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Mozart, Pélerin de l'Infini
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Orchestre du Capitole
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12/10/2018
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08/10/2018
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05/10/2018
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02/10/2018
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23/09/2018
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11/07/2018
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09/07/2018
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08/07/2018
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15/06/2018
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13/06/2018
Les Sacqueboutiers
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Gwendolyn Toth, orgue
12/06/2018
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Tugan Sokhiev, direction
Orféon Donostiarra
08/06/2018
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Grigory Sokolov, piano
04/06/2018
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Tugan Sokhiev, direction
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12/05/2018
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05/05/2018
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03/05/2018
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05, 06, 07/04/2018
 
 

 

Concerts / Orchestre National du Capitole - Marcelo Lehninger, direction
Guillaume Vincent, piano - 26 mai 2018
     
CRITIQUE    
     

Marcelo Lehninger et Guillaume Vincent,
les invités de l’ONCT

Le concert du 26 mai de l’Orchestre national du Capitole devait recevoir aux côtés du chef d’orchestre brésilien Marcelo Lehninger, le célèbre pianiste turc Fazil Say. Souffrant d’une tendinite au bras, ce dernier n’a pu assurer le concert. Le jeune pianiste français Guillaume Vincent l’a remplacé dans le même concerto n° 2 de Camille Saint-Saëns prévu au programme. Un grand merci à ce musicien sympathique pour sa réactivité et la générosité de son geste !

Né en 1991 à Annecy, Guillaume Vincent a obtenu à 18 ans un Master de piano au Conservatoire de Paris, puis à 19 ans un diplôme de 3ème  cycle d’Artiste-interprète. Titulaire de nombreux prix internationaux (notamment Leipzig « Young Concerts Artists » en 2008, Académie Ravel, Révélation classique de l’ADAMI en 2010…), il a été est nommé en 2014 Révélation Soliste Instrumental aux Victoires de la Musique Classique. Guillaume Vincent s’est déjà produit aux côtés de l’ONCT, en décembre 2016 à Odyssud-Blagnac, avec le Concerto pour piano d’Aram Khatchaturian.



Le jeune pianiste français Guillaume Vincent - Photo Classictoulouse -

Ce 26 mai, il est donc le soliste du concerto n° 2 de Saint-Saëns. Ecrit en moins de trois semaines en 1868 pour le pianiste Anton Rubinstein, grand ami du compositeur, ce concerto fut créé le 13 mai 1868 à Paris. Lors de cette exécution, le compositeur se mit au clavier et le pianiste à la direction ! La virtuosité que cette partition requiert de son interprète en dit long sur celle de son compositeur. Saint-Saëns était en effet célèbre pour l’accomplissement technique de son jeu.
A l’évidence, la flamboyance digitale de Guillaume Vincent se révèle à la hauteur de cette partition. Dès les premières notes de la cadence originale qui ouvre l’Andante sostenuto, le toucher du pianiste brille par sa limpidité, sa transparence, la mobilité de ses traits, redoutables à assurer dans cette introduction solitaire et néanmoins enflammée. L’orchestre ponctue cette entrée spectaculaire avec autorité. Le dialogue qui s’établit dans ce premier volet met en valeur une écriture dont la virtuosité n’est pas sans rappeler celle qu’ont développée les grands prédécesseurs du compositeur français, Frédéric Chopin et Franz Liszt. Guillaume Vincent, à la gestique démonstrative, s’investit de tout son corps dans cette démarche volontaire qu’il sait assortir de belles nuances dynamiques. Plus détendu, l’Allegro scherzando qui suit met en évidence la fluidité, une certaine légèreté du jeu du soliste. Le balancement du second thème s’oppose un instant à cette légèreté et établit un contraste ironique. Le mouvement final, Presto, ouvre une course effrénée, sur un rythme de tarentelle, entre le piano et l’orchestre qui rivalisent de brio. L’épisode central apaise un instant l’effervescence initiale. Son retour conduit à une coda éblouissante dans laquelle le toucher du soliste semble survoler le clavier.
Le bis réclamé par le public apporte un peu de calme après l’agitation qui domine le concerto. Dans ce Rêve d’amour, de Franz Liszt, le lyrisme chaleureux retrouve droit de cité avec la tendresse que le pianiste sait évoquer.



Le chef d'orchestre brésilien Marcelo Lehninger - Photo Classictoulouse -

Auparavant, le chef invité aborde le répertoire de son continent d’origine avec les Variations Concertantes du compositeur argentin Alberto Ginastera. Rappelons que Marcelo Lehninger, né au Brésil, est directeur musical du Grand Rapids Symphony depuis 2016. Il fut précédemment directeur musical du New West Symphony Orchestra de Los Angeles et chef associé du Boston Symphony Orchestra. Il a débuté en Australie à la tête des orchestres symphoniques de Sydney et Melbourne, aux côtés de son ami et mentor, le grand pianiste brésilien Nelson Freire. Avec Ginastera, Marcelo Lehninger aborde un domaine original et rare pour le public toulousain. Composées et créées en 1953, ces Variations adoptent le caractère « argentin » de la musique sans pour autant utiliser des éléments thématiques folkloriques. En fait l’œuvre se présente comme une sorte de « concerto pour orchestre » ou de « concerto grosso » dans lequel les instruments solistes de l’orchestre prennent successivement la parole. Ainsi le thème générateur est énoncé par un très original duo entre la harpe et le violoncelle. La flûte, la clarinette, l’alto, le hautbois et le basson, puis la trompette, le violon, le cor, et même la contrebasse, si rarement sollicitée pour un solo, s’expriment successivement, et avec quel bonheur ! Ce défilé de solos, tour à tour nostalgique ou passionné, témoigne de la grande qualité des musiciens de notre formation symphonique. Qu’ils en soient tous félicités !
La seconde partie du concert retrouve un chef-d’œuvre emblématique de toute la littérature orchestrale. La Symphonie n° 7, en la majeur, de Beethoven, l’une des plus populaires, n’est pas pour rien qualifiée d’« apothéose de la danse » par Wagner. Le rythme y joue un rôle primordial. A la tête d’un orchestre transparent aux accents acérés, Marcelo Lehninger choisit la fidélité au texte en effectuant toutes les reprises que certains chefs négligent. Toute l’œuvre baigne ici dans une vivacité et une énergie communicatives. A la suite de l’introduction solennelle telle un vaste portique d’entrée, une métrique irrésistible se met en place dans laquelle chaque pupitre a un rôle à jouer. Les tempi adoptés vont de l’avant. Dans le second volet, parfois pris dans une lenteur excessive, le chef ne cède pas à cette tentation. Il s’agit bien d’un Allegretto et pas d’un Andante ni d’un Adagio. Les deux mouvements conclusifs mettent en évidence la pulsation rythmique. Sans s’essouffler, la danse progresse inéluctablement. A la lumineuse clarté du Presto succède la frénésie irrésistible du final Allegro con brio. L’allégresse est bien le mot qui caractérise cette apothéose.
Rappelé avec insistance le chef ne cesse de remercier et de féliciter l’ensemble des musiciens.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 27 mai 2018

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 26 mai 2018 à
20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* A. Ginastera

- Variations concertantes

* C. Saint-Saëns
- Concerto pour piano et orchestre n° 2

* L. van Beethoven
- Symphonie n° 7, en la majeur

 

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