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Concours International de Chant 2006
Entretien avec Joan Matabosch (14/09/2006)
     

Joan Matabosch
 

 

Joan Matabosch, directeur artistique du Liceu de Barcelone

« Ce que nous recherchons, ce sont des talents » Joan Matabosch

 

A la tête des choix artistiques de la grande scène catalane depuis sa réouverture en 1996, Joan Matabosch a fait du Liceu l'une des scènes les plus suivies par la presse musicale et par le public des mélomanes européens. S'attachant les grandes voix du moment mais aussi des metteurs en scène comme Calixto Bieito, il a su donner une nouvelle jeunesse et un nouvel élan à la vénérable institution lyrique des ramblas barcelonaises.

 

Il était à Toulouse en ce mois de septembre 2006, siégeant pour la troisième fois (1998/2004/2006) au jury du Concours International de Chant de la Ville Rose.

Classictoulouse : Vous êtes un habitué du Jury du Concours de Chant de Toulouse. Avez-vous noté des évolutions majeures ces dernières années ?

Joan Matabosch : Le Concours de Chant de la Ville de Toulouse garde un niveau exceptionnel grâce, d'une part, à la tradition lyrique de votre ville, bien connue à l'échelle internationale, mais aussi parce qu'il est le premier des concours vocaux français. Il est important de contrôler la prolifération des concours de chant car sinon cela pourrait se traduire par une détérioration du niveau artistique. Toulouse sait garder en la matière une remarquable exigence et il est particulièrement intéressant pour moi de participer à ce jury car c'est souvent un premier contact avec des artistes qui feront parler d'eux dans l'avenir.

: Comment expliquez-vous la formidable percée de l'Extrême Orient en matière lyrique, genre qui leur est culturellement complètement étranger ?

Joan Matabosch : Il est fort difficile d'expliquer l'irrésistible présence d'artistes orientaux dans nombre de concours de chant occidentaux, surtout si l'on tient compte du fait que très peu d'entre eux finissent par faire carrière dans les théâtres. Jusqu'à présent, ces artistes, à quelques exceptions près, ont fait davantage carrière, si l'on peut dire, dans les concours que sur des scènes. Mais j'ai la sensation que cet état de chose va changer, non seulement parce qu'aujourd'hui, leur préparation technique n'a rien à envier à celle des occidentaux, mais aussi parce que, dans un monde où les flux de communication sont en très forte croissance et où les identités culturelles ont tendance à se dissoudre, leur éloignement de la sensibilité des opéras qu'ils interprètent sera de moins en moins grand.

: Quelle est, pour vous, la grande école de chant actuelle ?

Joan Matabosch : Je suis ouvert à des écoles de chant, à des techniques et à des sensibilités très distinctes dans l'art du chant, mais, par expérience, je constate que les chanteurs américains, anglais et allemands sont généralement fort bien préparés à exercer leur métier. Dans le monde du chant, nous recherchons non seulement de bons professionnels, mais aussi et surtout des talents exceptionnels. Or, ces talents peuvent venir de partout.

 : Sept ans après sa réouverture, comment va le Liceu de Barcelone ?

Joan Matabosch : Il me semble que notre théâtre est un théâtre tourné vers de nouvelles esthétiques. Il dispose, certes, d'une histoire longue et brillante mais il veut aujourd'hui syntoniser son action avec d'autres secteurs et avec une conception plus dynamique de l'opéra. En quelque sorte, on veut être un modèle qui répond aux attentes des amateurs et de ceux qui s'intéressent à l'opéra comme un produit culturel de plus, compatible avec d'autres formes de consommation culturelle. Je crois qu'il est possible de synthétiser l'évolution progressive du Liceu au cours de ces dernières années comme suit : il s'agit de faire en sorte que l'opéra cesse d'appartenir exclusivement à certains privilégiés et aux amateurs, et de faire en sorte qu'il devienne une habitude de consommation culturelle pour une plus grande part de la population.

La croissance du nombre d'abonnés - de 7000 en 1994 à 24700 en 2006 - est un signe fort de la réussite de cette politique.

 

Propos recueillis par Robert Pénavayre

 

 

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