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Concerts / Orchestre National du Capitole - Tugan Sokhiev, direction
Dénes Várjon, piano - 9 novembre 2018
     

CRITIQUE

Splendeur et passion

L’Orchestre national du Capitole, sous la direction de Tugan Sokhiev, invitait, ce 9 novembre dernier, le pianiste hongrois Dénes Várjon. De Franz Liszt à César Franck, le programme musical de cette soirée célébrait l’association de la virtuosité (pianistique et orchestrale) avec la passion, emblème d’un romantisme au-delà des frontières.

Déjà présent à Toulouse lors du festival Piano aux Jacobins 2017, Dénes Várjon a été lauréat de divers prix et concours prestigieux. Nourri de cette culture hongroise riche des apports des grandes personnalités que sont György Kurtág, Géza-Anda ou András Schiff, mais aussi d’un patrimoine musical original, Dénes Várjon s'est formé à l'Académie de musique Franz Liszt de Budapest, dont il est sorti diplômé en 1991. Il a choisi pour ce concert du 9 novembre de rendre hommage au compositeur qui, au-delà d’un attachement à ses racines hongroises, donna ses lettres de noblesse à une certaine culture européenne. De Franz Liszt (ou plutôt Liszt Ferenc, si l’on s’en tient à son patronyme original magyar) le pianiste choisit de jouer le Concerto n° 2 en la majeur. Achevée en 1861, sa composition a connu une première version pendant sa période virtuose entre 1839 et 1840. Liszt l'a ensuite laissé de côté pendant une dizaine d'années avant de le réécrire plusieurs fois. Il avait appelé cette pièce « Concerto symphonique », un titre dont le concept de base, appelé transformation thématique, consiste à développer des thèmes très divers à partir d'une mélodie originelle. Constituée d’un seul mouvement divisé en six parties, cette partition brillante et poétique à la fois offre au soliste comme à l’orchestre un déploiement illimité de virtuosité, de passion et de poésie. C’est ainsi que le pianiste y investit toute son énergie. Son toucher ciselé, d’une clarté exempte de tout excès de pédale, son jeu vif et nerveux, construisent une interprétation pleine de lumière. Il n’hésite pas à exploiter la fibre diabolique des mouvements vifs, sans éluder la tendresse poétique qui émane des plages de rêverie. Il confère ainsi un poids expressif aux silences qui émaillent ces séquences-là.



Le pianiste hongrois Dénes Várjon soliste du Concerto n° 2 de Franz Lszt
© Classictoulouse

En outre, Dénes Várjon sait parfaitement s’intégrer au maelstrom orchestral et en émerger avec un sens aigu de la dynamique sonore. Dirigé avec précision et acuité, l’orchestre construit un commentaire riche de couleurs. On admire en particulier le touchant duo que le piano « chante » avec le violoncelle solo (excellente Sarah Iancu, comme à son habitude). La coda finale emporte l’adhésion de tout le public qui réclame une prolongation ! Le pianiste offre successivement les 3 Hungarian Folk Songs from Csík de son célèbre compatriote Béla Bartók, puis la première des Kinderszenen (Scènes d’enfants) de Robert Schumann.
César Franck encadre ce concerto de deux de ses œuvres symphoniques les plus accomplies. Le Chasseur maudit, l’un des quatre poèmes symphoniques que laisse le compositeur, date de 1880 et s'inspire de la ballade Der wilde Jäger (Le Chasseur sauvage) du poète romantique allemand Gottfried August Bürger. Ballade dans laquelle il est question de la punition divine infligée à un noble rhénan qui a préféré partir à la chasse plutôt qu’assister au culte dominical. Le caractère diabolique de la pièce reste proche des développements de Liszt autour de ses diverses versions de la Danse Macabre… Tugan Sokhiev sollicite toute la richesse sonore et colorée des pupitres de son orchestre. A commencer par le somptueux pupitre de cors (chasse oblige) qui brille là de tous ses feux dès l’introduction. De la fébrilité initiale jusqu’à la frénésie de la course finale l’impact de l’œuvre s’impose avec une impressionnante sauvagerie.



Tugan Sokhiev et Christopher Waltham lors de l'hommage rendu à ce dernier à l'occasion de son départ en retraite © Classictoulouse

Avec l’unique symphonie du compositeur, sa célèbre Symphonie en ré mineur, l’orchestre retrouve les fondements de son répertoire de musique française (rappelons que bien que né à Liège, César Franck a été naturalisé français !). La direction de Tugan Sokhiev lui confère un impact, un relief une structure dynamique proches de la grande culture germanique dont le compositeur s’inspire indéniablement. Une progression impressionnante caractérise le premier volet, du Lento initial jusqu’à l’Allegro dramatique qui s’enchaîne. L’ampleur des tutti se traduit par un équilibre dans lequel les vents et les cordes entretiennent une extrême tension. L’Allegretto qui suit apporte une certaine quiétude, soutenue par l’impeccable séquence de pizzicato des cordes. Le solo de cor anglais, admirablement phrasé par Gabrielle Zaneboni, soutenu par la harpe céleste de Gaëlle Thouvenin, précède une nouvelle et belle intervention solitaire du cor de Jacques Deleplancque. Le retour de cet épisode paisible suit une digression plus énergique. Le Final, sorte de synthèse de l’ensemble des motifs de la symphonie, ramène au premier plan la passion qui se traduit par un crescendo irrésistible. Le chef et l’orchestre portent à l’incandescence cette montée vers la lumière qui s’achève dans l’éclat héroïque d’un accord presque inattendu.
En conclusion de ce concert, Tugan Sokhiev revient sur scène chargé d’un bouquet de fleurs. Il rend ainsi hommage au fidèle violoncelliste Christopher Waltham qui se voit, avec un regret non dissimulé, dans l’obligation de prendre sa retraite. Avec un humour bien d’outre-manche, Christopher remercie ses collègues de pupitre, Tugan Sokhiev et l’ensemble des musiciens. Il assure d’ailleurs qu’il ne se retire pas pour autant de la vie musicale et qu’il ne manquera pas de refaire quelques apparitions ultérieures. Sa chevelure immaculée, sa musicalité et son sens de l’humour manqueront à tous. Très belle reconversion à lui !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 10 novembre 2018

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 9 novembre 2018 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* C. Franck
-Le Chasseur maudit

* F. Liszt
- Concerto n° 2 pour piano et orchestre

* C. Franck
- Symphonie en ré mineur

 

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