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Critiques
 
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Don Quichotte,
Jules Massenet
24/02/2017
Orchestre L'Enharmonie
Serge Krichewsky, dir.
Philippe Monferran, piano
20/02/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Lucas Debargue, piano
17/02/2017
Orchestre du Capitole
Josep Pons, direction
Raphaël Sévère, clarinette
10/02/2017
Grands Interprètes
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Europe
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Jean-Guihen Queyras,
violoncelle
09/02/2017
Grands Interprètes
Scottish Chamber
Orchestra
Robin Ticciati, direction
Maria João Pires, piano
04/02/2017
Arts Renaissants
Claire Désert, piano
Pascal Moraguès,
clarinette
Gary Hoffman, violoncelle
01/02/2017
Orchestre du Capitole
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Daniel Lozakovitj, violon
27/01/2017
Orchestre du Capitole
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20/01/2017
Clefs de Saint-Pierre
D'âmes et d'anche
16/01/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
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13/01/2017
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11/01/2017
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Orfeón Donostiarra
Claudia Barainsky, soprano
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15/12/2016
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de Toulouse
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Jérôme Pernoo, violoncelle
13/12/2016
Les Amis des Orgues
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Concert de Noël
11/12/2016
Grands Interprètes
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Nicholas Angelich, piano
10/12/2016
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
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piano
09/12/2016
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07/12/2016
Grands Interprètes
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Elias, Mendelssohn
03/12/2016
Orchestre du Capitole
Christophe Mangou, dir.
Jeff Mills, DJ
01 et 02/12/2016
Musique au Palais
Bach, Mozart, Beethoven
Un Voyage en Russie
26 et 27/11/2016
Orchestre du Capitole
Tugan Sokhiev, direction
Vadim Gluzman, violon
24/11/2016
Clefs de Saint-Pierre
Le trombone à travers
les âges
21/11/2016
Orangerie de Rochemontès Orianne Moretti,soprano
Ilya Rashkovskiy, piano
Concert de Gala
20/11/2016
Grands Interprètes
Julia Lezhneva, soprano
La Voce Strumentale
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19/11/2016
Les Sacqueboutiers
Festival Déodat de
Séverac
Le Roman de Jaufre
17/11/2016
Arts Renaissants
Jordi Savall
Le Concert des Nations
16/11/2016
Orchestre du Capitole
Lahav Shani, direction
et piano
04/11/2016
Orchestre du Capitole
Thomas Søndergård, dir.
Vilde Frang, violon
29/10/2016
Les Sacqueboutiers
Rencontre Internationale
des Cuivres Anciens
20 au 23/10/2016
 
 

 

Concerts / Orchestre National du Capitole - Tugan Sokhiev, direction -
Vadim Gluzman, violon -
24 novembre 2016
     

CRITIQUE

De Mozart à Mahler, le grand voyage

L’Orchestre national du Capitole, dirigé par Tugan Sokhiev, recevait ce 24 novembre dernier le grand violoniste israélien Vadim Gluzman, devenu un familier de la scène musicale toulousaine. Le programme de cette soirée réunissait la grande tradition viennoise, de Mozart à Mahler, et une incursion dans la musique du XXème siècle avec une œuvre du compositeur d’origine soviétique, adopté par l’Allemagne, Alfred Schnittke (1934-1998).

Le violon de Vadim Gluzman occupe toute la première partie du concert qui s’ouvre sur une pièce étrange, la Suite dans le style ancien d'Alfred Schnittke, composée en 1972, sur un schéma on ne peut plus classique. Initialement composée pour violon et piano, elle a été transposée pour violon et orchestre de chambre à cordes par le violoniste Vladimir Spivakov. Le mysticisme du compositeur, l’originalité de son style et de son langage, à la fois bien dans son époque et très personnel, se trouve ici contourné avec esprit et savoir-faire. La succession des mouvements de cette Suite témoigne de la volonté de Schnittke de rendre hommage au grand style classique français. Au sourire évoqué par la Pastorale initiale succède la vivacité du Ballet au cours duquel le violon solo échange avec le premier violon de l’orchestre (en l’occurrence l’excellente Geneviève Laurenceau) quelques grincements complices. La nostalgie fin de siècle du Menuet et la vigueur de la Fugue conduisent à la Pantomime finale qui ici porte bien son nom. Après une introduction à l’élégance légère, le discours policé dérape carrément. Miaulements et pseudo-cacophonie ménagent une plage inattendue, avant le retour de cette grâce légère très XVIIIème siècle. Vadim Gluzman fait ici miroiter la rondeur de sa sonorité, la beauté de ses phrasés, la projection d’un timbre doré et plein.



Le violoniste israélien Vadim Gluzman avec l'Orchestre national du Capitole sous la direction de Tugan Sokhiev - Photo Classictoulouse -

Les mêmes qualités se retrouvent dans son interprétation du 3ème concerto de Mozart dans lequel l’accompagnement orchestral se hisse au même niveau. Tugan Sokhiev et Vadim Gluzman délivrent une exécution gorgée de sève de cette partition lumineuse. La vigueur de l’Allegro initial se pare d’échanges entre le soliste et l’orchestre en forme de questions-réponses. L’intensité du discours confère à l’Adagio une grande force expressive. Quant au final en Rondeau, il avance avec une vivacité qui n’est pas loin d’évoquer les trépignements d’impatience du compositeur, alors en délicatesse avec le terrible Prince-évêque Colloredo, qu’il « haïssait jusqu’à la frénésie » ! A noter l’originalité des cadences que le soliste imagine pour chacun des mouvements et qu’il exécute avec panache et sensibilité.
Son retour sous les applaudissements se conclut par un bis de poids, l’Allegro furioso de la somptueuse Sonate n°2, en la mineur, "Jacques Thibaud", avec son obsessionnel Dies Irae. Un modèle d’incarnation !
Toute la seconde partie du concert, consacrée à la Symphonie n° 1 « Titan », de Gustav Mahler retrouve l’effectif généreux de la grande formation instrumentale que requiert l’œuvre. Cette fresque panthéiste qui exalte la nature en marche, ses bruits, sa puissance et sa douceur, donne à l’orchestre tous les arguments pour briller. On comprend mal aujourd’hui l’accueil hostile qu’elle reçut à sa création. Tugan Sokhiev, parfaitement suivi par ses musiciens, construit l’œuvre avec un soin d’architecte. Ses tempi, plutôt mesurés dans les premiers mouvements, visent à conférer au vaste final, vers lequel tend toute la symphonie, un éclat particulier. Le premier volet, noté « Lent, traînant - Comme un bruit de nature » évoque un lever du jour progressif dans lequel les chants d’oiseaux (ce coucou facétieux !) se font entendre. La progression vers la lumière est éclairée par les lointaines sonneries de trompettes en coulisse. Un grand relief accompagne les contrastes acérés de ce mouvement. Le Scherzo sous-titré « Puissant, agité, mais pas trop rapide », pris exactement dans ce tempo, évoque ces Ländler de l’Autriche profonde qui furent chers à Schubert. Le mystérieux troisième mouvement « Solennel et mesuré, sans traîner » s’ouvre sur cet étonnant solo de contrebasse, sur Frère Jacques en mode mineur, parfaitement exécuté par Damien-Loup Vergne. Au ton ironique de cette fausse marche funèbre succède ces échos, eux-aussi pleins d’humour, d’un mariage juif.



Tugan Sokhiev et l'Orchestre national du Capitole à l'issue de l'exécution de la 1ère symphonie de Mahler - Photo Classictoulouse -

L’enchaînement direct sur le final constitue le contraste le plus saisissant qui se puisse imaginer. Ce « Stürmisch bewegt », autrement dit « Agité en tempête » éclate vraiment comme un orage déclenché par tous les pupitres de l’orchestre. On pense alors à cette réflexion de Mahler, impressionné par le fracas des chutes du Niagara : « Enfin un fortissimo ! » Le chef et son orchestre construisent ce déchaînement des éléments dans une saisissante progression. Le calme après la tempête ramène, comme un souvenir émouvant, les motifs de l’éveil du jour du tout début de l’œuvre. Le nouveau crescendo qui conduit irrémédiablement à la coda finale, triomphale apothéose, résonne alors comme un hymne à la création, à la nature, à la vie !
Cette magistrale exécution doit beaucoup aux solistes instrumentaux qui la jalonnent. Mentionnons la flûte de Sandrine Tilly, le hautbois de Chi Yuen Cheng, la clarinette de David Minetti, la trompette d’Hugo Blacher, tout le glorieux pupitre de cors, l’impressionnant groupe de bassons et bien sûr le violon solo de Geneviève Laurenceau, sans oublier les timbales stratégiques d’Emilien Prodhomme et tout le pupitre des percussions, toujours ardemment acclamé ! La somme de ces individualités, associée à la qualité d’ensemble de cette grande formation symphonique dont Tugan Sokhiev sait obtenir un équilibre parfait, forgent une interprétation qui suscite un accueil enthousiaste de tout le public. A quand la prochaine symphonie de Mahler ?

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 26 novembre 2016

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 
Programme du concert donné le 24 novembre 2016 à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* A. Schnittke

- Suite dans le style ancien

* W. A. Mozart
-Concerto pour violon n°3

* G. Mahler
- Symphonie n°1 « Titan »

 

 

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