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Orchestre du Capitole
Enrique Mazzola, direction
Edgar Moreau, violoncelle
22/06/2018
Odyssud
Saison 2018-2019
Dialogue aux Carmélites
Saison 2018
Présentation 20/03/2018 09/06 au 23/09/2018
Orchestre du Capitole
Saison 2018-2019
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30/05/2018
Les Clefs de Saint-Pierre
Saison 2018-2019
 
Critiques
 
Orchestre du Capitole
Long Yu, direction
Chad Hoopes, violon
16/06/2018
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Chamber Orchestra of
Europe,
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15/06/2018
Les Sacqueboutiers
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13/06/2018
Les Sacqueboutiers
Jean Tubéry, cornetto
Gwendolyn Toth, orgue
12/06/2018
Dialogue aux Carmélites
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10/06/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
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08/06/2018
Grands Interprètes
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04/06/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
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02/06/2018
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26/05/2018
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18/05/2018
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Baiba Skride, violon
12/05/2018
Orchestre du Capitole
Bruno Mantovani, direction
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05/05/2018
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Thibaut Garcia, guitare
03/05/2018
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14/04/2018
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13/04/2018
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Quintette à cordes de
Berlin
11/04/2018
Les Sacqueboutiers
Choeur de l'Université
Jean-Jaurès
Palladia Tolosa
08 et 10/04/2018
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09/04/2018
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05, 06, 07/04/2018
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30/03/2018
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29/03/2018
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19/03/2018
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17/03/2018
Grands Interprètes
Ensemble Pygmalion
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14/03/2018
Odyssud
Orchestre Les Passions
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Magali Léger, soprano
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contre-ténor
13/03/2018
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Robin Johannsen, soprano
08/03/2018
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Tugan Sokhiev, direction
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05/03/2018
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Academy
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Béatrice Uria-Monzon,
mezzo-soprano
04/03/2018
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David Grimal, violon
Anne Gastinel, violoncelle
Philippe Cassard , piano
27/02/2018
Clefs de Saint-Pierre
Impressionnismes
26/02/2018
 
 

 

Concerts / Orchestre national du Capitole - Tugan Sokhiev, direction
Orféon Donostiarra - 8 juin 2018
     
COUP DE CŒUR
CRITIQUE

L’éblouissant « Opéra en robe d'ecclésiastique » 

C’est au chef d'orchestre allemand Hans von Bülow que l’on doit cet aphorisme ironique sur la Messa da Requiem de Giuseppe Verdi. Le 8 juin (puis le soir suivant), la Halle aux Grains accueillait l’une des œuvres sacrées les plus théâtrales de tout le répertoire. L’Orchestre national du Capitole était rejoint par le toujours impressionnant chœur basque l’Orféon Donostiarra et un quatuor de solistes de grande qualité, le tout placé sous la direction attentive et perfectionniste de Tugan Sokhiev. Le triomphe qu’a recueilli cette première présentation rend justice à un admirable travail de fond effectué sur cette partition hors du commun.

Remarquons tout d’abord que la plupart des grandes Messes de Requiem de l’Histoire de la musique se hissent au rang de chef-d’œuvre. Mozart, Berlioz, Fauré, auxquels on peut rajouter Duruflé et Britten pour ne citer qu’eux, ont tous atteint, avec leur Requiem respectif, les sommets de leur production propre. Verdi, quant à lui, place au service de la liturgie toutes les caractéristiques dramatiques développées par le compositeur sur les scènes d’opéra. Après avoir connu un grand succès avec son opéra Aida, Verdi s’est investi dans la composition de sa Messa da Requiem à la mémoire du poète Alessandro Manzoni, mort en 1873 et qui s'était engagé comme lui pour l'unité italienne au sein du Risorgimento, dans un idéal de justice et d'humanité. Le titre original de l’œuvre, Requiem de Manzoni, témoigne de l’attachement de Verdi envers le grand poète.



L'Orchestre national du Capitole et l'Orféon Donostiarra sous la direction de Tugan Sokhiev lors de l'exécution du Requiem de Verdi - Photo Classictoulouse -

Si la structure de l'œuvre suit fidèlement, à quelques rares éléments près, la liturgie catholique romaine du service des morts, ce Requiem évoque par de nombreux traits un opéra avec ses contrastes, ses airs ses ensembles et ses interventions chorales. La difficulté des choix d’interprétation réside précisément dans cet équilibre à maintenir entre drame et musique sacrée. C’est apparemment à cela que s’est attachée la formidable interprétation délivrée à Toulouse. Autre équilibre difficile à tenir, celui entre la masse chorale, la masse orchestrale et les quatre voix solistes. Là encore, la direction de Tugan Sokhiev a parfaitement réalisé cette gageure. Ce qui impressionne tout particulièrement, c’est l’incroyable dynamique avec laquelle se déploie l’éloquence expressive portée par les musiciens et les chanteurs, unis dans une même ferveur.
Ainsi, on retient sa respiration lors des premières mesures pianissimo de l'Introït, lugubres, effrayantes, qui émergent d’un silence sépulcral. A l’opposé, les couleurs explosent dès que retentissent, comme un leitmotiv, les quatre accords de sol mineur fortissimo, suivi de l'intervention tempétueuse du chœur. Formidable Orféon Donostiarra ! Sous la direction de José Antonio Sainz Alfaro, cette formation vocale constitue le fil rouge, l’épine dorsale de cette exécution. Habilement mêlées aux sonorités instrumentales d’un orchestre lui aussi tour à tour poétique ou conquérant, les voix des choristes épicent cette progression dramatique vers le silence de l’espoir.
En ouverture du Dies Irae, le paroxysme du Tuba MIrum donne des frissons. Les quatre trompettes de l’apocalypse se joignent à l’ensemble. Réparties parmi le public des deuxièmes galeries de la Halle aux Grains elles sonnent en écho aux cuivres de l’orchestre, comme autant d’épées de lumière. Parfaitement synchrones (ce qui n’est pas toujours le cas dans cet épisode périlleux), leur intervention sera d’ailleurs largement acclamée lors du salut final.



Autour de Tugan Sokhiev, les quatre solistes. De gauche à droite : Joyce El-Khoury, soprano, Anna Kiknadze, mezzo-soprano, Saimir Pirgu, ténor et Vitalij Kowaljow, basse
- Photo Classictoulouse -

Chacun des quatre solistes vocaux trouve en outre le sens profond de son rôle. Le ténor Saimir Pirgu, connu et aimé à Toulouse, module son timbre et sa puissance avec intelligence et sensibilité. Son émergence héroïque dans le Kyrie impressionne, alors que dans « l’air » Ingemisco qui lui est réservé et dans ses autres apparitions la souplesse de son timbre au legato suave, le recours à la voix mixte, confèrent à son chant une sensibilité touchante. La basse ukrainienne Vitalij Kowaljow déploie la noirceur de sa couleur vocale dans ses interventions spectaculaires comme dans l’épisode Mors stupebit. Tout aussi impressionnante, la grande voix parfaitement timbrée de la mezzo-soprano russe Anna Kiknadze, présente à plusieurs reprises à Toulouse, semble avoir encore gagné en ampleur. Ses duos avec la soprano libano-canadienne Joyce El-Khoury constituent des moments d’une rare intensité. Dans le Quid sum miser (où elles sont rejointes par le ténor), et le Recordare, le temps semble suspendu.
Quant à Joyce El-Khoury, elle plane très haut dans le firmament de cette soirée. Son chant s’adapte à la perfection à chacun des épisodes de la Messe. Elle sait aussi bien déployer un héroïsme conquérant que caresser avec suavité les paroles sacrées. Son Libera me, épisode redoutable pour toute soprano, associe l’angoisse véhémente de la prière et la transcendance de l’aigu pianissimo, comme susurré depuis l’au-delà ! Ses dernières paroles murmurées sur la tenue imperceptible du chœur donnent les larmes aux yeux…
Saluons, au-delà de la justesse et de la précision de cette exécution magistrale, la profondeur et l’émotion qui s’en dégagent. A coup sûr l’un des grands moments de toute la saison qui doit beaucoup au maître d’œuvre de cette reprise, Tugan Sokhiev, abondamment acclamé comme tous les acteurs de cette réussite.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 10 juin 2018

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme des concerts donnés les 8 et 9 juin 2018 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* G. Verdi

- Messa da Requiem

 

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