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Opéra/ Théâtre du Capitole /Hippolyte et Aricie - J.P. Rameau -
06/03/2009
     

CRITIQUE

Triomphe total

Solistes, chœurs, musiciens, metteur en scène, danseurs, chef d’orchestre, tous ont reçu, au rideau final de la première d’Hippolyte et Aricie, un accueil triomphal. Amplement mérité et à partager avec Nicolas Joel, directeur du Capitole, car c’est quand même lui  qui a imaginé, bien des années en amont, un pareil spectacle.

Des challenges, Nicolas Joel s’en était fixé un certain nombre en inscrivant cet ouvrage au programme de la présente saison. Et le moindre n’était pas de susciter l’intérêt du public. A vrai dire, depuis qu’il a pris les rênes de la maison, ce fameux public toulousain qui, longtemps, fut célèbre pour sa passion exclusive des voix dans le grand répertoire franco-germano-italien, a considérablement évolué. Aujourd’hui, il accourt applaudir Britten, Chostakovitch, Berg et  Janacek comme avant Bizet, Massenet ou Verdi. Rameau n’a pas échappé à cet engouement.
Autre challenge, confier la mise en scène à un quasi débutant dans le domaine lyrique : Ivan Alexandre, journaliste bien connu des milieux musicaux et passionné de ce répertoire.


Final d’Hippolyte et Aricie (Photo P. Nin)

Sans vouloir à tout prix revenir à l’original, Ivan Alexandre nous propose une vision pour le moins « d’époque ». Les somptueuses toiles peintes d’Antoine Fontaine, avec leurs perspectives vertigineuses, les non-moins somptueux costumes de Jean-Daniel Vuillermoz et les subtils éclairages d’Hervé Gary flirtent étroitement avec l’iconographie de la création. Les interprètes évoluent selon une gestuelle extrêmement codifiée, qui peut faire sourire, un peu hâtivement, face aux mises en scène dévastatrices venues de l’Est, sauf qu’elle s’intègre à la perfection aux mots, à la musique et à l’action, soulignant dans son apparente simplicité, toute l’ampleur de la tragédie. Quant à la machinerie très « grand siècle » employée pour ce spectacle, il n’est rien de dire qu’elle a dû mettre à rude épreuve nos équipes techniques. Dieux sur leur nuage, monstre marin, messager volant, déesse sur son croissant de Lune, et un trio de Parques complètement sidérant, participent à l’aboutissement d’un spectacle hors du commun. La compagnie Les Cavatines, sous la direction de la chorégraphe Natalie van Parys, interprète avec une élégance extrême les nombreux ballets émaillant cet opéra.

Baptême du feu capitolin pour Emmanuelle Haïm

A la tête de l’orchestre et des chœurs du Concert d’Astrée, ensemble qu’elle créa et dont elle assure la direction, Emmanuelle Haïm retrouve un ouvrage qu’elle connaît depuis longtemps, en fait depuis ses études au Conservatoire de Paris. Son intimité avec Hippolyte et Aricie est manifeste tant elle prend cette partition à bras le corps, lui donne un sens et une vie de tous les instants et met en relief les timbres d’une écriture extraordinairement moderne pour cette époque. Formidable de précision et de sonorité, de dynamique et de style, cet ensemble choral et  orchestral fut la véritable épine dorsale de ce spectacle.


Frédéric Antoun (Hippolyte)(photo P. Nin)

Un plateau vocal de toute beauté

Surclassant tout ce que l’on peut entendre sur disque aujourd’hui, la distribution de ce spectacle est exceptionnelle, non seulement d’homogénéité, mais aussi de pertinence.
Frédéric Antoun se révèle un Hippolyte au timbre chaud et lumineux, à l’émission d’une remarquable souplesse ainsi qu’un comédien d’une grande sensibilité. Anne-Catherine Gillet prête son soprano rond et charnu au personnage d’Aricie. Allyson Mc Hardy est une Phèdre formidablement pathétique, sa voix, tour à tour pleine de véhémence ou de douleur, sait prendre avec subtilité les accents tragiques de ce personnage fascinant. Avec le Thésée de Stéphane Degout, nous tenons une interprétation  de tout premier plan. Son baryton ample et généreux, son phrasé, la parfaite rondeur de l’émission, l’homogénéité d’une voix aux couleurs foudroyantes de netteté, un style et une musicalité hors pair, un comédien engagé, tout cela concourt à un portrait passionnant.

Stéphane Degout (Thésée) face aux trois Parques (photo P. Nin)

Bien sûr, il est hors de question de ne pas citer tous les autres interprètes car, même si leur contribution est plus courte, elle n’en demeure pas moins essentielle dans la qualité globale du spectacle. Il en est ainsi de Françoise Masset (Oenone), Jennifer Holloway (Diane), Johan Christensson (Mercure/ Un suivant de l’Amour), Jaël Azzaretti, somptueuse dans le triple rôle de L’Amour, Une bergère et Une matelote, François Lis, Pluton et Jupiter à la voix tellurique, Jérôme Varnier (Neptune/Troisième Parque), Emiliano Gonzalez Toro qui défendit avec assurance et brio le rôle de Tisiphone, Aurélia Leguay (La grande prêtresse de Diane/Une chasseresse), enfin Nicholas Mulroy et Marc Mauillon complétaient avec bonheur le trio des Parques dont la courte intervention est l’un des sommets de tout l’ouvrage !
Une entrée au répertoire fracassante.
Cette réussite majeure de l’ère Joel fut longuement ovationnée par un public aux anges.

Robert Pénavayre


 

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Prochaines représentations :

8, 10, 13 et 15 mars 2009

Renseignements et réservations : www.theatre-du-capitole.org


 

Voir dans notre rubrique disque,
la version de référence proposée pour cet ouvrage.

 

 
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