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Théâtre du Capitole / Béatrice Uria-Monzon (23/09/2005)
     


 

 

« Chanter Carmen n'a jamais été pour moi un fantasme »

Les reprises du Don Carlo de Verdi qui ouvrent la saison lyrique capitoline 2005/2006, vont être l'occasion pour les Toulousains de retrouver le mezzo-soprano Béatrice Uria-Monzon qui, pour la première fois, interprètera sur notre scène un rôle italien, celui de la redoutable Princesse Eboli.

 

 

ClassicToulouse : La lecture de votre planning pour les prochaines années montre à l'évidence que vous vous éloignez du personnage de Carmen, un rôle malgré tout important dans votre carrière

Béatrice Uria-Monzon : je m'en éloigne, pas complètement tout de même, pour de multiples raisons. Il m'a collé à la peau, presque trop car finalement le public, et les directeurs de théâtre, m'identifiaient à ce personnage au point que l'on se demandait si je pouvais chanter autre chose. Cela dit, je reconnais qu'il m'a beaucoup apporté personnellement, en tant que femme. Bien que je n'ai jamais eu les mêmes choix de vie que Carmen, mais je comprends parfaitement sa passion

: Votre troisième Eboli est donc pour Toulouse, puis Houston entendra en 2006 votre première Amnéris, enfin en 2007 votre première Vénus sera pour la nouvelle production de Tannhäuser à l'Opéra Bastille juste avant Barcelone. C'est un véritable tournant dans votre carrière

B.U.M. :On ne me propose plus rien d'intéressant dans le rôle de Carmen, je veux dire en terme de vision. Trop de facilités gâche ce rôle. J'ai énormément envie d'aborder de nouveaux rivages, de découvrir et de m'enrichir de nouvelles expériences. Il est vrai également que ma voix évolue naturellement vers un épanouissement de la quinte aiguë. A ce titre, Eboli aujourd'hui me convient parfaitement.

: Parlons justement un peu de ce redoutable personnage

B.U.M. : C'est avant tout une femme, certes intrigante et violente, mais elle est ainsi parce qu'elle est blessée dans son orgueil et son amour. Elle se comporte de cette manière parce qu'elle n'a pas d'autre choix pour survivre à ses blessures. Vocalement c'est un rôle difficile qui doit allier la virtuosité à la vaillance. Mais je n'ai pas peur de ce défi car je sais qu'Eboli est dans ma voix. Après, bien sûr, c'est une question de forme ou de méforme, mais ce rôle est loin d'être insurmontable et de plus ne me met pas en danger. Tout est une question d'équilibre en respectant le matériau vocal.

: Chanter en italien ne vous pose aucun problème

B.U.M. : C'est un plaisir complètement différent de celui de chanter en français. Le russe par contre place la voix en arrière, l'allemand est plus guttural, mais finalement je ne me pose pas toutes ces questions. J'essaie surtout de trouver une logique à ces problématiques dans mon corps.

: Vénus paraît être une porte d'entrée idéale pour le répertoire wagnérien

B.U.M. : C'est pour cela que n'ai pas voulu faire autre chose dans ce domaine avant. Peut-être plus tard il y aura Kundry. En la matière je vais être prudente car je ne connais pas bien ce répertoire et je sais en conséquence qu'il peut exister un danger pour moi. Je ne tiens pas du tout à brûler les étapes.

: Et le futur plus ou moins proche ?

B.U.M. :Beaucoup de prises de rôles, on vient de les évoquer, mais il y aura aussi Judith du Château de Barbe-Bleue à l'Opéra de Paris, Didon des Troyens à l'Opéra du Rhin, plus tard j'ai un projet de Norma (Adalgisa) à Monaco et d'un Cid avec Roberto Alagna à Saint-Etienne.

 

Entretien recueilli par Robert Pénavayre

     
     

 

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