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Opéra / Théâtre du Capitole / Le Roi d'Ys - E.Lalo / 5/10/2007
     
CRITIQUE

Duel féminin aux sommets

Les présentes reprises du Roi d’Ys, d’Edouard Lalo, font découvrir l’œuvre à de nombreux mélomanes  et offrent à deux cantatrices exceptionnelles une confrontation aux sommets.

La traditionnelle et tant attendue soirée d’ouverture de la saison lyrique toulousaine a connu un succès tout à fait mérité.
En proposant une nouvelle production de cet ouvrage, absent du Capitole, comme de partout d’ailleurs, depuis un demi-siècle, Nicolas Joel se penche sur un répertoire français qui connut, en son temps, un fantastique engouement public.


Un décor monumental pour cette Atlantide bretonne (Photo Patrice Nin)


Le quatuor de tant de triomphes capitolins (Nicolas Joel pour la mise en scène, Ezio Frigerio pour les décors, Franca Squarciapino pour les costumes et Vinicio Cheli pour les lumières) était aux commandes de ce spectacle, toujours soucieux de respecter autant l’esprit que la lettre.
Décors unique monumental, costumes fastueux, mise en scène conjuguant avec bonheur le combat intime des deux héroïnes comme le spectaculaire de l’inondation finale, tout fut réuni pour assurer au mieux une véritable résurrection de ce Roi d’Ys. Tout et même plus.

 

Deux cantatrices exceptionnelles

A l’instar de Massenet offrant à la voix féminine ses plus beaux personnages, en sculptant les emplois de Rozenn et Margared, Lalo a composé deux magnifiques rôles réclamant des interprètes d’exception.
En invitant deux quasi-pensionnaires  de notre théâtre : Inva Mula et Sophie Koch, Nicolas Joel les avait trouvés.
Inva Mula et son timbre à la fois lumineux et délicieusement fruité, ses diaboliques demi-teintes, sa superbe prosodie, son style impeccable, fut une Rozenn magnifique.


Inva Mula et Charles Castronovo (Photo Patrice Nin)
Sophie Koch campa une Margared toute en furie, véritable clone  de certaines méchantes reines de l’univers Disney.Son mezzo clair et un ambitus se développant avec aisance dans l’aigu ainsi qu’un phrasé ample et généreux (elle va aborder Wagner), dessinèrent un portrait vocal de haute tenue.


Franck Ferrari et Sophie Koch (photo Patrice Nin)


Tout en n’étant pas totalement secondaires, les autres rôles apportent moins de satisfaction musicale. S’il en est ainsi du Karnak de Frank Ferrari, il convient de souligner la participation de Charles Castronovo qui, dans le rôle épouvantablement difficile de Mylio, parvint à composer vocalement un personnage tout à fait attachant.
Saluons aussi, pour leur participation exemplaire, le Roi…impérial de Paul Gay, le Jahel d’André Heyboer et le Saint Corentin d’Eric Martin-Bonnet.
Mention tout à fait spéciale à notre phalange chorale, préparée par Patrick Marie Auber, pour sa tenue et sa discipline face à une partition délicate que beaucoup chantaient certainement pour la première fois.
Dans la fosse, l’Orchestre du Capitole, sous la direction d’Yves Abel, sut à merveille trouver les couleurs et le rythme d’une composition flirtant ouvertement avec le drame lyrique.


Robert Pénavayre

     

 

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Renseignements et réservations : www.theatre-du-capitole.org


 

 

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