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Entretien avec Tugan Sokhiev - 16/12/2009
     

Tugan Sokhiev, bilan et perspectives

Après avoir exercé pendant trois ans les fonctions de premier chef invité et conseiller musical de l’Orchestre National du Capitole de Toulouse, le jeune chef ossète Tugan Sokhiev a été nommé, le 1er septembre 2008, directeur musical de cette formation symphonique. A seulement 32 ans, il poursuit une brillante carrière internationale qui le mène à diriger les plus grandes phalanges du moment, comme l’Orchestre National de France, le Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin, l’Orchestre Symphonique de la RAI Turin, l’Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam, l’Orchestre Philharmonique de Munich, la Fondazione Arturo Toscanini, l’Orchestre de la Scala de Milan, l’Orchestre du Bayerische Staatsoper et le Philharmonia Orchestra. Il vient d’être invité à diriger la Philharmonie de Vienne et son alter ego berlinois. Néanmoins, il retrouve toujours avec un plaisir non dissimulé l’Orchestre du Capitole qui reste son port d’attache. En 2008, l’Orchestre a reçu une "Victoire d’honneur" à l’occasion de la 15e édition des Victoires de la Musique Classique qui s’est déroulée à la Halle aux Grains de Toulouse. En 2010 l’orchestre et son chef participeront à une grande opération, "Les années franco-russe", qui se traduira par des présentations d’œuvres russes à Toulouse (comme l’opéra "Iolanta" de Tchaïkovski) et une visite de l’orchestre français et de son chef russe à Moscou et Saint-Pétersbourg.
De retour d’une tournée en Chine et au Japon avec son orchestre, Tugan Sokhiev a accepté très chaleureusement de brosser un état des lieux de son action à Toulouse.


Tugan Sokhiev à la tête de l'Orchestre du Capitole (Photo Ville de Toulouse)

Classic Toulouse  : Quel bilan pouvez-vous tirer des cinq années que vous venez de passer à la tête de l’Orchestre du Capitole ?

Tugan Sokhiev : Aujourd’hui, je suis plus heureux encore d’être à Toulouse qu’il y a cinq ans. Les relations qui sont maintenant les miennes avec cet orchestre sont très spéciales, exceptionnelles même. Artistiquement cela marche vraiment très bien. Je me sens très bien avec l’orchestre et j’espère qu’il en est de même pour l’orchestre. On peut observer que les cinq ans que nous avons passés ensemble ont apporté beaucoup de résultats, autant à Toulouse qu’en France ou à l’étranger. Des résultats aussi bien sur le plan artistique que sur celui de l’image de l’orchestre. Ainsi par exemple cette image a bénéficié de la grande tournée européenne que nous avons accomplie l’année dernière, alors que la France occupait la présidence de l’Union Européenne. De même avec notre récente tournée en Asie, ces voyages ont permis que s’exprime tout le potentiel de cette relation spéciale.

 : Comment l’orchestre et vous-même avez-vous été accueillis lors des récentes tournées effectuées en Italie/Roumanie, puis en Chine et au Japon ?

T. S. : L’accueil a été excellent et chaque contact dans ces pays a été comme une révélation pour le public. Aujourd’hui, si l’orchestre a su conserver sa tradition de musique française, il a acquis plus de couleurs, de richesse, de mobilité, plus de souplesse. Aujourd’hui il s’agit pour moi du meilleur orchestre français.


Tugan Sokhiev et l'Orchestre du Capitole en répétition lors de leur tournée espagnole
de 2008 (Photo Classictoulouse)

 : L’image de l’orchestre à l’étranger a-t-elle changé ?

T. S. : Bien sûr. A notre niveau nous avons acquis plus de responsabilité. L’image de l’orchestre a grandi, même à Paris. Son répertoire s’est élargi aussi bien sur le plan symphonique que sur le plan lyrique.

 : Comment considérez-vous l’accroissement, au cours des dernières années, du jeune public qui vient au concert à Toulouse ?

T. S. : Depuis mon premier jour à Toulouse j’ai toujours considéré comme primordiale l’importance du jeune public. Il faut un projet éducatif. Les jeunes générations d’aujourd’hui (autour de vingt ans) constituent le public de demain. Ce problème est de ma responsabilité, comme de celle des membres de l’orchestre. L’augmentation récente de 38 % de la fréquentation des concerts par les jeunes spectateurs est une excellente nouvelle.

 : Dans quel sens souhaitez-vous faire évoluer le répertoire de l’orchestre ?

T. S. : Pour moi, aujourd’hui le répertoire de l’orchestre n’a pas de limite. Ce n’est plus seulement « l’orchestre du répertoire français ». Bien sûr il possède cette tradition d’interprétation de la musique française que je souhaite conserver. Mais nous développons notamment le grand répertoire allemand : Mozart, Beethoven, Brahms, Schumann, Schubert, Mahler évidemment, mais aussi la musique russe avec laquelle cet orchestre a une bonne affinité. La musique contemporaine également est importante. Pendant trois ans nous avons bien collaboré avec Karol Beffa, compositeur en résidence auprès de nous. Ainsi nous avons pu créer trois œuvres de lui, une pour l’orchestre seul, un concerto pour violon et un concerto pour piano. Vraiment, du baroque au contemporain, le répertoire de l’orchestre n’a pas de limite.


Tugan Sokhiev (à droite) en compagnie du maire de Toulouse Pierre Cohen lors de sa nomination à la direction musicale de l'Orchestre du Capitole (Photo Ville de Toulouse)

 : Que représente l’apport des nouveaux recrutements de musiciens qui ont été décidés par la municipalité ?

T. S. : Grâce à la généreuse décision du maire Pierre Cohen qui m’a donné la possibilité de développer l’orchestre d’une vingtaine de postes supplémentaires, nous pouvons élargir encore le répertoire. Les symphonies de Mahler ou de Bruckner sont plus facilement programmées. Cela nous offre plus de possibilités pour monter des actions éducatives auprès des enfants, mais aussi auprès de la région, une action que je considère comme primordiale. Le public de la région est très mélomane et c’est très important de lui apporter cette musique. Vraiment, l’obtention de ces musiciens supplémentaires constitue une très bonne nouvelle pour l’orchestre. C’est une excellente décision artistique et culturelle.

 : Quelles sont les tournées que vous prévoyez à l’extérieur ?

T. S. : Nous sommes en discussion pour l’organisation de plusieurs tournées. En février prochain, nous allons en Allemagne : Cologne, Francfort, Düsseldorf. Puis nous aurons deux concerts au Festspielhaus de Salzbourg et la tournée s’achèvera à la salle Pleyel à Paris. C’est un grand challenge qui représente beaucoup de travail, mais artistiquement très intéressant. Nous préparons d’autres déplacements à l’étranger dans le but d’approfondir l’image de l’orchestre.

 : On peut donc estimer que l’orchestre se développe sur tous les plans.

T. S. : Je crois qu’aujourd’hui l’Orchestre National du Capitole de Toulouse est un symbole de la culture à Toulouse. C’est la grande institution culturelle toulousaine qui représente Toulouse à l’étranger. Les publics d’Allemagne, d’Asie s’intéressent, à travers elle, à l’histoire, au tourisme de la ville. Nous sommes les ambassadeurs culturels de Toulouse.

Propos recueillis à Toulouse le 16 décembre 2009 par Serge Chauzy

 

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Renseignements, détail complet de la saison de l'Orchestre du Capitole et réservations :

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