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Opéra/ Opéra de Paris / Fidelio - L. v. Beethoven - 18/12/2008
     

CRITIQUE

Une distribution superlative

Le dernier casting en date de Fidelio au Palais Garnier, réunissait Hildegard Behrens et Jon Vickers. C’était en… 1982 ! Grand retour donc pour l’unique opéra de Beethoven, dans une nouvelle production mais aussi et surtout, une distribution de très grand niveau.

Passons charitablement sur une production très tendance Allemagne de l’Est avant la réunification, le misérabilisme des décors et des costumes tenant lieu ici de concept nouveau. Sauf que cette typologie encombre les scènes lyriques depuis plus de vingt ans ! La mise en scène de Johan Simons n’apporte aucun éclairage nouveau sur cet ouvrage, même si l’on peut admettre qu’elle soit d’une précision chirurgicale. L’adjonction de récitatifs supplémentaires au 1er acte virant à la justification de l’épuration politique est complètement déplacée car inutile et prolonge cet acte de façon inconsidérée.


Fidelio (Angela Denoke) et
Florestan (Jonas Kaufmann)
Photo Bernd Uhlig
 

Heureusement une éblouissante distribution faisait entrer ces reprises parmi les grandes dates de la présente saison.
Bien sûr, tout le monde attendait le Florestan de Jonas Kaufmann. Celui qui est d’ores et déjà considéré comme le plus grand ténor de sa génération délivra une interprétation anthologique et formidablement émouvante de son air du 2ème acte. Abandonnant le hurlement déchirant adopté par les plus grands pour débuter cet aria, Jonas Kaufmann choisit de faire sourdre du plus profond de son angoisse une plainte quasiment inaudible qui va s’amplifiant à l’infini pour atteindre le Créateur. L’effet, d’une difficulté sans égale, est magistral. Maître absolu des colorations les plus subtiles, capable de dynamiques vocales étourdissantes, le ténor allemand n’en finit pas de tutoyer la perfection, au-delà même de ce que l’on pouvait rêver.

Tragédien au pouvoir fascinant, Jonas Kaufmann marque encore une fois d’une trace indélébile l’interprétation de ce personnage.
A ses côtés, et dans un rôle beaucoup plus conséquent, Angela Denoke propose un portrait fort et attachant de Fidelio/Léonore. Malgré une émission qui se tend en fin de soirée, saluons la performance du soprano face à un emploi redoutable.
Remplaçant au pied levé Franz-Josef Selig dans Rocco, Kurt Rydl n’eut, malgré tout, aucun mal à imposer de sa voix tétralogique ce personnage d’une grande humanité. Habitué des rôles wagnériens, Alan Held compose un Pizarro absolument terrifiant à tous les points de vue. Son baryton superbement timbré, royalement projeté, sa stature… gigantesque (1,98 m !), tout contribue à donner de l’ampleur à son interprétation. Julia Kleiter est une Marzelline au timbre lumineux et trouve avec le Jaquino d’Ales Briscein un partenaire idéal.


Don Fernando (Paul Gay) et Florestan (Jonas Kaufmann) - Photo Bernd Uhl

Saluons également la belle autorité vocale et scénique de Paul Gay dans Don Fernando.
Les phalanges chorales sont superlatives dans une partition magnifiquement écrite pour elles.
L’Orchestre de l’Opéra National de Paris, placé sous la direction de Sylvain Cambreling est également d’une rigueur exemplaire, débutant l’ouvrage, et c’est une vrai rareté, avec l’ouverture de Léonore I.

Robert Pénavayre

 

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