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Livres/ Réflexions faites - Alfred Brendel
     
 

Propos musicaux

Il a arrêté de se produire sur scène en tant que pianiste en décembre 2008, après son dernier récital toulousain le 17 juin de la même année. Alfred Brendel a marqué le siècle de son empreinte indélébile concernant l’interprétation des grandes partitions classiques et romantiques. Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert, Schumann ont bénéficié de la profondeur de ses approches. Après plus de soixante ans de carrière, sa présence se manifeste toujours dans des domaines voisins toujours liés à la culture. La littérature, la poésie, la peinture également, n’ont cessé de passionner cet ardent défenseur de l’écriture. Le 19 mars 2012, il présentait à Toulouse un concert-lecture hors norme d’une grande originalité.


 

En 1982, paraissait la traduction française « Réflexions faites » de son ouvrage original intitulé « Nachdenken über Musik ». En voici la mise à jour, traduite de l’allemand par Dominique Miermont et Brigitte Vergne. Ce recueil d’essais traite avec finesse, intelligence, précision et amour, de l’interprétation des pièces pour piano des plus grands compositeurs qui ont constitué son répertoire. Brendel ne se contente pas de généralités agiographiques sur ces créateurs qui ont marqué l’Histoire. Il pénètre dans le monde de l’écriture musicale, n’hésitant pas à aborder le détail des partitions elles-mêmes, dont des extraits sont intégrés au texte. Nul ne s’étonnera de voir Beethoven figurer en tête de ses préoccupations d’interprète. Sa vision du message révolutionnaire passe par un examen précis critique des textes originaux.

Le mélomane un tantinet musicien (il faut pouvoir lire les quelques portées musicales insérées dans le texte) y trouvera une mine d’informations. Schubert et ses sonates figurent également en bonne place. Brendel s’attache à démolir une série de préjugés qui, selon lui, entachent encore ce génial répertoire. Liszt, dont il reste l’un des interprètes majeurs, est également âprement défendu contre les idées préconçues qui affectent sa mémoire. Il réhabilite également Ferruccio Busoni, l’un des grands pianistes du siècle précédent et consacre un chapitre ému à son maître Edwin Fischer, pour terminer sur d’intéressantes considérations concernant son outil… le piano, dont il reprend avec humour la formule percutante: « Il n’y a pas de mauvais pianos, il n’y a que des mauvais pianistes. »
Un entretien à cœur ouvert avec Jeremy Siepmann complète cet ouvrage riche, sans complaisance et passionnant.

Serge Chauzy

 

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"Réflexions faites",
Alfred Brendel
ed. Buchet-Chastel
236 pages - 17 €

 

 

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