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Concerts / Orchestre National du Capitole - Bruno Mantovani, direction
Roger Muraro, piano - 5 mai 2018
     

CRITIQUE

Les modernités musicales du XXème siècle

Bruno Mantovani, défenseur actif des musiques de notre temps, était une fois encore, le 5 mai dernier, à la tête de l’Orchestre national du Capitole qu’il vient régulièrement diriger depuis 2010. Compositeur et chef d’orchestre, il est en outre le directeur du Conservatoire national supérieur de Paris. Ce musicien passionné, qui s’avère également fin pédagogue, proposait aux Toulousains un programme intelligemment conçu autour de la « modernité », ou plutôt « des modernités » musicales dans la France du XXème siècle. De Maurice Ravel à Pierre Boulez, en passant par Edgard Varèse, la palette des imaginations a convaincu une Halle aux Grains chauffée à blanc.

Bruno Mantovani possède de multiples cordes à son arc. Après avoir remporté cinq premiers prix au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris (analyse, esthétique, orchestration, composition, histoire de la musique) et participé au cursus d'informatique musicale de l’IRCAM, il a débuté une carrière internationale de compositeur dont les œuvres sont jouées par les plus grands orchestres. Fidèle à ses interprètes de prédilection, il collabore avec de prestigieux solistes, chefs d’orchestre et formations musicales. Il a reçu de nombreuses distinctions dans des concours internationaux, parmi lesquelles le Prix Georges Enesco et le Grand Prix de la SACEM en 2000, 2005 et 2009, ainsi que la Victoire de la Musique du « Compositeur de l'année » en 2009, le prix Claudio Abbado de la Philharmonie de Berlin, le prix de la Presse musicale internationale en 2010 et le prix Cecilia en 2012.



Bruno Mantovani présentant le programme à la tête de l'Orchestre national du Capitole
- Photo Classictoulouse -

Selon son habitude, Bruno Mantovani explique et caractérise en début de concert le choix des œuvres qu’il s’apprête à diriger. La soirée associe ainsi Boulez à deux grands compositeurs que ce dernier a aimé diriger pendant toute sa vie de chef d’orchestre : Ravel et Varèse, qualifiés à juste titre de « modernes » de leur époque respective.
Le concert s’ouvre donc sur la partition « de référence », les Notations de 1 à 4 pour orchestre de Pierre Boulez. Ces quatre miniatures pour grand orchestre (quelques 110 musiciens tout de même !), élaborées en 1985, reprennent, ou plutôt prolongent les quatre premières des douze Notations pour piano composées en 1945. Concentration, transparence, contrastes, éclatement des rythmes et des couleurs caractérisent ces courtes pièces proches de l’incandescence. Le soin des détails, la précision, s’avèrent admirablement assurées par l’ensemble de l’orchestre et son chef. L’exécution confère à cette partition les beautés d’une musique de chambre pour grand orchestre qui alterne finesse et explosions sonores. Ainsi, les Notations 1 et 3 mettent en avant le chatoiement des couleurs dont la phalange toulousaine n’est pas avare. Quant aux 2 et 4, elles s’accomplissent dans l'exaltation d’un rythme souverain. A cette écoute, on regrette que Boulez n’ait pas eu le temps de reprendre à l’orchestre les douze Notations initiales.



Roger Muraro lors de son bis pour les deux mains... - Photo Classictoulouse -

La rupture n’est pas si effective entre Boulez et Ravel que l’on retrouve avec bonheur. Son Concerto pour la main gauche, si différent de ton, de style et d’atmosphère de son autre concerto pour piano, le sol majeur, est ce soir-là joué en soliste par le grand (dans tous les sens du terme) Roger Muraro, l'un des interprètes majeurs de l'œuvre d'Olivier Messiaen et de celle de Maurice Ravel. Récompensé par le premier prix au Concours Franz Liszt à Parme (1981) et le quatrième prix au Concours Tchaïkovski à Moscou (1986), Roger Muraro possède une technique éblouissante qui sait se mettre au service de l’expression. Et cette partition n’en manque certes pas. Composée à l’intention du pianiste autrichien Paul Wittgenstein que la Première Guerre mondiale avait amputé du bras droit, cette partition traduit l’angoisse de ces temps difficiles et menaçants.
Emergeant d’une introduction d’une noirceur extrême soutenue par un contrebasson glaçant, le piano semble égrener douloureusement et alternativement les souffrances et les exclamations amères que les temps guerriers de l’époque dictent au compositeur. Le soliste et l’orchestre, en parfait accord, ménagent d’impressionnants crescendos. Comme à l’accoutumée, les riches couleurs des bois, la tension soutenue par les cordes, l’éclat menaçant des cuivres brossent un tableau fascinant dans lequel le pianiste donne l’illusion d’utiliser ses deux mains pour exalter un rythme, ici aussi particulièrement moteur. Les sonorités extrêmes, les accents que le pianiste tire de son clavier, comme en lutte contre un orchestre écrasant, donnent la chair de poule. Une sorte de fureur rageuse conclut cette marche vers l’inconnu.



L'orchestre d'Amériques d'Edgard Varèse, sous la direction de Bruno Mantovani
- Photo Classictoulouse -

Répondant aux applaudissements nourris qui saluent cette exécution passionnante, Roger Muraro récupère enfin l’usage de sa main droite pour évoquer encore le monde de Ravel. Mais cette fois, le rêve émerge de son clavier avec la très poétique et souriante Pavane de la belle au bois dormant, extraite de Ma mère l'Oye.
La seconde partie du concert voit encore grossir les rangs de l’orchestre. Pour l’exécution d’Amériques, d’Edgard Varèse, l’effectif atteint les 130 musiciens, dont une quinzaine de percussionnistes. Et encore ne s’agit-il là que de la « petite version » de cette partition monumentale qui peut exiger jusqu’à 150 exécutants ! Parfois mise en regard du Sacre du Printemps de Stravinsky, cette grande fresque, écrite dans les années 1920 par le compositeur français fraîchement exilé aux Etats-Unis, donne une image bouillonnante, quasiment boulimique, du Nouveau Monde. Pourtant, les tutti puissants et cataclysmiques qui balisent l’œuvre laissent le champ libre aux plus subtiles interventions d’instruments soliste, aux interventions chambristes des individualités, à commencer par les premiers murmures de la flûte en sol. Les sirènes qui s’immiscent dans le maelstrom orchestral apportent leur lot de menace. La direction de Bruno Mantovani obtient de l’orchestre un équilibre remarquable entre les divers pupitres. Même si les cuivres se taillent la part du lion dans les explosions sonore (on peut en effet parler ici de rugissement !) l’intensité des cordes ne faiblit jamais et les rutilances colorées des bois font merveille. Et que dire des interventions stratégiques des multiples percussions ? Elles recueillent une ovation unanime et légitime de la part du public.
Saluons le choix d’un tel programme, toujours aussi novateur malgré le temps qui nous sépare de ces œuvres restées emblématiques de cette modernité vivifiante et assumée.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 6 mai 2018

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 5 mai 2018 à
20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* P. Boulez

- Notations n° 1 à 4 pour orchestre

* M. Ravel
- Concerto pour la main gauche

* E. Varèse
- Amériques

 

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