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Concerts / Orchestre National du Capitole - Andris Poga, direction -
Bertrand Chamayou, piano - 1er décembre 2017
     

CRITIQUE

Mendelssohn-Mahler, de la joie à la tragédie

L’Orchestre national du Capitole possède une flexibilité, une souplesse, une ouverture étonnantes. Le 1er décembre dernier, placés sous la direction du chef letton Andris Poga, un habitué de la Halle aux Grains, ses musiciens passaient avec virtuosité (et endurance !) de l’effervescence heureuse du jeune Mendelssohn au tragique conflit du Mahler de la maturité tourmentée. Grâce leur en soit rendue !

Le premier prix du prestigieux Concours international de chefs d’orchestre Evgeny Svetlanov, remporté en 2010, a projeté Andris Poga sur le devant de la scène internationale. Invité à plusieurs reprises à Toulouse, il a su tisser de solides liens musicaux avec l’Orchestre national du Capitole. Il était donc à sa tête le 1er décembre dernier pour un programme particulièrement chargé associant deux compositeurs aux tempéraments pour le moins complémentaires, sinon opposés.



Bertrand Chamayou, soliste du Concerto n° 1 de Mendelssohn - Photo Classictoulouse -

La première partie de la soirée, consacrée au Concerto n° 1 pour piano et orchestre du jeune Felix Mendelssohn, bénéficiait de la venue de l’enfant chéri de la Ville rose, largement consacré sur le plan international, prophète en son pays comme dans l’ensemble du monde musical, autrement dit Bertrand Chamayou. Un profond attachement lie le jeune pianiste au compositeur du Songe d’une nuit d’été. Un très bel album CD qu’il a consacré à son œuvre pour piano seul en témoigne. Il aborde ce soir-là le premier de ses trois concertos pour piano, partitions longtemps éclipsées par le célébrissime 2ème concerto pour violon. Composée à 21 ans sous l’influence de l’Italie et de son admiration pour la jeune pianiste Delphine von Schauroth à qui elle sera dédiée, cette partition déborde de frémissements juvéniles. Et c’est bien ainsi que Bertrand Chamayou l’aborde et la développe. L’entrée torrentielle du piano donne le ton. Le jeu du soliste s’impose avec brio, ménageant cependant un dialogue animé avec un orchestre pétillant et toujours bien présent. Les échanges ressemblent par instants à des défis virtuoses, tant l’écriture fourmille de vitalité. La poésie de l’Andante qui s’enchaîne directement, vient un temps apaiser l’excitation. Le jeu du soliste se fait charmeur et subtil, jusqu’à la reprise, elle aussi sans césure, du frémissement virtuose du final. Une vive lumière éclaire tout ce mouvement qui multiplie les grands débordements digitaux. Les mains du soliste balayent l’ensemble du clavier comme pour en prendre pleine possession. Aussi impressionnante que soit la performance technique, elle n’élude en rien la musicalité, l’expression profonde, la joie éclatante qui imprègnent toute l’interprétation.
Bertrand Chamayou ne peut quitter l’estrade sans accorder deux bis d’un charme certain. La poésie nostalgique du premier est celle de la transcription par Franz Liszt du célèbre lied de Mendelssohn "Auf Flügeln des Gesanges" (Sur les ailes du chant), tout imprégné de la poésie originale de Heine. Le second bis n’est autre que la belle Etude en forme de Valse op.52 n°.6, de Camille Saint-Saëns qui inspira notamment une transcription célèbre, celle pour violon d’Eugène Ysaÿe.



Andris Poga et l'Orchestre national du Capitole - Photo Classictoulouse -

Il faut bien la durée d’un entracte pour assimiler le contraste saisissant entre les deux parties du concert. La Symphonie n° 6 en la mineur de Gustav Mahler a longtemps subi le purgatoire de toute l’œuvre symphonique de ce titan de l’orchestre. Son apparente structuration classique en quatre mouvements sagement titrés cache un déchaînement des pulsions mortifères, dramatiques de son auteur. Noire et désespérée, cette partition fut qualifiée par Mahler lui-même de « Symphonie tragique » lors de la création viennoise en 1907. Ce chant désespéré sans la moindre lueur d’espoir s’achève d’ailleurs sur l’effondrement de tout un monde. Mahler lui-même indique à ce propos : « C’est le héros sur lequel s’abattent les trois coups du destin, et le dernier d’entre eux le couche comme un arbre mort ».
Le premier mouvement voit la naissance des thèmes qui vont alimenter toute la symphonie : le thème du destin, celui de la bien-aimée, Alma l’épouse du compositeur… Andris Poga mène cette introduction sur un tempo retenu. Tout au long de l’œuvre, il obtient un bel équilibre des différents pupitres de l’orchestre, l’opulence des cuivres, particulièrement sonores, ne venant jamais occulter le chant lyrique des cordes. Seule pause dans la cruauté et unique manifestation de tendresse dans cette symphonie, l’Andante moderato illustre le monde pastoral au sein duquel Mahler aime à se réfugier : trilles d’oiseaux par les flûtes et les clarinettes, utilisation des cloches de vaches, presque trop discrètes ce soir-là, tout cela évoquant le « calme bienheureux de la nature ».
Du début de l’exécution jusqu’à la catastrophe finale, il faut souligner l’excellence des interventions individuelles. Le cor solo, ici Jacques Deleplancque, largement sollicité, réalise une véritable performance. Les échappées, si redoutablement périlleuses de la trompette, tenue ici par Hugo Blacher, semblent presque faciles ! Les bois ne sont pas en reste, ni les percussions, si largement présentes, en particulier dans le mouvement final qui voit s’abattre l’impressionnant marteau du destin, symbole du chaos vers l’effondrement.
Un grand bravo à la bonne centaine de musiciens requis pour cette partition. Une mention spéciale doit être adressée au premier violon solo, poste occupé pour la première fois ce soir-là par Guillaume Chilemme, jeune et solide talent issu du Conservatoire de notre bonne ville et déjà bien connu et apprécié de tous les mélomanes.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 2 décembre 2017

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 
Programme du concert donné le 1er décembre 2017 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* F. Mendelssohn
- Concerto pour piano et orchestre n° 1

* G. Mahler

- Symphonie n° 6

 

 

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