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Entretien avec Juan Francisco Gatell - Théâtre du Capitole - 08/04/2013
     

« A la maison, j’écoute surtout de la musique argentine, rock, folklore, tango et flamenco »

Ce natif de La Plata (Argentine) n’a pu résister aux charmes de la Toscane italienne où il vit avec son épouse et leurs deux enfants depuis une dizaine d’années. Passionné de football et de musique de son pays, il creuse malgré tout un sillon jalonné de succès remportés sur les plus grandes scènes du monde. Celui qui voulait chanter le rôle du bouffon tragique verdien lorsqu’il avait vingt ans, s’impose aujourd’hui comme l’un des meilleurs ténors lirico leggero de la jeune génération. Frédéric Chambert l’invite pour la première fois à Toulouse dans l’un de ses rôles de prédilection, Ernesto du Don Pasquale de Donizetti.

Rencontre.

Classictoulouse : L’étude d’un rôle passe-t-elle chez vous par l’écoute d’autres interprétations ?

Juan Francisco Gatell :
Pas avant. Je débute toujours mon travail face à la partition seule. Après, effectivement, il m’arrive d’écouter d’autres chanteurs. En fait, lorsque j’ai quitté l’Argentine pour m’installer en Italie, j’ai laissé là-bas tous mes disques. Bon, cela dit, lorsque j’ai commencé à chanter Don Ottavio, quelqu’un m’a confié qu’il lui semblait entendre Luigi Alva. Et c’est vrai que j’ai beaucoup écouté ce ténor dans ce rôle sur disque. Clairement, j’avais alors son interprétation dans ma tête et j’essayais de reproduire son phrasé.


Juan Francisco Gatell
- Photo Gianni Ugolini -
O

: Après Riccardo Muti, quelles sont les personnalités musicales qui aujourd’hui vous impressionnent le plus ?

J. F. G. : C’est une question très difficile car je ne voudrais pas être injuste. Pour faire simple, disons que, professionnellement, je suis en admiration devant le chanteur et le comédien qu’est Jonas Kaufmann. Ce qu’il fait est tout juste incroyable. Je voudrais dire aussi combien j’ai été fasciné par le travail que j’ai effectué avec Michael Haneke à Madrid (ndlr : février 2013 pour Cosi fan tutte). C’est un homme capable de passer une journée à régler cinq minutes de spectacle, au millimètre près. Je suis également très impressionné par la jeunesse et le talent conjugué de Yannick Nézet- Séguin sous la direction de qui j’ai chanté à Salzbourg et à Milan (ndlr : Tybalt dans le Roméo et Juliette de Gounod).

: Vous avez chanté Ernesto en concert et dans de nombreuses productions. Parlez-nous à présent de ce rôle.

J. F. G. : A l’instar du Ferrando de Cosi fan tutte, Ernesto est un rôle techniquement très difficile. Dramatiquement, c’est un personnage étrange car il est presque en dehors de l’action. Tout le monde fait tout pour lui, en particulier Norina, et il l’ignore la plupart du temps. Au début c’est un simple garçon, mais à la fin de l’opéra il sera devenu un homme. Je dis que le rôle est délicat vocalement car plus l’opéra avance et plus le chant est difficile. Il se situe en permanence sur le médium et le registre aigu, en plein sur le passage. Certes il n’y a pas de notes suraiguës, mais tout de même, à certains moments l’orchestre est très présent et il convient de savoir gérer l’ensemble d’une partie plus longue vocalement qu’il n’y paraît dramatiquement. Sans oublier des moments piano pianissimo de plus en plus tendus dans la seconde partie de l’ouvrage.

: Vous allez aborder Fenton dans le Falstaff de Verdi. Suivant l’évolution naturelle de votre voix, est-ce un compositeur dont vous souhaiteriez explorer le répertoire ?

J. F. G. : Bien sûr j’adore Verdi, d’ailleurs quand j’étais plus jeune je voulais être baryton pour chanter Rigoletto, mais aussi Don Giovanni. J’ai déjà chanté Otello, le rôle de Cassio évidemment, sous la direction de Riccardo Muti avec le Maure incroyable d’Aleksandrs Antonenko. Mais, aujourd’hui, mes compositeurs préférés sont Mozart, Bellini et Donizetti.
A part le rôle de Tybalt dans le Roméo et Juliette de Gounod, vous n’avez pas franchement abordé le répertoire français alors que celui-ci semble comporter une multitude de rôles pour votre voix d’aujourd’hui.
Cet été, je vais chanter en Italie La Colombe, de Gounod. Mais il est vrai que pour l’instant je n’ai pas eu l’opportunité d’entrer pleinement dans ce répertoire alors qu’il est le plus juste pour ma voix actuelle avec celui de Mozart.

: Quels rôles aimeriez-vous que l’on vous propose ?

J. F. G. : A vrai dire j’étudie en ce moment Nadir des Pêcheurs de perles. J’espère le chanter prochainement. J’aimerais également que l’on me propose Elvino de La Sonnambula. J’ai étudié Ramiro de La Cenerentola mais la production a été annulée. Et je rêve de Belmonte dans L’Enlèvement au sérail de Mozart.

: Quel est le rôle qui vous hante ?

J. F. G. : (Dans un immense éclat de rire) Don José ! Mais je sais que je ne pourrai jamais.

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 8 avril 2013

 

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Renseignements sur la saison du Théâtre du Capitole :

www.theatre-du-capitole.fr

Représentations de
Don Pasquale  :

Théâtre du Capitole -
19, 21, 23, 26, 28, 30 avril 2013


 
 
 

 

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