrage du bateau de Sinbad, l’orchestre dans toutes ses dimensions, se hisse au plus haut niveau. La cohésion générale, la débauche rutilante des couleurs traduisent avec force la magie des récits que l’astucieuse sultane Shéhérazade se garde d’achever chaque soir au chevet de son cruel époux.



Tugan Sokhiev félicite le premier violon solo Kristi Gjezy à l'issue de Shéhérazade
- Photo Classictoulouse -

Outre la beauté des tutti éclatants dont la partition regorge, comment ne pas admirer celle des soli instrumentaux qui en disent long sur le niveau atteint par chaque musicien. De nouveau, le violoncelle de Sarah Iancu, le cor de Jacques Deleplancque, le hautbois de Louis Seguin, la flûte de François Laurent, la clarinette de David Minetti, le basson de Lionel Belhacène, la trompette de René-Gilles Rousselot, l’ensemble des percussionnistes, sans oublier le brillant pupitres des trombones et son acolyte Sylvain Picard au tuba, réalisent des merveilles.
Néanmoins, la palme des interventions revient au premier violon solo, Kristi Gjezy, qui prête sa « voix » à l’héroïne de l’œuvre, la sultane Shéhérazade. La beauté de sa sonorité, sa virtuosité, sa musicalité trouvent ici son plein épanouissement. Une ovation unanime salue son accomplissement lorsque Tugan Sokhiev lui rend hommage.
Les rappels sont nombreux, au point de susciter un petit bis, en l’occurrence la Danse russe, extraite du ballet Casse-Noisette de Tchaïkovski. La fièvre du samedi soir !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 10 novembre 2019

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 
Programme du concert donné le 8 novembre 2019 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* H. Dutilleux

- Tout un monde lointain
Concerto pour violoncelle et orchestre

* G. Holst

- Les Planètes
 

Programme du concert donné le 9 novembre 2019 à 18 h à la Halle aux Grains de Toulouse

*N. Rimski-Korsakov

-Shéhérazade

 

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