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Ballet de l'Opéra National de Paris / Dorothé Gilbert / 02/05/2007)
     
Dorothée Gilbert dans Don Quichotte (photo Icare)


« Le Ballet de l’Opéra de Paris : une île dorée »


Tenue souple et décontractée, sourire à désarmer sur place une armée ottomane, regard pétillant masquant, à peine, un tempérament bien trempé, voilà le premier contact avec Dorothée Gilbert, une jeune toulousaine de 23 ans qui creuse avec certitude un sillon profond dans le monde de la danse.

Entrée dans la prestigieuse Ecole de danse de l’Opéra de Paris en 1995, elle est admise, à 17 ans, dans le non moins prestigieux Corps de Ballet de l’Opéra National de Paris. Brûlant littéralement les étapes, Dorothée Gilbert est nommée en 2005 Première Danseuse.


Dorothée Gilbert dans Don Quichotte (photo Icare)

RENCONTRE

ClassicToulouse  : Cette envie de danse vient-elle d’une disposition innée, d’une rencontre, d’un entourage ?
Dorothée Gilbert : Innée, je pense, car, lorsque j’étais petite et que ma mère se mettait au piano, il fallait que je bouge systématiquement sur les musiques qu’elle interprétait. S’apercevant de cette disposition, elle m’a inscrite dans un cours de quartier. J’avais une dizaine d’année lorsque j’ai demandé à ma mère si la danse pouvait aussi être un métier. Elle ne m’en a pas dissuadé bien au contraire et c’est comme cela que je me suis retrouvée inscrite au Conservatoire de Toulouse. Puis j’ai présenté les concours de Paris et de Marseille. Admise aux deux, j’ai choisi Paris.

 : Vos parents semblent avoir joué un rôle déterminant dans votre carrière.
DG : Effectivement car non seulement ce n’était pas du tout leur milieu mais en plus ils ont été particulièrement ouvert dans leur réflexion, surtout par rapport à leur fille unique. Il me faut dire aussi qu’ils se sont installés à Paris afin que je ne sois pas interne. Le luxe ! Cela dit ils m’ont toujours beaucoup plus assisté qu’autre chose, sans aucune pression de quelque nature. Ils n’ont jamais associé leur aide à un sacrifice. Pour moi c’était très important.

 : La vie à l’Ecole de Danse de Nanterre ?
DG : Je sais qu’il y a eu une polémique il y a quelques temps, dans la presse, au sujet des rythmes de travail à l’Ecole de Danse. La danse étant, du moins pour moi, une passion, elle implique des « sacrifices » en termes de rythme et d’hygiène de vie. C’est clair. Sinon le corps ne peut pas suivre. La danse est une discipline difficile, réclamant une remise en cause journalière. L’apprentissage est une école de rigueur. Sans se faire mal, tous les jours il faut essayer d’aller plus loin. Je comprends parfaitement que ceux qui, finalement, décrochent, réfutent cette discipline. Ecole le matin, danse l’après-midi, quand on aime la danse, c’est génial.

 : A la fin de vos études, vous avez choisi le ballet de l’Opéra de Paris ?
DG : C’est simple, ceux qui n’y rentrent pas c’est qu’ils n’y ont pas été admis à la suite du concours car je pense qu’il n’y a pas mieux au monde. C’est une véritable île dorée. A la vérité, dès que l’on rentre à l’Ecole de danse, on rêve tous d’intégrer cette troupe. On y pratique le classique autant que le contemporain avec un répertoire énorme et ce avec les meilleurs maîtres dans chaque discipline. En plus, il faut savoir que l’on est embauché immédiatement en CDI jusqu’à 42 ans, l’âge de la retraite pour nous. Aucun corps de ballet au monde n’offre de pareilles conditions. De ce fait, toute notre énergie et notre attention peuvent se concentrer sur notre métier.

 : Vos goûts personnels vous attirent-ils vers le classique ou le contemporain ?
DG : Pour moi, tout est intéressant et, en plus, les deux se complètent. Cela dit, aujourd’hui, je préfère le classique, peut-être est-ce une question d’âge.

 : Le rôle qui vous fait rêver ?
DG : Juliette ! D’abord parce que j’adore la partition de Prokofiev, ensuite parce que, dans ce ballet, Juliette passe par tout le spectre émotionnel. L’histoire en plus est sublime.

: Etre étoile, un autre rêve ?
DG : On ne court pas après ce titre, on devient, ou pas,  étoile. Le mieux est de ne pas attendre une pareille nomination qui, de toute façon,  se mérite, tout simplement. C’est une affaire de personnalité, d’aura.

 : Votre prochain grand rendez-vous ?
DG : « La fille mal gardée » ici en fin de saison puis « Le Lac des cygnes » au Japon en tournée avec Manuel Legris. Cette fois, le rêve s’accomplit.

C’est là-dessus que cette petite sylphide née sur les bords de la Garonne me quitte, sur une ultime pirouette étincelante d’un sourire confondant de fraîcheur et de joie. Et de bonheur.


Propos recueillis par Robert Pénavayre



 

 


 

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