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Orchestre de Chambre de
Toulouse
Concerts du mois de
Septembre 2019
Ensemble Antiphona
Clément Lanfranchi, dir.
29/09/2019
Toulouse Guitare
Saison 2019-2020
Présentation
13/09/2019
 
Critiques
 
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Behzod Abduraimov, piano
14/09/2019
Musique en Dialogue aux
Carmélites
Préludes poétiques
01/09/2019
Musique en Dialogue aux
Carmélites
Terre, nature et liberté
25/08/2019
À bout de souffle
Stéphane Delincak, dir.
Magnificat, Dies Irae...
13/08/2019
Musique au Brésil
Orchestre Symphonique
Municipal de Campinas
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Simone Leitão, piano
20/07/2019
Orchestre du Capitole
Kahchun Wong, direction
Moondog
29/06/2019
Musique en Dialogue aux
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Duende y misterio
16/06/2019
A bout de souffle
Stéphane Delincak, dir.
Mistero Buffo
14 et 15/06/2019
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Chœur du Capitole
Garry Magee, baryton
10/06/2019
Grands Interprètes
Nelson Freire, piano
05/06/2019
Orchestre du Capitole
Klaus Mäkelä, direction
István Várdai, violoncelle
25/05/2019
Grands Interprètes
Les Siècles
François-Xavier Roth, dir.
Marie Lenormand, mezzo
23/05/2019
Grands Interprètes
Budapest Festival Orch.
Iván Fischer, direction
Emanuel Ax, piano
20/05/2019
Orchestre du Capitole
Ben Gernon, direction
Louis Schwizgebel, piano
18/05/2019
Clefs de Saint-Pierre
"Quatuor pour la fin du
Temps"
13/05/2019
Orchestre du Capitole
Josep Pons, direction
Anne Schwanewilms, sop.
11/05/2019
La Saison Bleue
Cuarteto Quiroga
30/04/2019
Orchestre L'Enharmonie
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Philippe Monferran, piano
29/04/2019
Orchestre du Capitole
Joseph Swensen, direction
Janina Baechle, mezzo
Christian Elsner, ténor
27/04/2019
Rotary-Tlse-Lauragais
Constant Despres, piano
Chœur Octambule
25/04/2019
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Vadim Gluzman, violon
17/04/2019
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Raquel Camarinha, sop.
Renaud Capuçon, violon
12/04/2019
Les Arts Renaissants
Thibaut Garcia, guitare
Boris Grelier, flûte
10/04/2019
Les Sacqueboutiers
La Maîtrise de Toulouse
"Missa pro defunctis"
09/04/2019
Grands Interprètes
Martha Argerich et
Lilya Zilberstein, pianos
06/04/2019
Orchestre du Capitole
Maxim Emelyanychev,
piano et direction
05/04/2019
Clefs de Saint-Pierre
"Temps de guerre"
18/03/2019
Grands Interprètes
Le Bolchoï de Russie
Tugan Sokhiev, direction
13, 14 et 15/03/2019
Grands Interprètes
Bertrand Chamayou, piano
Sol Gabetta, violoncelle
11/03/2019
Orchestre du Capitole
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Karine Deshayes,
Chœur du Capitole
08/03/2019
Orchestre du Capitole
La Damnation de Faust
H. Berlioz
Tugan Sokhiev, direction
Chœur et Maîtrise du
Capitole
22/02/2019
Les Arts Renaissants
Quatuor Hagen
20/02/2019
Grands Interprètes
Thomas Enhco, piano
Vassilena Serafimova,
marimba
18/02/2019
Les Sacqueboutiers
La Musique au féminin
Paulhac (Haute Garonne)
16/02/2019
 
 

 

Concerts / Orchestre National du Capitole - Joseph Swensen, direction
Janina Baechle, mezzo soprano, Christian Elsner, ténor - 27 avril 2019
     

CRITIQUE

L'impressionnant crépuscule mahlérien

Le chef américain d’ascendance norvégienne et japonaise, Joseph Swensen, poursuit son exploration du monde symphonique de Gustav Mahler, compositeur pour lequel il éprouve une sensibilité particulière. Et il se lance avec détermination dans cette aventure à la tête de l’Orchestre national du Capitole avec lequel il a tissé des liens musicaux privilégiés au cours des nombreux concerts qui les a réunis.

Avant de se consacrer entièrement à la direction d’orchestre, le Newyorkais Joseph Swensen a mené une grande carrière de violoniste et il est également compositeur. Ce grand musicien attachant a choisi d’explorer cette fois les partitions ultimes de son compositeur fétiche : la Symphonie n° 10 et le cycle Das Lied von der Erde (Le Chant de la Terre).
On peut se réjouir de l’attrait qu’exerce de nos jours, auprès du public français, la musique de Mahler. Pourtant, tout au long de la première moitié du XXème siècle, ce répertoire a été considéré comme incompatible avec le « génie français ». C’est à Debussy, immense compositeur mais féroce critique musical, que l’on attribue ce jugement concernant les symphonies de Mahler : "Ouvrons l'œil (et fermons l'oreille)... Le goût français n'admettra jamais ces géants pneumatiques à d'autre honneur que de servir de réclame à Bibendum." Sans commentaire !
Lorsqu’il entame la composition de sa dixième symphonie, Mahler, qui se sait incurablement condamné par sa maladie de cœur, peut croire à un sursis. L’Adagio est pourtant le seul mouvement dont il a pu achever l’orchestration. Les esquisses des autres mouvements, laissées par le compositeur, ont permis notamment au musicologue et musicien britannique Derick Cooke de compléter la symphonie, une version néanmoins assez rarement programmée.



Le chef d'orchestre américain Joseph Swensen et l'Orchestre national du Capitole
- Photo Classictoulouse -

Joseph Swensen choisit cette partition émouvante pour ouvrir le concert du 27 avril. Les premières mesures de cet Adagio, confiées à un pupitre d’altos en état de grâce, ouvre la voie à l’une des plus tragiques méditations musicales qui soient. Le chef conçoit semble-t-il cette pièce comme une suite d’événements tragiques contrastés qui se succèdent dans une continuité sans faille. Le grand moment de ce cheminement explose avec le climax aux accents d’une étrange atonalité qui précède le final apaisé. De cette sorte de grand cluster orchestral, impressionnant d’éclat et de beauté sonore, émerge cette tenue comme désespérée de la trompette, admirablement portée par le soliste. Tout au long de cette poignante confrontation avec le destin, les divers pupitres de l’orchestre brillent de tous leurs feux. Les cors, les cuivres dans leur ensemble, les bois et le commentaire brûlant jusqu’à l’incandescence porté par les cordes emplissent un espace sonore impressionnant. La fusion finale dans un silence émouvant sonne enfin comme un adieu à la vie.
C’est également sur un adieu que se conclut « Das Lied von der Erde » (Le Chant de la Terre). Baptisé par Mahler lui-même de « symphonie avec voix », ce vaste et pourtant intime cycle de lieder a un temps porté le numéro neuf de la production symphonique de Mahler, avant que ce numéro ne soit finalement attribué à la dernière de ses symphonies achevées. Le compositeur souhaitait-il ainsi briser la malédiction mortifère qui s’était attachée aux neuvièmes et dernières symphonies signées Beethoven, Schubert, Dvořák ou Bruckner ?



La mezzo-soprano Janina Baechle, le chef Joseph Swensen et le ténor Christian Elsner
- Photo Classictoulouse -

Avec ce cycle incomparable, à la fois exotique par l’origine chinoise des poèmes traduits par Hans Bethge, mais surtout poignant par la profondeur de l’expression, le recours aux voix alternées de ténor et d’alto crée une formidable variété de climats. Le ténor Christian Elsner et l’alto Janina Baechle, tous deux de langue allemande, sont les solistes de cette partition.
Dès l’élan irrésistible et désespéré du premier lied, « Das Trinklied von Jammer der Erde » (Le chant à boire de la douleur de la Terre), le ton est donné. L’orchestre, éblouissant de couleurs et d’éclat, illumine de mille couleurs ce paysage tragique, masquant parfois dans ses déploiements fastueux la voix soliste. Tout au long de l’œuvre la prédominance sonore somptueuse de l’orchestre ne favorise pas vraiment l’expression vocale.
Les autres lieder confiés au ténor connaissent des épisodes caractéristiques. Aimablement souriant dans « Von der Jugend » (De la jeunesse), le soliste incarne avec conviction l’ivresse suicidaire de « Der Trunkene im Frühling » (L’ivrogne au printemps).
Chantés par Janina Baechle, le recueillement intime de « Der Einsame im Herbst » (Le solitaire en automne), la ferveur juvénile de « Von der Jugend » (De la jeunesse) mènent au bouleversant adieu final (« Der Abschied ») qui, paradoxalement, résonne comme un hymne cosmique à la vie. En petite forme vocale après sa belle prestation dans le rôle de la Nourrice de l’opéra « Ariane et Barbe-Bleue » au Théâtre du Capitole, la mezzo-soprano ménage néanmoins quelques beaux moments d’émotion, notamment dans le lied final, immense chemin vers la paix intérieure, qui là aussi se fond dans un silence impressionnant.
Une intense ovation salue cette exécution, témoignant ainsi de l’adhésion du public français d'aujourd'hui à un monde musical qui lui fut jadis si étranger…

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 28 avril 2019

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 27 avril 2019
à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* G. Mahler

- Symphonie n° 10, Adagio
- Le Chant de la Terre

 

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