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Festivals/ Toulouse les Orgues 2014 - La Nuit de l'Orgue - 12 octobre 2014
     

CRITIQUE

L’orgue en folie

Afin d’élargir encore le cercle d’intervention de « L’orgue dans la cité » (il s’agit là du thème de la présente édition) le 19ème festival Toulouse les Orgues présentait, ce 12 octobre dernier, sa Nuit de l’Orgue. Cette manifestation hors norme réunissait autour de l’instrument sacré (en l’occurrence le Cavaillé-Coll de la basilique Saint-Sernin) des personnalités d’une réjouissante diversité. Des personnalités qui ne gravitent en général pas dans le cercle proche des tuyaux, des jeux, des claviers et des consoles.

Ce soir-là, le dernier de la longue série des événements du festival, l’infatigable nouveau directeur, Yves Rechsteiner, accueille une fois encore un public friand de musique et curieux de nouveaux rapprochements. Il ne sera pas déçu ! D’autant moins que tout ce qui se passe sur la tribune est filmé et retransmis en direct sur grand écran.



La soprano Nicole Fournié - Photo Classictoulouse -

La soirée, articulée en trois parties, s’ouvre sur la prestation de Jean-Claude Guidarini, titulaire du grand orgue Eugène Puget de l’église Notre-Dame du Taur. Ce curieux de partitions oubliées ou perdues investit le répertoire rarement visité des organistes ou compositeurs du tournant du XXème siècle. Ni Louis Vierne, ni Charles-Marie Widor, ni Camille Saint-Saëns, bien sûr, mais des noms a priori plus obscurs comme Adolphe Marty, Albert Périlhou ou Georges Debat-Ponsan… tous ayant un lien avec Toulouse ou sa région. Figurent néanmoins dans ce panorama trois individualités plus connues comme Déodat de Séverac, Dynam Victor Fumet ou surtout Xavier Darasse. De ce dernier, Jean-Claude Guidarini a découvert l’opus 1, une touchante mélodie pour voix et piano, transcrite pour voix et orgue, sur l’émouvant poème de Baudelaire : « La musique souvent me prend comme une mer ». La soprano Nicole Fournié y apporte la beauté de sa voix et sa sensibilité. Elle intervient également avec bonheur dans une chanson d’Albert Périlhou et dans la tendre mélodie de Déodat de Séverac « Ma poupée chérie ». La « Marche funèbre », de Dynam Victor Fumet, l’un des représentants d’une grande dynastie de musiciens toulousains, constitue une étonnante redécouverte de Jean-Claude Guidarini qui assure avec talent toute cette première partie.



Dimitri Nicolov, joueur de gadulka - Photo Classictoulouse -

Le volet suivant, intitulé « Racines et tradition », remonte assez loin dans le temps. Yves Rechsteiner présente tout d’abord, à la tribune de l’orgue, un musicien dont le lieu d’exercice n’est autre que la rue toulousaine. Dimitri Nicolov vient de Bulgarie et joue de la gadulka, cet instrument traditionnel à archet qui comporte trois cordes mélodiques frottées par l’archet et jusqu’à onze cordes sympathiques qui vibrent en résonance. Pendant quelques minutes, le musicien transporte l’auditoire dans le répertoire de tradition orale de son pays. Un voyage plein d’émotion contenue. Puis c’est au tour de l’organiste, chef d’orchestre, compositeur (notamment) suisse, Rudolf Lutz, de proposer son improvisation, imaginative et pleine d’esprit,  sur des chants traditionnels… de la région toulousaine.


Xavier Vidal, joueur de boudègue - Photo Classictoulouse -
Il cède la place à une intervention inattendue, celle de Xavier Vidal, musicien traditionnel, en lien avec le Conservatoire Occitan de Toulouse, virtuose de la fameuse « boudègue », cette cornemuse occitane fabriquée à partir d’une peau de chèvre. Saluons l’initiative qui consiste à associer un instrument éminemment populaire avec celui qui pourrait paraître lié à une élite. Yves Rechsteiner, aux claviers du Cavaillé-Coll, « accompagne » (au sens premier du terme : cheminer avec) le musicien traditionnel et son véhicule à voyager dans le temps.


Hervé Suhubiette chante Claude Nougaro - Photo Classictoulouse -

La troisième partie de la rencontre est entièrement dédiée à l’enfant du pays, Claude Nougaro. La belle composition de Jean-Baptiste Dupont, véritable symphonie pour orgue, dans la tradition d’un Widor, est encadrée par l’hommage rendu à l’enfant des Minimes par Hervé Suhubiette. Une voix à faire pâlir bien des candidats à une éphémère célébrité, une vraie sensibilité, un amour évident des mots font de cette participation un grand moment d’émotion. Armstrong, C’est Eddy, rappellent le talent inimitable de Nougaro. Et que dire de l’hymne à la Ville rose devenu mythique, Ô Toulouse ? L’émotion s’immisce dans les cœurs… Que voilà une belle conclusion à ces journées de folie sur « L’orgue dans la cité » !

Serge Chauzy
Article mis en ligne le 13 septembre 2014

 

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