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Festivals/ Toulouse d'Eté 2014 - Luis Fernando Pérez, piano,
Damien Ventula, violoncelle - 22 juillet 2014
     

CRITIQUE

Sous le soleil d’Espagne

La belle série des concerts de musique de chambre du 11ème festival Toulouse d’Eté vient de s’enrichir de la double venue du grand pianiste espagnol Luis Fernando Pérez. Le 22 juillet dans la salle capitulaire du cloître des Jacobins, ce sympathique et brillant artiste offrait tout d’abord, à 19 h, un récital solitaire, puis, à 21 h 30, il était rejoint par le talentueux violoncelliste toulousain Damien Ventula pour un duo enflammé. Les deux événements rendaient hommage à l’Espagne et à son riche répertoire.

Un beau soleil, comme importé de la péninsule ibérique, accueille ainsi tout d’abord Luis Fernando Pérez pour une belle rétrospective des musiques espagnoles au tournant des XIXème et XXème siècles. Enrique Granados, Isaac Albéniz et Manuel de Falla incarnent tous trois les liens étroits qui unissent l’Espagne et la France de cette époque riche de rapprochements artistiques entre les deux pays.



Le pianiste espagnol Luis Fernando Pérez pendant son récital du 22 juillet 2014
- Photo Classictoulouse -

De Granados, Luis Fernando Pérez choisit trois des douze Danzas Españolas à la chaleur communicative. Avec Galante s’exprime immédiatement la chair opulente du jeu du pianiste. L’interprète fouille au plus profond la gamme des couleurs, la dynamique, l’éclat, mais aussi la poésie de ces pièces foisonnantes. La nostalgie souriante d’Oriental précède l’effervescence de la plus célèbre des Danzas, Andaluza, tout en ruptures de ton, à laquelle l’interprète confère violence et passion. Les huit Valses poéticos complètent ce tableau d’un compositeur majeur. Une touchante tendresse émane de la dernière de ces valses.
Albéniz le virtuose fournit au pianiste, avec Iberia, la plus brillante des évocations de son pays d’origine. Les cinq extraits qu’offre l’interprète brossent un tableau éblouissant de la péninsule. Luis Fernando Pérez s’investit corps et âme dans cet incroyable voyage, du rêve d’Evocación au déchaînement convulsif d’El Albaicín, en passant par l’agitation d’El Puerto, et les peintures contrastées de Rondeña et Almería. Une fresque éclaboussée de soleil.
La Danza ritual del fuego (Danse rituelle du feu), l’extrait le plus emblématique d’El Amor brujo (l’Amour sorcier), brillamment exaltée, conclut le programme officiel de ce récital qui se prolonge encore de deux pièces réclamées par les applaudissements chaleureux du public : la Danse du meunier, extrait du Tricorne de Manuel de Falla, et le foisonnant Zapateado d’Enrique Granados.



Damien Ventula, violoncelle, Luis Fernando Pérez, piano
- Photo Classictoulouse -

Chaleureux duo

Avec l’entrée en scène de Damien Ventula, se produit une authentique communion musicale. Sous le titre "Impressions d’Espagne", un bouquet de duos violoncelle-piano brosse un tableau coloré de l’Espagne évoquée par les compositeurs espagnols eux-mêmes mais également par ceux que le pays fascine. C’est ainsi que le concert s’ouvre sur la sublime sonate pour violoncelle et piano de Claude Debussy. La belle sonorité, claire, lumineuse même, de Damien Ventula en explore joliment la poésie et les subtilités harmoniques et rythmiques. Avec le piano bien charpenté de Luis Fernando Pérez s’établit un dialogue parfait, à égalité de pouvoir expressif, un dialogue dans lequel la couleur tient la place importante qui est la sienne.
Parmi les nombreuses pièces qui suivent, on retrouve avec bonheur Enrique Granados et son Andaluza, cette fois transcrite pour violoncelle et piano, ainsi que l’Intermezzo extrait des Goyescas. Avec le compositeur argentin Alberto Ginastera, on s’éloigne de l’Europe sans quitter vraiment l’Espagne. Les deux artistes proposent une pièce particulièrement « sportive », Pampeona, un déploiement virtuose plein de relief et de contrastes. Le Molto vivace de la sonate du Catalan Roberto Gerhard, aux allures de mouvement perpétuel, et l’Espagne revisitée par l’esprit tsigane du Tchèque David Popper, complètent ce tableau universel. Du grand violoncelliste espagnol Gaspar Cassadó, la pièce toujours aussi virtuose, Requiebros, précède le cycle des Siete Canciones populares españolas (Sept Chansons populaires espagnoles) initialement conçu pour une voix féminine par Manuel de Falla. L’art du violoncelliste consiste ici à évoquer la voix humaine. Ce que Damien Ventula pratique avec art et finesse. La variété des couleurs, la beauté du vibrato, le lyrisme du phrasé enchantent légitimement un public enthousiaste. Le prolongement de la soirée emprunte alors un chemin détourné, puisque les deux compères investissent la musique de Sergeï Rachmaninoff (3ème mouvement de l’émouvante sonate pour violoncelle et piano) puis celle d’Astor Piazzolla (Grand Tango). Une fin de soirée généreuse et conviviale.

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 23 juillet 2014

 

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