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Concerts / Orchestre National du Capitole - Tugan Sokhiev, direction,
Marianne Crebassa, mezzo-soprano - 19 mai 2017
     

CRITIQUE

Les splendeurs de l’Orient mythique

Au retour de sa tournée orientale, l’Orchestre national du Capitole et Tugan Sokhiev conviaient leur public à un voyage musical dans ces mêmes contrées de légende. Un programme divers, pas moins de quatre compositeurs, et une invitée de rêve, la jeune mezzo-soprano Marianne Crebassa, ont ainsi fait de cette soirée du 19 mai une étape exotique digne des contes des Mille et Une Nuits…

Du Danois Carl Nielsen au Russe Igor Stravinski, du Français Maurice Ravel à l’Allemand Richard Strauss, les visions musicales de l’Orient se croisent et se répondent. Au cœur de ce voyage, n’hésitons pas à proclamer l’enchantement subtilement distillé par le triptyque Shéhérazade, de Maurice Ravel, dans l’interprétation en tous points magique de Marianne Crebassa, soutenue, entourée, caressée par un orchestre aux mille couleurs. Les trois poèmes de Tristan Klingsor qui composent ce cycle ont inspiré à Ravel les combinaisons de timbre les plus raffinées, les plus évocatrices. La jeune et belle mezzo-soprano aborde ces textes si admirablement mis en musique avec une diction qui en exalte les accents et les inflexions comme le souhaitait le poète. La richesse de son timbre, très central, subsiste sur toute l’étendue de son ambitus et de sa dynamique.



Marianne Crebassa, soliste de Shéhérazade, de Ravel - Photo Classictoulouse -

La musicalité de ses phrasés accompagne le déroulement de chaque mélodie, respectant ainsi l’atmosphère spécifique de chacune d’entre elles. Asie, la plus développée, la plus contrastée, donne des frissons. Du murmure des confidences qu’elle évoque jusqu’à l’apogée presque frénétique sur le vers : « Je voudrais voir mourir d'amour ou bien de haine », la chanteuse délivre un message sans affectation qui allie raffinement et naturel. Dans La Flûte enchantée, un dialogue touchant s’engage entre la voix amoureuse et la flûte supposée de l’amant. Un grand bravo à François Laurent qui soutient avec ferveur ce beau duo. Enfin, L’Indifférent génère une atmosphère d’une subtile sensualité. Le dépouillement aussi bien vocal qu’instrumental glisse progressivement vers le silence. Comme après un rêve. Chaque pupitre de l’orchestre contribue à l’atmosphère poétique de l’ensemble et à la profonde émotion qu’elle suscite.
A l’écoute de cette belle performance, on mesure le chemin parcouru par Marianne Crebassa, depuis sa révélation dans The Wuthering Heights de Bernard Herrmann au Festival de Radio France en 2010, elle qui fut lauréate en 2017 d'une Victoire de la musique classique dans la catégorie « Artiste lyrique de l'année ». L'entretien qu'elle nous avait accordé en 2014 et qui témoignait de son engagement pour tous les aspects de l'art lyrique, reste d'une touchante actualité.
La Suite pour orchestre Aladdin, du compositeur danois Carl Nielsen, qui ouvre la soirée, accompagne la pièce éponyme du dramaturge danois Adam Oehlenschläger. Si elle n’atteint pas la subtilité de la musique de Ravel, cette évocation exotique dépeint un paysage que l’on pourrait qualifier de cinématographique. Après une introduction tonitruante évoquant l’agitation d’une fête orientale, le Rêve d’Aladdin et la succession des danses qui suivent témoignent d’un savoir-faire orchestral indéniable de la part de l’auteur de six belles symphonies dont la plus célèbre, la Symphonie n° 4, "Inextinguible". Un étrange passage polyrythmique témoigne du goût du compositeur pour une certaine recherche orchestrale. Le rôle dévolu au hautbois solo (excellent Chi Yuen Cheng) souligne le caractère oriental de la pièce.



Tugan Sokhiev et l'Orchestre national du Capitole à l'issue du concert
- Photo Classictoulouse -

La seconde partie de la soirée s’ouvre sur une autre vision, germanique celle-là, de l’orientalisme. Dans le déroulement de son opéra Salomé, Richard Strauss attribue à cette fameuse Danse des sept voiles un rôle charnière. La séduction qu’exerce à dessein l’héroïne du drame biblique vis-à-vis de son beau-père, le libidineux Hérode, donne naissance à un intermède orchestral d’une luxuriance sonore inouïe. Tugan Sokhiev s’empare de cette partition avec une fougue et un déploiement de couleurs que l’orchestre assume avec passion. L’épisode central, dramatique et intense, se trouve plongé dans une lancinante sensualité. Le talent éblouissant d’orchestrateur de Strauss, son sens du déchaînement frénétique nourrissent l’exécution de cette soirée.
C’est avec la version de 1919 de la suite du ballet L’Oiseau de feu que s’achève ce voyage en terre d’Orient. L’Orchestre et son chef sont devenus des familiers de cette œuvre qu’ils possèdent parfaitement. La vision que Tugan Sokhiev défend avec talent se caractérise par une précision et une transparence absolues. Dès les premières notes de l’introduction, mystérieuse et menaçante, une atmosphère particulière s’établit. La Danse de l’Oiseau de feu se déploie comme un vol à la fois léger et inquiétant, alors que le hautbois solo brille de tous ses feux. Effrayante et somptueuse, la Danse infernale de Kastcheï sollicite toutes les ressources d’un orchestre éblouissant de couleurs. Le grand crescendo final démarre dans un silence imperceptible, si subtil qu’on retient sa respiration. Le thème énoncé pianissimo par le cor émerge de ce silence comme par miracle. Un fois encore, Jacques Deleplancque y démontre une maîtrise impressionnante. L’apothéose conclusive submerge tout l’espace sonore tout en respectant un très bel équilibre de tous les pupitres.
L’éclatante ovation qui salue cette exécution incite Tugan Sokhiev et ses musiciens à offrir un bis qui complète harmonieusement ce programme. Il s’agit de l’épisode final de Ma Mère l’Oye, de Maurice Ravel, Le Jardin féerique, entièrement construit sur un irrésistible crescendo, paradoxalement imprégné d’une infinie douceur.
Signalons que ce même programme musical, enregistré et diffusé en direct par Radio Classique, est redonné ce 20 mai à la Philharmonie de Paris où l’Orchestre et son chef sont régulièrement invités.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 20 mai 2017

 

 

infos
 

Détail des informations, s’adresser à :

Orchestre National du Capitole de Toulouse
- Service location
BP 41408 – 31014
Toulouse Cedex 6.


Renseignements, détail complet de la saison et réservations :

http://onct.toulouse.fr/
 

Programme du concert donné le 19 mai 2017
à 20 h à la Halle aux Grains de Toulouse

* C. Nielsen

- Aladin, suite pour orchestre

* M. Ravel
- Shéhérazade

* R. Strauss
- Salomé, Danse des sept voiles

* I. Stravinski
- L'Oiseau de feu, suite 1919

 

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