www.classicToulouse.com
classic toulouse
ARCHIVES
 
 

 

Livres/ Jeanne d’Arc – Pauline de Préval
     

Une vie, en trois dimensions

De Jean Anouilh à André Suarez, de Maurice Barrès à George Bernard Shaw, en passant par Georges Bernanos, Paul Claudel, Charles Péguy et bien d’autres, sans oublier des compositeurs comme Arthur Honegger, Piotr Ilitch Tchaïkovski et Giuseppe Verdi, les plus grands génies de l’Histoire se sont penchés sur le personnage devenu mythique et légendaire de Jeanne d’Arc.

Ce que nous propose aujourd’hui Pauline de Préval s’éloigne du romantisme dont les auteurs ci-dessus ont nimbé le parcours de cette jeune fille en ce milieu du XVème siècle. Divisant son ouvrage en trois parties, l’auteur nous livre dans un premier temps la vie de Jeanne. De l’entrevue de Chinon à son accession au statut incroyable de chef de guerre, de la levée du siège d’Orléans à la campagne de la Loire, de la marche du sacre de Charles VII à la captivité, au procès et au bûcher, les faits, dires et gestes dûment documentés sont ici relatés. Voilà pour la première dimension.


O

La seconde aborde la postérité de celle dont aucun de ses contemporains n’a écrit une ligne sur l’aspect physique, à l’image d’ailleurs du Christ. Après sa mort sur le bûcher, Jeanne va devenir le symbole d’une Trinité conjuguant un peuple et son monarque (peu importe le titre…) à un territoire.
Et pourtant, Charles VII n’assistera pas au procès, Rome détournera les yeux bien que Jeanne fut jugée au terme d’un procès d’Église. Les temps qui suivront la verront renaître pour défendre toutes les causes, jusqu’à Napoléon en 1803 dans sa lutte contre… les Anglais. Sans oublier les ligues nationalistes modernes… A l’image de celui du Christ, le message de Jeanne est universel.
Troisième dimension, l’enseignement dudit message.

Proposant un idéal d’incarnation, c’est-à-dire d’unité de soi en Christ, Jeanne n’a jamais tenu de grands discours moralisateurs ou édifiants. A l’étroitesse du réalisme humain qui n’attend rien que de ses propres calculs, Jeanne oppose la largesse du réalisme divin où l’homme agit dans une collaboration parfaite avec Dieu. Ainsi s’exprime l’auteur et cela vaut tous les enseignements. Et de clore ce chapitre avec ces trois mots que répétait à l’envi celle qui fut canonisée en 1920 : « Dieu premier servi ». Cette trilogie achevée, Pauline de Préval nous livre in fine quelques minutes du procès de 1431, minutes édifiantes sur l’inanité, l’injustice, la lâcheté et l’intérêt bien calculé de tout ce jury dont l’auteur fait une comparaison pleine de sens avec celui qui envoya le Christ sur le bois du supplice en 33 de notre ère.
Jeanne d’Arc, symbole et mystère, à jamais.

Robert Pénavayre
Article mis en ligne le 14 avril 2020

 

infos
 
 

« Jeanne d’Arc » Pauline de Préval – Presses de la Renaissance –
217 pages – 12 €

 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index