www.classicToulouse.com
Annonces
 
La Saison Bleue
Edition 2018-2019
Orchestre du Capitole
Maxim Emelyanychev, dir.
15 et 17/11/2018
Les Sacqueboutiers
Théâtre du Capitole
Voyage musical
en Nouvelle Espagne
23/11/2018
Grands Interprètes
Orchestre Philharmonique
de Radio-France
Mikko Franck, direction
Khatia et Gvantsa
Buniatishvili, pianos

24/11/2018
Musique au Palais
Edition 2018
24 et 25/11/2018
La Dame d'Aragon
Hambre
25 et 26/11/2018
Rencontres musicales
de Nailloux
28/09 au 15/12/2018
 
Critiques
 
Les Arts Renaissants
Il delirio fantastico
Vincent Bernhardt, dir.
Laureen Stoulig, soprano
14/11/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Dénes Várjon, piano
09/11/2018
Grands Interprètes
Il Pomo d'Oro
Maxim Emelyanychev, dir.
Serse, G. F. Haendel
07/11/2018
Quatuor Alizé
04/11/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Edgar Moreau, violoncelle
03/11/2018
Orchestre du Capitole
Michael Sanderling, dir.
Nicola Benedetti, violon
27/10/2018
Toulouse Wind Orchestra
Mathieu Romano, direction
Alexandre Gattet, hautbois
26/10/2018
Orchestre du Capitole
Rinaldo Alessandrini, dir.
Julien Martineau,
mandoline
20/10/2018
La Dame d'Aragon
Mozart, Pélerin de l'Infini
15/10/2018
Orchestre du Capitole
Wayne Marshall, direction
Soirée Bernstein
12/10/2018
Clefs de Saint-Pierre
Soirée Brahms
08/10/2018
Toulouse Guitare
Marcin Dylla - Boris Paul
05/10/2018
Rendez-vous musical
Vincent Jockin
02/10/2018
Dialogue aux Carmélites
Le voyage à Lübeck
23/09/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Denis Kozhukhin, piano
21 et 22/09/2018
Dialogue aux Carmélites
Mūza Rubackytė, piano
Régis Goudot, récitant
26/08/2018
Les Sacqueboutiers
Le Roman de Jaufre
Festival Elizik, Narbonne
11/07/2018
Orchestre du Capitole
Lahav Shani, direction
Toulouse d'Eté
09/07/2018
Dialogue aux Carmélites
Amanda Favier, violon
François Castang, récitant
08/07/2018
Orchestre L'Enharmonie
Serge Krichewsky, dir.
Chiu-Jan Ying, violon
02/07/2018
Orchestre du Capitole
Enrique Mazzola, direction
Edgar Moreau, violoncelle
22/06/2018
Orchestre du Capitole
Long Yu, direction
Chad Hoopes, violon
16/06/2018
Grands Interprètes
Chamber Orchestra of
Europe,
Yannick Nézet-Séguin, dir.
Lisa Batiashvili, violon
15/06/2018
Les Sacqueboutiers
Gwendolyn Toth, orgue
13/06/2018
Les Sacqueboutiers
Jean Tubéry, cornetto
Gwendolyn Toth, orgue
12/06/2018
Dialogue aux Carmélites
Clara Cernat, violon
Thierry Huillet, piano
Luc Ferry, philosophe
10/06/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Orféon Donostiarra
08/06/2018
Grands Interprètes
Grigory Sokolov, piano
04/06/2018
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Nicholas Angelich, piano
02/06/2018
Orchestre du Capitole
Marcelo Lehninger, dir.
Guillaume Vincent, piano
26/05/2018
Orchestre du Capitole
Josep Pons, direction
18/05/2018
Orchestre du Capitole
Clemens Schuldt, direction
Baiba Skride, violon
12/05/2018
 
 

 

Concerts / Orchestre National du Capitole - Clemens Schuldt, direction
Baiba Skride, violon - 12 mai 2018
     

CRITIQUE

Héroïque et révolutionnaire !

Pour son concert du 12 mai dernier, l’Orchestre national du Capitole invitait le jeune chef allemand Clemens Schuldt qui faisait ainsi ses débuts à Toulouse. Il était rejoint par la jeune violoniste lettone Baiba Skride qui était apparue pour la première fois aux côtés de notre Orchestre en 2015 dans le Concerto de Sibelius. Schumann, Beethoven et Prokofiev étaient cette fois inscrits au programme.

Se produisant régulièrement avec le Philharmonia, le Royal Northern Sinfonia et le Scottish Chamber Orchestra, Clemens Schuldt dirige également de nombreux orchestres d’Allemagne et d’Autriche. Reconnu pour ses interprétations novatrices de la musique classique et romantique germanique, ce jeune trentenaire déploie, à la tête de la formation toulousaine, une énergie impressionnante. Sa gestique, par moments comme explosive, surprend au premier abord. Il faut néanmoins reconnaître que cette direction extravertie est loin de rester lettre morte, puisqu’elle suscite les réactions auxquelles on s’attend de la part des musiciens et se traduit ainsi par un jeu souvent exacerbé de tout l’orchestre. On a coutume de constater que la sonorité globale d’une même formation symphonique varie beaucoup d’un chef à l’autre. Avec Clemens Schuldt, le Capitole prend des couleurs vives et pleines de relief et son équilibre favorise les instruments à vent sans pour autant sacrifier en quoi que ce soit l’impact des cordes.



Clemens Schuldt à la tête de l'Orchestre national du Capitole
- Photo Classictoulouse -

Dans l’ouverture du Manfred de Schumann, en début de concert, cette volonté assumée ne se manifeste pas sans une certaine agressivité. A cet égard, les premiers accords font sursauter ! Ce plongeon byronien dans les tourments de l'âme romantique suscite incomparablement plus de révolte que de lyrisme. Néanmoins, une large gamme de nuances se manifeste tout au long de ces quelques minutes que Schumann consacre aux souffrances du héros.
La logique de la démarche de Clemens Schuldt s’éclaire considérablement avec sa conception attachante de la Symphonie n° 3, « Héroïque », de Beethoven qui occupe toute la seconde partie de la soirée. On connait la colère du compositeur à l’égard du dédicataire initial de cette partition, Napoléon Bonaparte, lorsqu’il a appris son virage impérial. La rage avec laquelle il a rayé cette dédicace apparaît encore sur la partition autographe… Il semble que cette saine colère « révolutionnaire » inspire la direction du chef invité. Sa vision de l’œuvre, qui a connu et qui connait toutes les interprétations possibles, apparaît d’une grande cohérence, en rupture avec certaines traditions postromantiques. Peu ou pas de vibrato des cordes, qui ne tissent donc pas cette confortable moquette à laquelle bien des interprétations passées nous ont habitués, une présence stratégique des timbales en peau (bravo à  Jean-Sébastien Borsarello !), met en œuvre le retour à une pratique orchestrale proche de celle des grands « baroqueux » (on pense à Harnoncourt ou à Gardiner). La symphonie y gagne une lisibilité que le soin apporté aux coups d’archets accentue encore. Nerveuse et affutée, la direction de Clemens Schuldt s’accompagne de tempi vif et soutenus. Plutôt torrent que long fleuve tranquille !
L’extrême vigueur de l’Allegro con brio laisse éclater une saine colère. Même la célèbre Marche funèbre, dans sa noirceur sinistre, avance d’un pas décidé. La complexité de son déroulement, ses alternances de recueillement et de révolte, sont habilement menées. L’évocation de la danse développée dans le Scherzo, se trouve magnifiquement scandée par les interventions solaires des cors, admirables de timbres. Une énergie irrésistible, pourtant dosée avec finesse, irrigue tout le final Allegro molto, pris ici au pied de la lettre. Les contrastes dynamiques exaltent le message beethovénien. L’une des variations du thème est étrangement jouée à un par partie des pupitres de cordes. Est-ce une idée du chef ? Elle se traduit par l’apparition séduisante d’un quatuor à cordes au sein d’un orchestre chauffé à blanc. Le public salue bruyamment la performance.



La violoniste lettone Baiba Skride et le chef allemand Clemens Schuldt à l'issue du Concerto n° 2 de Prokofiev - Photo Classictoulouse -

Entre les deux œuvres purement symphoniques de la soirée, le Concerto n° 2 pour violon et orchestre en ré majeur, de Prokofiev, donne l’occasion de retrouver la très touchante violoniste lettone Baida Skride. L’ampleur, la profondeur de sa sonorité, ses phrasés subtils, la large palette de ses nuances font merveille. La phrase d’ouverture, a capella, de l’Allegro moderato initial distille déjà une émotion palpable. Ses échanges avec un orchestre transparent qui, malgré quelques imprécisions de mise en place, joue bien son rôle. La sensibilité de la soliste s’épanche avec pudeur dans l’Andante assai, si proche de certains intermèdes émouvants du plus célèbre des ballets du compositeur, Roméo et Juliette, pratiquement contemporain de ce second concerto. Le brillant final, Allegro ben marcato porte bien son nom. Les accents sont légitimement « bien marqués », aussi bien par la soliste que par l’orchestre, et la touche espagnole, joyeusement soulignée par utilisation des castagnettes, confère sa couleur exotique à cette œuvre créée à… Madrid !
Légitimement acclamée, Baiba Skride offre un bis énigmatique d’un compositeur baroque allemand légèrement antérieur à Johann Sebastian Bach, Johann Paul von Westhoff, violoniste virtuose à Dresde. Un moment de rêve un peu hypnotique.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 13 mai 2018

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 12 mai 2018 à
20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* R. Schumann

- Manfred, Ouverture

* S. Prokofiev
- Concerto n° 2 pour violon et orchestre

* L. van Beethoven
- Symphonie n° 3 "Héroïque"

 

Les saisons musicales
lyrique et
chorégraphique
toulousaines

 
2018-2019
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index