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Entretien avec Sébastien Droy - Théâtre du Capitole (08/12/2007)
     

Un ténor formidablement... zen

Il est né il y a un tout petit peu plus de trente ans au pays du champagne. De hautes études en musicologie auraient pu le destiner au professorat en la matière. Heureusement, une autre muse l’a alors inspiré. Invité pour la seconde fois au Capitole de Toulouse, après un Alfred de La Chauve-Souris, il y a pile un an, qui n’était pas passé inaperçu,  le voici dans la jupette de Pâris du chef d’œuvre de Jacques Offenbach, La Belle Hélène, version Jérôme Savary. Tristes s’abstenir !
Rencontre.


Classic Toulouse : Comment s’est manifesté chez vous le goût de l’opéra ?

Sébastien Droy : Effectivement, comme nous venons de l’évoquer,  j’ai un bagage universitaire qui me permettrait de faire de l’enseignement musical.


Sébastien Droy sera Pâris au théâtre du Capitole pour les fêtes de fin d’année

 

A la vérité, j’ai fait ces études car la recherche m’intéresse, et plus spécifiquement celle ayant trait à la culture et à l’analyse musicale. Concernant plus précisément votre question, sachez que jusqu’à 15 ans j’ai détesté l’opéra. Le pourquoi de cet état était complexe. Disons pour faire simple que j’étais alors agressé agréablement dans un jardin secret de façon insupportable. C’est lorsque j’ai décidé de prendre des cours par correspondance en musique et en art plastique que je me suis trouvé confronté, obligatoirement, au genre lyrique. En effet, la première œuvre que j’ai eu à étudier, de façon universitaire, fut le grand air d’Orphée de Gluck. J’ai dû l’écouter en boucle cent cinquante fois. Petit à petit, les barrières sont tombées et finalement j’ai pris la décision de faire du chant dès que j’aurais atteint mes 18 ans.

Ce fut une vraie révélation. A 20 ans je passais le concours d’entrée au CNR de Reims et, à partir de là, tout s’est enchaîné normalement.

: Y-a-t’il des œuvres importantes dans votre jeune carrière ?

S. D. :
Certainement L’Enfance du Christ de Berlioz et l’Idoménéo de Mozart. Ce sont des œuvres que j’ai déjà chantées et que j’aimerais beaucoup croiser à nouveau dans ma carrière. La version ténor d’Idamante est magnifique et très riche en émotion.

: Au travers de votre répertoire actuel, oscillant entre opérette, opéra-comique et opéra, il semblerait qu’un compositeur se détache : Mozart.


S. D. : Complètement. Que ce soit dans ses œuvres de chambre, symphoniques ou lyriques, je suis un inconditionnel de ce compositeur. J’ai eu la chance de chanter déjà Don Giovanni, L’Enlèvement au Sérail, Cosi fan tutte, Il Re pastore, La Flûte enchantée et Idoménéo. Ces ouvrages sont la colonne vertébrale de ma progression professionnelle. Dès qu’on me les propose, j'accepte immédiatement, si mon planning le permet.

: Comment définissez-vous votre voix ?


S. D. : La question est délicate. Je sais que, pour l’instant, je ne suis ni un ténor lyrique ni un ténor léger. Je sais que ma voix va me conduire vers le Bellini de Sonnambula, puis il y aura Donizetti certainement, mais je prendrai ce chemin avec prudence. A l’évidence j’ai un timbre mozartien et c’est dans ce répertoire que l’on m’attend pour l’instant.

: Vous avez déjà chanté La Belle Hélène ?


S. D. : Une fois, il y a deux ans, lors d’un festival d’été. Vous dire si Pâris est un rôle difficile ? Oui certainement car il faut faire attention à quelques Si bémol. Mais en fait j’ai de la chance car je viens de terminer une série d’Idoménéo. Or, outre que la tessiture est la même, Idamante est quand même beaucoup plus lourd. Donc je suis en toute sérénité pour cette série de Belle Hélène.

: Votre programme à venir


S. D. : Don Giovanni à Monte Carlo, Orphée aux Enfers en  Avignon, Le Barbier de Séville à Nancy et Jaquino de Fidélio à l’Opéra du Rhin.

: Certains rôles sont déjà en ligne de mire ?


S. D. : Curieusement non. Je n’ai pas appris le chant pour interpréter tel ou tel personnage mais clairement pour la beauté et l’art du chant, la découverte d’un instrument qui est un formidable moyen d’expression. En fait je m’assimile à un peintre cherchant des traits, des structures, des couleurs, des harmonies. Je pense que le meilleur endroit pour développer cette recherche est incontestablement la mélodie ou l’oratorio. Les rôles induisent d’autres plaisirs.

: Quel rapport entretenez-vous avec le public ?


S. D. : J’aime tisser avec le public comme une passerelle de plaisir, un lien vibratoire au bout duquel chacun va trouver une énorme satisfaction. Mais pour cela il faut que je maîtrise cette liberté et ce plaisir du son qui forment ma recherche actuelle, contenir cette onde vocale lumineuse qui part dans la salle. Lorsque j’y parviens, c’est complètement magique.

: Votre training ?


S. D. : J’adore travailler sur les disciplines qui relâchent le corps et le débarrassent de toute tension. Ayant pratiqué le Chi Kong, j’aimerais avoir le temps de pratiquer certains arts martiaux. Je profite de rencontres avec des metteurs en scène qui ont une approche quasiment chorégraphique pour approfondir cette perspective de mon métier. Prochainement, je pense faire un stage de clown, non pas dans l’acception « cirque » classique, mais plutôt dans tout ce qu’il peut véhiculer d’émotionnel. Si j’avais le temps je ferais aussi de la danse et du mime.


Propos recueillis par Robert Pénavayre le 8 décembre 2007

 

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Représentations : du 22 au 30 décembre 2007

Renseignements et réservations : www.theatre-du-capitole.org
 

 

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