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Toulouse Wind Orchestra
Dylan Corlay, direction
Félix Dervaux, cor
27 et 28/10/2017
 
Critiques
 
Grands Interprètes
Il Giardino Armonico
Giovanni Antonini, dir.
Isabelle Faust, violon
20/10/2017
Les Sacqueboutiers
Pôle des Arts Baroques
Siglo de Oro
19/10/2017
Les Sacqueboutiers
Danza Alta
Cintegabelle
14/10/2017
Orchestre du Capitole
Joseph Swensen, dir.
Wayne Marshall, orgue
13/10/2017
Grands Interprètes
Orchestre national de
France
Emmanuel Krivine, dir.
Martha Argerich, piano
07/10/2017
Orchestre du Capitole
Maxim Emelyanychev, dir.
Richard Goode, piano
05/10/2017
Clefs de Saint-Pierre
Confins du romantisme
02/10/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Elisabeth Leonskaja, piano
20/09/2017
Dialogues aux Carmélites
Rien n'est bon que d'aimer
03/09/2017
Dialogues aux Carmélites
La note bleue
27/08/2017
Chœur Les éléments
Iberia
26/06/2017
Grands Interprètes
Juan Diego Flórez, ténor
Vincenzo Scalera, piano
19/06/2017
Orchestre du Capitole
Maxim Emelyanychev, dir.
Adam Laloum, piano
16/06/2017
Orchestre du Capitole
Gustavo Gimeno, dir.
Adrien La Marca, alto
09/06/2017
Association Gabriel Fauré
Traversée lyrique en
Amérique latine
Compagnie Opér'Azul
08/06/2017
Orchestre du Capitole
Antonello Manacorda, dir.
Alexandra Conunova,
violon
02/06/2017
Orchestre du Capitole
Kazuki Yamada, direction
Karine Deshayes, alto
Chœur du Capitole
Chœur Les Eclats
27/05/2017
Grands Interprètes
Renaud Capuçon, violon
Nicholas Angelich, piano
23/05/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Marianne Crebassa, mezzo
19/05/2017
Clefs de Saint-Pierre
Portrait de groupe
15/05/2017
Grands Interprètes
Nelson Freire, piano
15/05/2017
Arts Renaissants
Ensemble Pulcinella
26/04/2017
Grands Interprètes
Martha Argerich
Stephen Kovacevich
pianos
24/04/2017
La Dame d'Aragon
Orchestre Symphonique
du Royaume d'Aragon
Ricardo Casero, dir.
21/04/2017
À bout de souffle
Stéphane Delincak, dir.
Fantaisie et variations
autour de The Fairy Queen
20/04/2017
Grands Interprètes
Filarmonica Teatro Regio
Torino
Gianandrea Noseda, dir.
Betrand Chamayou, piano
18/04/2017
Orchestre du Capitole
Rafael Payare, direction
Benjamin Beilman, violon
14/04/2017
Orchestre du Capitole
Joseph Swensen, dir.
Adam Laloum, piano
07/04/2017
Grands Interprètes
Les Musiciens du Louvre
Marc Minkowski, direction
Bach, Passion St Jean
31/03/2017
Orchestre du Capitole
Christian Zacharias, piano
et direction
25/03/2017
Les Arts Renaissants
Ensemble Les Surprises
22/03/2017
Les Sacqueboutiers
Pôle des Arts Baroques
Jean-Pierre Canihac, dir.
19 et 20/03/2017
 
 

 

Concerts / Orchestre National du Capitole - Maxim Emelyanychev, direction
Richard Goode, piano - 5 octobre 2017
 
COUP DE CŒUR
     

CRITIQUE

Le Maître et le Surdoué

Le jeune et dynamique chef d’orchestre russe Maxim Emelyanychev, qui dirigeait pour la deuxième fois l’Orchestre national du Capitole ce 5 octobre, était associé ce soir-là au grand pianiste américain Richard Goode, interprète majeur de la musique classique et romantique. Les échanges musicaux qui se sont ainsi établis entre ces deux personnalités, avec la complicité active des musiciens de la phalange toulousaine, ont suscité l’une des interprétations mozartiennes les plus abouties, les plus intenses qui soient. Mendelssohn ne fut pas en reste, si proche par l’esprit et la lettre du génie de Salzbourg.

Né en 1988 dans une famille de musiciens, formé au Conservatoire Tchaïkovski de Moscou, Maxim Emelyanychev fait partie de ces rares talents ouverts sur l’intégralité du monde de la musique. Artiste complet, surdoué, il pratique aussi bien le clavecin que le piano et… le cornet à bouquin et s’intéresse à toutes les musiques. Chef principal de l’orchestre baroque Il Pomo d’Oro, il entretient à sa tête une activité foisonnante, au concert comme à l’opéra. Lorsqu’il se confronte à l’orchestre symphonique, il en dévoile des sonorités, des phrasés, une musicalité hors du commun. Sa personnalité, sa conviction s’imposent avec une incroyable évidence (lire l'entretien que le chef nous a accordé).



Le grand pianiste américain Richard Goode - Photo Classictoulouse -

Quant à Richard Goode, régulièrement invité par les plus grands festivals et salles de concerts d'Europe et d'Amérique, il reste l’un des grands maîtres du clavier, abordant les grands chefs-d’œuvre du répertoire pianistique avec une intensité expressive faite d’humilité et d’extrême finesse.
Ces deux artistes, ces deux tempéraments se retrouvent, ce 5 octobre, devant l’une des partitions magistrales conçues par Mozart pour lui-même, le Concerto n° 18, en si bémol majeur que le compositeur joua lui-même devant l’empereur Joseph II. Comme souvent chez Mozart, la musique instrumentale se donne des allures d’opéra. Le soliste et l’orchestre entament, dès l’Allegro vivace initial, un dialogue, une série d’échanges dignes des Noces de Figaro. Questions et réponses fusent avec esprit. Le piano lance une idée que l’orchestre reprend à son compte dans les mêmes termes. La fusion des deux protagonistes s’avère stupéfiante ! L’émotion est à son comble dans les confidences de l’Andante un poco sostenuto. Les deux « personnages » parlent le même langage, se soutiennent, se consolent. En réponse au phrasé subtil du soliste, le chef trouve à l’orchestre des accents d’un extrême raffinement, d’une tendresse infinie. Enfin, une joie exubérante, un charme souriant, parcourent l’Allegro vivace conclusif. Tout au long de cette interprétation la palette des nuances enrichit l’œuvre sans une once d’affectation. Richard Goode ménage d’intenses moments de beauté, notamment lors des cadences dans lesquelles il marie paradoxalement profondeur expressive et grâce légère. Un grand bonheur ! Acclamé comme il se doit, le pianiste offre enfin l’apaisement d’une belle Sarabande de Johann Sebastian Bach.



La nouvelle disposition de l'orchestre souhaitée par Maxim Emelyanychev
- Photo Classictoulouse -

Maxim Emelyanychev a choisi pour Mozart le voisinage si opportun de Felix Mendelssohn. Autre génie foudroyé trop tôt, enfant prodige lui aussi, Mendelssohn tient une place à part dans l’univers romantique du XIXème siècle. Les deux œuvres qui ouvrent et referment le concert sont étroitement liées au voyage du compositeur en Ecosse au cours de l’été 1829. L’ouverture Les Hébrides ou La Grotte de Fingal, opus 26, initialement intitulée L'Île solitaire, évoque musicalement les paysages tourmentés du nord-ouest de l’Ecosse et plus particulièrement celui de la grotte basaltique de Fingal. Avec une grande fidélité au texte musical, le chef illumine la partition d’une clarté et d’un relief saisissants. Précisons que, pour tout le concert, il adopte une répartition spécifique des différents pupitres de l’orchestre. Premiers et seconds violons sont situés de part et d’autre du podium central, les altos et les violoncelles étant localisés au centre. Les contrebasses occupent le fond du plateau, les cors à droite, les trompettes à gauche, les vents conservant leur position habituelle. Cette nouvelle disposition, ainsi que les choix interprétatifs du chef, produisent une transparence étonnante du tissu sonore. Héritier des techniques « baroques » (en fait simplement « classiques ») le vibrato économe des cordes confère une lumière particulière au paysage. Une vitalité étonnante découle de l’équilibre subtil, de l’imagination des phrasés, du choix des accents. Le chef conjugue ici avec art, énergie et délicatesse.



Le jeune chef russe Maxim Emelyanychev à l'issue du concert - Photo Classictoulouse -

La Symphonie n° 3, dite Ecossaise, du même Mendelssohn, conclut la soirée sur une éblouissante évocation de l’Ecosse de légende. Sir Walter Scott n’est pas loin ! Stimulé par une direction virevoltante et dynamique, l’orchestre déploie un véritable arc-en-ciel de couleurs. La palette d’un peintre semble inspirer le chef. Le vaste premier mouvement révèle une évolution saisissante du paysage, de la brume vers le soleil, puis vers une impressionnante tempête que suggèrent les interventions énergiques des instruments à vent. Le tempo palpitant du Vivace, formidablement soutenu par tous les pupitres, donne le vertige, alors qu’une touchante poésie imprègne tout l’Adagio, partagé entre contemplation et lyrisme, d’une part, et drame inattendu, de l’autre. La fièvre s’empare de tout l’orchestre dans le Vivacissimo final que le chef prend précisément au pied de la lettre. Chevauchée dans la lande, explosion de lumière, la musique suggère tous les possibles. La coda élargit le paysage sur la solennité d’un choral plein de ferveur sacrée. Une fois encore l’orchestre brille ici dans toutes ses composantes. Un grand bravo tout particulier aux couleurs solaires du pupitre de cors, sans oublier les bois aux timbres toujours aussi riches.
Sous les applaudissements nourris du public, Maxim Emelyanychev réalise une première. Il fait saluer tous les musiciens comme s’il s’agissait de solistes. S’inclinant bien bas ils reçoivent tous une ovation largement méritée.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 6 octobre 2017

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 5 octobre 2017 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse :

* F. Mendelssohn

- Les Hébrides, ouverture

* W. A. Mozart

- Concerto pour piano et orchestre n° 18

* F. Mendelssohn
- Symphonie n° 3 Ecossaise

 

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