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Entretien avec Saimir Pirgu - 19/11/2012
     

« Mon rêve est tout simplement de chanter,
et je suis en train de le réaliser »

A l’aube de ses trente ans, le ténor albanais Saimir Pirgu occupe d’ores et déjà les premières places des emplois de « lyrique » dans les plus grands théâtres de la planète. Frédéric Chambert l’a fait découvrir aux Toulousains en juin 2011 dans le Cosi fan tutte mis en scène par Pierre Constant dans lequel il fut un Ferrando de tout premier plan. Avant son retour programmé pour les années à venir, Saimir Pirgu a tenu à offrir (à tous les sens du terme !) aux mélomanes de la Ville rose un récital d’airs d’opéra. Celui-ci s’est inscrit dans la série, plus que jamais fameuse, des « Midis du Capitole ».

Entretien

Classic Toulouse  : Est-ce que chanter Mozart, ou Verdi, Puccini, Donizetti, par exemple,  apporte le même plaisir, la même satisfaction ?

Saimir Pirgu : Il faut savoir que chaque rôle que je chante devient ma « créature », je le chante avec amour et beaucoup de plaisir. Chaque compositeur a quelque chose de spécial qui est unique. Il m’est difficile de dire lequel je préfère car chacun a ses beautés et son génie. Cela dit, si je devais impérativement en  choisir deux ou trois, je le ferais sur la base de leur musique mais aussi de leur capacité à raconter une histoire, à mettre un texte en avant. Ce serait donc Mozart, Verdi et Puccini.

 : Le Roméo de Salerno il y a deux ans n’a pas eu de suite, malgré l’extrême rareté des interprètes de ce rôle. Est-ce à dire que vous vous donnez un peu de temps avant de poursuivre dans le répertoire français ?

S. P. : Je pense que chaque répertoire doit être abordé avec le plus grand sérieux et le maximum de professionnalisme, quoi qu’il arrive. Je chante les opéras du mieux que je peux. Un vrai chanteur doit être capable d’aborder chaque œuvre qu’il interprète au mieux de ses possibilités. La voix est un instrument, à l’évidence très délicat.

 : Votre concert toulousain comprend une première partie consacrée aux compositeurs baroque et classique. Or, ce n’est pas du tout votre répertoire scénique. Est-ce un regret ?

S. P. : Mon programme suit l’évolution de l’opéra sur plus de deux siècles. Durant un récital, un chanteur doit chercher à toucher le cœur du public, de tous les publics. J’ai donc choisi un programme qui mette en valeur ma voix dans tous les répertoires. Je veux que ce voyage lyrique dans le temps soit le plus agréable possible pour tout le monde. C’est un programme qui a déjà eu un grand succès dans d’autres villes, c’est pourquoi j’ai beaucoup de plaisir à l’offrir aux Toulousains.

 
: Vous affichez clairement votre admiration pour Luciano Pavarotti et Placido Domingo. Que vous ont apporté ces deux ténors ?

S. P. : J’ai étudié avec Luciano Pavarotti. Il m’a préparé à tous les rôles que je chante aujourd’hui. Il m’a donné la force de croire à mon rêve de devenir chanteur, un rêve qui est devenu une réalité jour après jour. Avec Placido, c’est différent. Il était directeur  de l’opéra à Los Angeles quand je l’ai rencontré pour la première fois. Ensuite j’ai chanté avec lui à Paris (Cyrano de Bergerac). Je vais de nouveau chanter avec lui, au MET de New York pour une Traviata dans laquelle il interprète Germont. Ensuite il va me diriger comme chef d’orchestre aux Arènes de Vérone pour Rigoletto. Chaque rencontre est une émotion très forte. J’ai un souvenir merveilleux, celui de les avoir entendus tous les deux chanter ensemble aux Thermes de Caracalla.


 : Vous consacrez une partie de votre temps à l’ouverture de l’opéra vers le grand public et les jeunes en particulier. Pourquoi cet engagement ?

S. P. : Tout d’abord parce que je suis jeune moi aussi et ensuite parce que je pense que l’opéra ne cessera jamais d’exister. Je suis absolument favorable à tous les modes de retransmissions de l’art lyrique,  car cela permet d’approcher  le public le plus large. Le plus important cependant est que la qualité soit toujours au rendez-vous. Parfois la beauté ne touche pas immédiatement une personne, mais tout ou tard, la magie opère.

 : En fonction de l’évolution actuelle de votre voix, quelles sont les prises de rôles à venir ? Sur ce sujet, avez-vous un staff qui vous conseille ?

S. P. : J’ai toujours fait confiance à mon professeur Vito Maria Brunetti, mais aussi aux grands chefs d’orchestre et aux grands chanteurs que j’ai croisés. Grâce à leur expérience, ils m’ont donné de précieux conseils pour aborder de nouveaux rôles. Je suis heureux de la façon dont ma carrière évolue. Mes prochaines prises de rôle seront celles de Faust et de Werther. Je vais continuer de cette manière à agrandir mon répertoire, en étudiant chaque année un nouvel emploi.

 : Vous êtes très heureux de pouvoir revenir à Toulouse. Que vous a apporté votre passage au Capitole en juin 2011 pour Cosi fan tutte ?

S. P. : Je me suis senti tellement bien dans votre merveilleuse ville ! Et quelle gastronomie ! La cuisine et les gens sont fantastiques. Tout a participé à mon bien être et m’a permis d’être au mieux pour ces spectacles. Je trouve extraordinaire l’attention qui est portée par le Théâtre du Capitole au choix des artistes et à la programmation. Vraiment, juin 2011 a été une expérience magique pour moi, c’est pourquoi je suis si heureux de revenir !

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 18 novembre 2012

 

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Renseignements et réservations au Théâtre du capitole :
05 61 63 13 13
www.theatre-du-capitole.fr

 
 
 

 

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