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Entretien avec Jean-Marc Andrieu - Les Passions - 10/09/2009
     

Passionné de musique

Jean-Marc Andrieu, le directeur musical de l’orchestre "Les Passions" (Orchestre Baroque de Montauban), multiplie les activités. Il est même parfois amené à se démultiplier. Actuellement directeur du Conservatoire de Montauban, il y a enseigné la flûte à bec jusqu’en 1993, date à laquelle il a pris ses fonctions directoriales dans cet établissement. Il ne répugne pas à se plonger de nouveau épisodiquement dans l’enseignement, « dans l’intérêt de l’orchestre », insiste-t-il. Reprendre un contact explicite avec la technique ne peut que bénéficier à la qualité de son jeu. Néanmoins, il se consacre avec bonheur au développement de l’ensemble qu’il a créé et dont la réputation ne cesse de croître. Au point d’être invité, au printemps dernier, à l’ambassade de France à Rome, la prestigieuse Villa Farnèse, pour y donner un concert de musique française. A l’orée de la saison musicale, Jean-Marc Andrieu a bien voulu dresser avec nous un petit bilan de l’orchestre qu’il dirige.


Jean-Marc Andrieu, flûtiste et chef d'orchestre (Photo JJ Ader)

Classic Toulouse  : Parlez-nous tout d’abord de cette escapade romaine.

Jean-Marc Andrieu : Un vrai bonheur ! Il nous importait surtout de connaître l’impression que nous avons laissée. Avons-nous bien défendu les couleurs de la musique française, les couleurs de la région, de Montauban ? D’après les retours que nous en avons eus, il semblerait que cela ait été très apprécié. Pour nous, ce séjour a constitué une expérience très positive. Ce projet nous a demandé un investissement particulier que nous ne regrettons pas. Nous avons ainsi pu prendre des contacts importants afin de développer une collaboration au niveau européen, notamment dans le cadre d’échanges entre la France, l’Espagne et l’Italie. Notre répertoire étant centré sur la musique française sous influence « transalpine », (Gilles, Campra, Mondonville en sont des exemples significatifs), nous souhaitons donc proposer des projets d’échange avec ces deux pays, et plus précisément avec Rome et Valence. La collaboration avec Valence se concrétise dès la saison toulousaine qui s’ouvre, puisque nous invitons les ensembles Capella de Ministrers et Cor de la Generalitat Valenciana, en partenariat avec l’Institut Cervantès de Toulouse et l’Institut Valencien de la Musique. Ils viennent donner le célèbre « Officium defunctorum » de Tomas Luis de Victoria. Le « match retour » aura lieu au cours du mois de juin prochain, période au cours de laquelle nous donnerons à Valence notre programme Charpentier.

 : Pour remonter aux origines, pourriez-vous nous indiquer comment on passe de la flûte à bec à la direction d’orchestre et pourquoi le répertoire baroque ?

J.-M. A. : Il n’y a pas de lien direct entre la flûte et la direction. Par contre il y en a un entre la flûte et le répertoire baroque. Ce répertoire constitue l’âge d’or de la flûte à bec, jusqu’à sa disparition à la fin du 18ème siècle. Les flûtistes essaient d’étendre autant que possible le rayon d’action de l’instrument, aussi bien en remontant vers le moyen-âge qu’en investissant le répertoire contemporain. J’ai pour ma part abordé la direction d’orchestre avec la direction de chœur. A la fin de mon cursus de flûte, je me suis orienté vers le chœur pour me consacrer à une activité qui me passionnait, la musique vocale. Ma participation au sein du chœur créé par Alix Bourbon a été déterminante. Nous sommes nombreux à être passés par cette voie et à pouvoir manifester notre reconnaissance à Alix. J’ai ensuite eu la volonté de monter et de diriger un petit chœur qui a commencé à chanter le répertoire baroque a cappella. En 1986 nous avons eu l’ambition de monter les quatre messes brèves de Bach. Quelques instrumentistes recrutés au Conservatoire de Toulouse se sont joints au chœur pour cette opération.


(Photo JJ Ader)
 

C. T. : Est-ce ainsi que s’est créé l’Orchestre Baroque de Montauban ?

J.-M. A. : C’est en 1989 que nous avons décidé d’abandonner les instruments modernes pour jouer sur instruments d’époque. Grâce à un stage de musique baroque à Barbaste, les musiciens ont pu se former. Notre notoriété s’est installée dans la région et au-delà jusqu’à ce que la DRAC nous accorde un conventionnement qui nous a permis de nous structurer. Auparavant, en 1993, la ville de Montauban nous avait accueillis et accordé une petite subvention, ce qui coïncide avec la création de l’Orchestre Baroque de Montauban. Depuis, la ville continue de nous aider, de nous accueillir et de nous fournir locaux et personnels.

En 2004 nous avons décidé de changer de nom et de nous appeler Les Passions, un nom dont je revendique la paternité.

C. T. : Comment cherchez-vous et trouvez-vous les partitions originales que vous « ramenez à la vie » ?

J.-M. A. : Un premier repérage se fait grâce au travail d’un ami particulièrement compétent dans ce domaine, le musicologue Jean-Christophe Maillard, chargé du catalogage des partitions en Midi-Pyrénées. Il connait tous les fonds musicaux anciens et attire mon attention sur certaines partitions. Je fais alors des recherches essentiellement dans deux fonds de musique ancienne les plus importants du Sud-ouest, à la Bibliothèque Municipale de Toulouse, et à Agen où se trouve le fameux fonds des ducs d’Aiguillon. D’après les originaux, je peux me faire une idée de la qualité musicale des partitions. Suit alors le long travail de restitution des manuscrits. Ils sont parfois abîmés, pas très lisibles, souvent entachés de fautes de copiste. Il faut alors corriger les erreurs et reconstituer les originaux. C’est un vrai travail de moine et de musicien. Ainsi, la partition du Requiem de Gilles, que j’ai éditée, a été vendue pour être utilisée par un chœur de Bretagne.

 : Comment est constituée la prochaine saison toulousaine des Passions ?

J.-M. A. : Je la crois sincèrement bien équilibrée. Si le patrimoine local ne figure pas cette année en première ligne, la musique de Gilles est néanmoins inscrite au programme, avec Les Lamentations. Et le motet « Diligam te, Domine » a tout-de-même été composé à Toulouse. Deux invités sont présents, Jean Tubéry et la Capella de Ministrers, de Valence. La chute du mur de Berlin est commémorée par un concert de musique allemande. Et puis nous présentons une création contemporaine avec les « Folies » de Thierry Huillet. Il me semble vraiment qu’il n’y a aucun « maillon faible » dans la programmation.


(Photo F. Azéma)

 : Les Passions se produisent également à l’extérieur.

J.-M. A. : Oui en effet. En octobre nous nous rendons au festival de Lanvellec, en Bretagne, pour un programme Purcell. Un concert aura lieu à Paris avec le programme des « Folies ». Nous serons également à Monaco, en Espagne à Valence, à Saint-Jean-de-Luz, à Pau, à Fleurance. Il y aura aussi des apparitions en région et, nous l’espérons, une tournée d’automne avec le programme des Noëls Baroques Occitans qui ont eu tant de succès l’année dernière. L’été prochain, nous envisageons une tournée avec « Les lamentations » de Gilles.

 : Quelles sont les productions discographiques de l’orchestre ?

J.-M. A. : Notre rythme de parution est de l’ordre d’un disque par an. Cette année, deux seront produits, avec les Noëls Baroques Occitans que nous avons enregistrés avec Les Sacqueboutiers. La parution des « Lamentations » constituera le deuxième volet d’une trilogie consacrée aux grands motets de Jean Gilles qui réunira le « Requiem », déjà paru, et le « Te Deum » ainsi qu’un autre grand motet dont l’enregistrement est envisagé pour l’année suivante. Pour tous ces enregistrements, nous restons fidèles à la maison Ligia Digital distribuée par Harmonia Mundi. Les Noëls Baroques Occitans vont paraître le 19 novembre. Inutile de préciser que ce sera le cadeau de Noël idéal…

Propos recueillis à Toulouse le 10 septembre 2009 par Serge Chauzy

 

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