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13/08/2019
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18/02/2019
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La Musique au féminin
Paulhac (Haute Garonne)
16/02/2019
 
 

 

Concerts / Orchestre National du Capitole - Tugan Sokhiev, direction
Raquel Camarinha, soprano, Renaud Capuçon, violon - 12 avril 2019
     

CRITIQUE

Musiques intenses, d’hier et d’aujourd’hui

Le concert du 12 avril, donné par l’Orchestre national du Capitole, sous la direction de Tugan Sokhiev, associait musique française d’aujourd’hui et poursuite de l’exploration d’une œuvre symphonique majeure du XXème siècle. Un lien particulier a ainsi rapproché l’actualité brûlante du jeune compositeur toulousain Benjamin Attahir et la grande tradition russe de Dmitri Chostakovitch.

En ouverture de programme, l’orchestre et son chef ont ainsi créé la commande passée à Benjamin Attahir par l’institution symphonique toulousaine et la fondation portugaise Gulbenkian Música. Sous le titre complexe et énigmatique Je / suis / Ju / dith – Un grain de figue, séquence 2, cette nouvelle composition, sur un texte poétique de Lancelot Hamelin, poursuit une collaboration fructueuse du jeune compositeur avec la formation toulousaine. En effet, l’Orchestre national du Capitole, a déjà créé trois de ses pièces : en 2014, le Concerto pour hautbois intitulé Nur (avec Olivier Stankiewicz), en 2016 Nach(t)spiel, pour violon et orchestre (avec Geneviève Laurenceau), en 2017 Sawti' Zaman (2012-rev 2016) À Pierre Boulez. A tout juste 30 ans, Benjamin Attahir a déjà accompli un parcours créatif impressionnant. Pensionnaire à la Villa Médicis en 2016/2017, il collabore régulièrement avec des artistes tels que Daniel Barenboim, Renaud Capuçon, Geneviève Laurenceau, Tugan Sokhiev, Bruno Mantovani…




Les créateurs de Je / suis / Ju / dith – Un grain de figue, séquence 2 : Renaud Capuçon, Tugan Sokhiev et Raquel Camarinha - Photo Classictoulouse -

Sa nouvelle pièce en création réunit une soprano, un violon solo et un grand orchestre symphonique. La soprano portugaise Raquel Camarinha, rencontrée par le compositeur au cours de ses années d’études au Conservatoire de Paris, et Renaud Capuçon, lié à Benjamin Attahir par une grande complicité musicale, sont les solistes de cette sorte de double concerto aux vastes proportions. Le compositeur lui-même caractérise son œuvre de la manière suivante : « C'est l'histoire d'une femme qui ressasse son passé, seule dans sa cuisine. Elle évoque les blessures de la guerre d'Algérie. Ce sujet me permet d'aborder la question du déracinement qui me tient à cœur. Ma mère est franco-libanaise, mon père d'origine marocaine. »
L’orchestre requis pour cette création rassemble un effectif important. Le pupitre des percussions, en particulier, comporte une trentaine d’instruments divers conférant un son particulier, une densité prodigieuse aux tutti comme aux passages plus méditatifs. C’est sur une sorte d’explosion convulsive que s’ouvre l’œuvre. La soprano se détache rapidement de l’orchestre, déclamant d’une voix ronde et belle, émouvante en elle-même, le texte de Lancelot Hamelin. Certes, l’intelligibilité de ce livret gagnerait beaucoup à être surtitré, ou tout au moins disponible dans le programme de salle. Néanmoins, le pouvoir expressif de l’interprète, au-delà de la qualité de son timbre, permet à l’émotion de se transmettre. La partie de violon solo, hautement virtuose et brillamment exécutée par Renaud Capuçon (sonorité d’airain et finesse sensible) établit un véritable duo avec la voix. La tendresse alterne avec l’éclat, la révolte avec le désespoir. Le violon semble parfois consoler la récitante. L’écriture musicale, riche et diversifiée, exige de l’ensemble des pupitres de l’orchestre une précision, un sens des dosages de timbres que Tugan Sokhiev maîtrise parfaitement. Après la succession d’événements tragiques qui balisent l’œuvre, la trame générale se raréfie peu à peu pour se fondre dans un silence angoissant sur lequel s’achève ce récit douloureux.



Le compositeur et les interprètes au salut. De gauche à droite : Benjamin Attahir,
Renaud Capuçon, Tugan Sokhiev, Raquel Camarinha - Photo Classictoulouse -

L’accueil positif du public amène sur scène Benjamin Attahir qui ne manque pas de féliciter et de remercier l’ensemble des interprètes : solistes, chef d’orchestre et tous les musiciens d’une phalange qui démontre une fois de plus son aptitude à aborder les répertoires les plus divers, les plus délicats.
En écho à cette création, Tugan Sokhiev poursuit l’intégrale qu’il souhaite diriger et enregistrer, à la tête de l’ONCT, des symphonies de Dmitri Chostakovitch. Il aborde cette fois, dans la seconde partie de soirée, la Symphonie n° 6 du grand compositeur russe. Longtemps méconnue, comme coincée entre la 5ème et de la 7ème, toute deux plus souvent programmées, elle a été créée le 5 novembre 1939 par l'Orchestre philharmonique de Leningrad sous la direction d’Evgeni Mravinski. Elle a été étrangement surnommée « La symphonie sans tête », car elle ne possède que trois mouvements. Il est vrai qu’elle débute par un Largo qui semble correspondre à un deuxième volet.
Tout au long des trois étapes de l’œuvre, les musiciens de l’orchestre réalisent là une performance stupéfiante, exceptionnelle de cohésion, d’intensité, au-delà d’une impressionnante perfection instrumentale. Tugan Sokhiev dirige avec une authenticité, une précision, un sens de la tragédie qui démontrent à quel point il possède ce répertoire dans son ADN, dans ses veines !



L'orchestre et Tugan Sokhiev à l'issue du concert - Photo Classictoulouse -

Le Largo initial, plus long que les deux autres réunis, a de quoi sidérer. Il s’ouvre sur une longue plainte portée par les pupitres de violoncelle et d’alto, stupéfiants d’intensité, imposants à couper le souffle ! Tout ce mouvement, sombre et tragique, voit s’étirer ses longues phrases des cordes, comme pour évoquer un paysage de désolation, un vide effrayant. Les révoltes qui s’amorcent ici ou là semblent vouées à l’échec. On ne peut ignorer les circonstances de sa composition, à la suite des grandes purges staliniennes, à la veille du deuxième grand conflit mondial. Le désespoir le plus glaçant suinte des dernières mesures. Le fond du gouffre.
Avec les deux mouvements suivants, tout change. L’Allegro, faussement joyeux, sonne comme un modèle d’ambigüité, typique de l’art de Chostakovitch pour le double langage. A la moquerie caricaturale succède un temps une fugace allusion tragique. Une énergie inépuisable anime tout le final Presto. La feinte légèreté recouvre une critique aux accents perceptibles. Quelques traits d’une apparente désinvolture épicent le déroulement féroce de ce final : le triomphe du faux semblant, un gigantesque pied de nez du compositeur aux attentes officielles du régime stalinien !
Il faut redire ici la prodigieuse performance de tout l’orchestre. Précision diabolique, dynamique sans limite, sens du rythme, tout concourt à porter cette œuvre à l’incandescence. Un grand bravo à tous les artisans des solos, nombreux et périlleux qui parsèment les trois mouvements. Tugan Sokhiev ne manque d’ailleurs pas de faire applaudir chacun(e) d'entre elles et d'entre eux : flûte, piccolo, hautbois, cor anglais, clarinette, cor, basson, trompette et les autres, sans oublier le premier violon solo, ce soir-là Sergey Levitin.
Enfin, soulignons le fait que Tugan Sokhiev réalise là l’une de ses plus brillantes performances.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 13 avril 2019

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 12 avril 2019
à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* B. Attahir

- Je / suis / Ju / dith - Création mondiale

* D. Chostakovitch

- Symphonie n° 6

 

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