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Festivals/ Passe ton Bach d'abord 2011 - 11 et 12/06/2011
     

CRITIQUE

Sous le soleil de Bach

La quatrième édition de « Passe ton Bach d’abord » s’est achevée dans l’enthousiasme, le dimanche 12 juin, à l’issue d’un nouveau week-end de folie. Comme le veut la récente tradition de ce festival hors normes, la cour Henri IV du Capitole accueillait cette année encore la manifestation d’ouverture offerte par l’Ensemble et le Chœur Baroques de Toulouse, sous la direction de Michel Brun, ainsi que le Commando Nougaro. Samedi 11 juin à 15 h, deux extraits de la cantate BWV 61 de Johann Sebastian Bach donnent ainsi le signal de départ de cet ébouriffant festival à nul autre pareil. Michel Brun lance son credo et redonne les consignes à respecter impérativement : « Être à l’heure ! »


L'Ensemble et le Chœur Baroques de Toulouse dans la cour Henri IV pour l'ouverture du festival "Passe ton Bach d'abord 2011" - (Photo Classictoulouse)

Rappelons que l’organisation de la centaine de manifestations que compte le festival est basée sur la présentation, chaque heure tapante, de plusieurs événements (de deux à six en parallèle) d’une demi-heure chacun. La demi-heure suivante est alors consacrée à la transhumance, paisible ou fébrile, d’un public en quête de musique vers un autre lieu, un autre style, une autre destination.
Le thème choisi cette année pour célébrer l’illustre compositeur se décline sous la forme du triptyque « Bach, la famille, les amis ». La dynastie familiale, étalée sur deux siècles, celle des précurseurs et des musiciens admirés de Bach ou admirateurs de son génie, se manifestent donc au cours de ces happenings dispersés dans toute la ville.


La foule des passionnés lors de la session d'ouverture - (Photo Classictoulouse)

Difficile de faire un choix parmi l’incroyable diversité des offres, même si la répétition de chaque événement permet de réduire la frustration causée par les simultanéités. En outre le succès de quelques concerts annoncés est tel que bien des amateurs doivent rester à la porte, normes de sécurité obligent. C’est le cas samedi, pour le concert Johann Christian Bach/Georg Philipp Teleman, idéalement organisé dans la cour de l’hôtel d’Assézat et qui permet d’entendre l’Ensemble Baroque de Toulouse et le bassoniste Laurent Le Chenadec. Un séjour relaxant dans l’un des hamacs installés dans la sacristie de l’église du Gesu, à l’écoute d’une évocation radiophonique, signée Sonja Berg, de la vie d’Anna-Magdalena Bach, la seconde épouse du Cantor, adoucit la frustration.


L'ensemble de cuivres anciens de Toulouse "Les Sacqueboutiers" dans l'église Saint-Pierre des Chartreux. De gauche à droite : Pierre Bleuse, violon, Jean-Pierre Canihac (cornetto), Philippe Canguilhem (hautbois de chasse), Daniel Lassalle et David Loqueneux (sacqueboutes), Laurent Le Chenadec (basson) - (Photo Classictoulouse)

Deux prestations particulières retiennent l’attention et attirent également la foule des mélomanes. L’une d’entre elles est celle des Sacqueboutiers, habilement titrée « Bach et les nombres » dans l’adorable église de Saint-Pierre des Chartreux. L’obsession du compositeur pour la combinatoire des nombres nous est ainsi dévoilée par Philippe Canguilhem avec exemples à l’appui ; des exemples choisis dans le grand œuvre que constitue « L’Art de la Fugue » mais aussi dans les petits canons sur la basse continue des mythiques « Variations Goldberg » et dans les contrepoints de « L’Offrande musicale ». La spécificité des timbres instrumentaux, la science musicale des interprètes éclairent ces propos.

L'Ensemble Baroque de Toulouse dans la chapelle Sainte-Anne avec les solistes :
Michel Brun (flûte), Laurent Pellerin (violon), Yasuko Uyama Bouvard (clavecin)

L’autre événement réunit, dans la chapelle Sainte-Anne, un effectif de chambre de l’Ensemble Baroque de Toulouse dans le 5ème Concerto Brandebourgeois de J-S Bach. Michel Brun, à la flûte, Laurent Pellerin, au violon et Yasuko Uyama Bouvard au clavecin donnent vie à ce chef-d’œuvre, avec notamment une éblouissante prestation de la claveciniste dans l’invraisemblable cadence du 1er mouvement.
Plus intime et tout aussi raffinée, dans ce même lieu, l’admirable intervention de Céline Frisch met en regard J.-S. Bach et ses précurseurs, en l’occurrence Dietrich Buxtehude et Johann Jakob Froberger. Un clavecin en liberté, intensément musical, qui coule comme une eau fraîche.
La première journée du festival s’achève sur la confirmation d’un talent trop rarement reconnu, celui du « Bach de Bohème », Jan Dismas Zelenka, compositeur de cette somptueuse messe « Omnium Sancturum » choisie par Michel Brun et son ensemble.



La dernière séance des "Cantates sans filet" - (Photo Classictoulouse)

L’effervescence musicale se poursuit pendant toute la journée de dimanche jusqu’à la répétition et l’exécution, dans l’église Saint-Aubin, de la dernière des « Cantates sans filet » de la saison, par les voix et les instruments de l’Ensemble Baroque de Toulouse sous l’infatigable direction de Michel Brun. L’attraction de ce bouquet final est telle qu’une foule sans nombre se presse sur les marches de l’église, obligeant les interprètes à improviser une deuxième séance afin de permettre au public supplémentaire de participer à cet événement conclusif. Et c’est sur le choral final de cette vibrante cantate BWV 95 « Christus der ist mein Leben », choral entonné par les voix mêlées de toute l’assistance, que s’achève, à regret, ce week-end de convivialité fervente. Fin de la quatrième édition, vive la cinquième !

Serge Chauzy

 

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