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Entretien avec Frédéric Chambert - Direction du Théâtre du Capitole (17/05/2010)
     


Le retour de l’opéra et de la danse au Capitole

La saison 2010-2011 du Capitole est particulièrement excitante, tant en termes de programmation que de voix nouvelles à découvrir. Rencontre avec son directeur artistique : Frédéric Chambert.


Frédéric Chambert - © Patrice Nin

Classic Toulouse  : Tout en sachant qu’il reste encore à venir La Flûte enchantée et Les Vêpres de Monteverdi, quel bilan tirez-vous aujourd’hui de votre première saison au Capitole, une saison un peu spéciale, « hors les murs » ?

Frédéric Chambert : Merci de rappeler que cette saison n’est pas encore terminée. Cette saison « hors les murs » qui s’achève constitue un véritable slalom spécial et la chute est toujours possible jusqu’à l’arrivée. Cela dit, l’immense satisfaction pour moi est de constater, mais je le savais auparavant, que le Capitole est une grande institution qui tient le cap dans les pires conditions techniques et logistiques. D’extrêmes compétences se sont retrouvées à tous les maillons de la chaîne. Donc un grand merci à l’ensemble du personnel. L’autre grand motif de satisfaction est de voir combien un public, abonné ou occasionnel, fatalement perturbé par tous ces changements de lieux, a suivi nos programmes. On constate même une augmentation du nombre de places vendues de 15%. Le challenge aujourd’hui est donc de savoir comment satisfaire, dans la salle du Capitole qui joue la plupart du temps à guichet fermé, un public qui s’est considérablement agrandi.

 : Peut-on dire que la saison 2010-2011 sera votre véritable première saison ?

F. C. : Ce sera ma « seconde » première saison. Celle qui s’achève aura été celle de la douleur, de la contrainte, des compromis et des négociations. Mais je suis persuadé que la beauté naît de la contrainte. Par contre aujourd’hui je me sens d’ici, j’ai compris me semble-t-il le public du Capitole et la future saison sera pour moi ma première saison de « Toulousain ».

 : Quels sont les axes de cette future saison ?

F. C. : La recherche d’un certain équilibre dans la programmation entre ouvrages connus et moins connus, entre répertoires différents, le retour à ce qui fait la force et la noblesse du Capitole : la volonté d’engager de jeunes artistes, certains dans la carrière mais inconnus, d’autres à l’aube de leur vie professionnelle. Beaucoup d’entre eux n’ont jamais chanté en France et nombreux sont ceux qui effectueront au Capitole des prises de rôle majeures pour leur carrière. C’est une prise de risque considérable que j’assume totalement. En procédant de la sorte, mon prédécesseur Nicolas Joel a ainsi fait débuter à Toulouse des interprètes qui sont aujourd’hui d’immenses stars, Roberto Alagna, Juan Diego Florez et Marcelo Alvarez entre autres. Je vais m’efforcer de faire aussi bien. De plus je sais à présent que le public toulousain est assez attentif et généreux pour apprécier ces jeunes talents à leur valeur, ainsi que la démarche que je leur propose. Bien sûr il y aura également quelques grands noms, comme Ricarda Merbeth par exemple.

 : La crise économique actuelle affecte-t-elle l’activité du Capitole ?

F. C. : La vie du Capitole est très liée aux moyens que la Ville de Toulouse veut bien lui octroyer. Je tiens à souligner que la municipalité couvre à elle seule 96% du budget capitolin, le solde est couvert par l’Etat, cas unique en France pour une maison de ce niveau. Je ne dis pas que le budget du théâtre n’a pas été affecté dernièrement mais, en même temps, la Ville  recrute 20 musiciens de plus pour l’Orchestre, ce qui constitue des moyens supplémentaires pour le théâtre. J’ai le sentiment d’un soutien indéfectible des élus toulousains pour notre institution.

 : La saison 2011-2012 est-elle bouclée ?

F. C. : Elle est construite si l’on s’en tient aux artistes et aux ouvrages. Mais une saison c’est bien plus que cela. Autour des œuvres programmées il y a une multitude d’activités pédagogiques, de réunions d’études, voire des expositions, des récitals, des concerts avec le chœur. Et tout cela n’est pas encore arrêté, c’est trop tôt. Cela dit, plusieurs productions sont bouclées pour 2012-2013 et 2013-2014.

 : Nicolas Joel a tissé des liens professionnels entre Madrid, Milan, New York, Londres, etc. Qu’en est-il de vos projets de coproductions ?

F. C. : La prochaine saison, la coproduction de Belshazzar est faite avec Berlin. En 2011-2012, nous aurons à Toulouse une coproduction avec le Liceu de Barcelone. La saison d’après, ce sera une énorme coproduction entre Londres, Milan, New York et Toulouse, en fait il s’agit de Manon dans une mise en scène de Laurent Pelly. A noter que sur cette production du chef d’œuvre de Massenet, le Capitole fera l’ensemble des costumes, c’est dire le prestige de nos ateliers dans le monde entier.

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 17 mai 2010

 

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Renseignements et réservations :

www.theatre-du-capitole.org
 
Lire la présentation de la saison lyrique 2010-2011 du théâtre du Capitole

 

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