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Entretien avec Carmen Giannattasio - Théâtre du Capitole - 17/09/2010
     

L’étoile montante du bel canto transalpin

A quelques jours de ses débuts français au Capitole de Toulouse, Carmen Giannattasio nous dévoile les débuts de sa carrière, aujourd’hui largement internationale, ainsi que ses ambitions. Sans oublier de nous parler de cette Mimi avec laquelle elle va rencontrer le public du Capitole, un public qu’elle retrouvera dès la saison 11/12 pour les reprises d’Il Trovatore.

Classictoulouse  : Carmen Giannattasio, vous êtes italienne mais vous parlez un français remarquable !

Carmen Giannattasio : Mon français est celui que j’ai appris à l’école et je crois que je m’en souviens assez pour pouvoir communiquer, c’est le plus important. Tant pis pour l’accent ! Aujourd’hui je vis encore en Italie, mais je pense m’installer à Londres dès l’année prochaine car j’y ai beaucoup d’amis et, pour le travail c’est bien plus confortable. D’autant que ma maison de disque (ndlr : Opera rara) est basée à Londres.

 

: Vous avez vécu une rencontre déterminante quant à votre carrière

C. G. : Oui, effectivement, avec Leyla Gencer (ndlr : 1928-2008), une soprano turque qui, elle, parlait un admirable français car, m’a-t-elle confié un jour, sa nounou était française. Je l’ai rencontrée alors que je n’avais pas encore fini le conservatoire. C’est elle qui m’a poussée à concourir pour l’Académie des Jeunes Chanteurs de la Scala de Milan. J’ai été reçue et j’y suis restée deux ans. A vrai dire, ma relation avec Leyla Gencer oscillait en permanence entre amour et haine. C’est très difficile de travailler avec des monstres sacrés des années 50 ! Je l’ai rencontrée à nouveau plus tard lors de la finale du concours Operalia en 2002.

Lorsque j’ai vu qu’elle était au jury, j’ai cru que c’était perdu d’avance pour moi. J’ai chanté la grande scène d’Il Pirata de Bellini. Elle n’a posé le journal, qu’elle lisait ostensiblement, que lorsque j’ai attaqué la cabalette, avec la même véhémence que Callas à la Scala s’adressant à Ghiringhelli. Finalement j’ai gagné le Premier prix ainsi que le Prix du public. Leyla Gencer est venue alors vers moi et m’a dit que j’avais bien chanté, mais étrangement, comme une sorcière ! Depuis nous étions redevenues amies. 

: Mozart occupe peu de place dans votre répertoire

C. G. : En fait, ma voix est un peu lourde pour Mozart. Certes je peux faire des personnages très dramatiques comme Vitellia ou Elektra. A mes débuts, j’ai chanté la Comtesse des Noces de Figaro. Je me suis alors juré de ne plus recommencer. Les deux arias de ce personnage sont pour moi absolument terrifiantes à chanter.

: Comment définissez-vous votre voix ?


C. G. : Je dirais simplement que je suis une voix. J’ai horreur des classements. J’examine une partition, qu’elle soit traditionnellement interprétée par un soprano léger ou un mezzo, et je regarde si c’est pour moi ou pas. La nature m’a doté d’une voix étrange. Tout mon appareil vocal est celui d’un mezzo et mes cordes vocales sont typiquement celles d’un soprano. C’est pour cela qu’Opera rara m’a choisie pour enregistrer les rôles écrits pour Falcon et Colbran. De plus Leyla Gencer m’a appris à la perfection la technique du poitrinage. Elle m’a aussi inculqué la science de la couleur car il faut avant tout chanter un personnage avant de chanter une partition. On ne chante pas Mimi avec la même voix que l’Ermione de Rossini.


Carmen Gianattasio dans le rôle de Gulnara – Il Corsaro (Verdi) à
l'opéra de Zurich
 
: Mais revenons-en à Mimi

C. G. : C’est un rôle très difficile et, comme tous les rôles pucciniens, Mimi est écrit pour une voix importante. Les personnages féminins de Puccini sont des petites femmes fragiles mais l’orchestre qui les accompagne est particulièrement lourd et la voix doit le passer, spécialement au troisième acte de cette Bohème. Il y a des aigus comme dans toute partition mais globalement l’écriture est très centrale et le grave est souvent sollicité. La voix doit être alors capable de projeter ces registres.

: Votre répertoire verdien est celui composé par le jeune Verdi

C. G. : Effectivement. Bien sûr, depuis quelques années on me propose Aïda et Ballo in maschera mais je refuse car ce sont des rôles pour des cantatrices plus avancées dans la carrière que moi. Un jour certainement, mais pas encore.

: Et le répertoire français ?

C. G. : Pour l’instant La Juive, Rachel est un vrai challenge et la Salomé d’Hérodiade, parfaitement écrite pour ma voix. Au début de ma carrière je chantais Micaela, mais si un jour je reviens à Carmen, ce sera pour le rôle-titre. J’en rêve car, enfin, ce n’est pas un rôle de faible femme. La Gencer m’a appris aussi tous les secrets pour survivre au rôle de Lady Macbeth car elle pensait qu’un jour je le chanterais. Avec ce type d’emploi, il faut être particulièrement prudent !

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 17 septembre 2010

 

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Renseignements sur la saison du Théâtre du Capitole :

www.theatre-du-capitole.fr

Représentations de
La Bohème  :

Théâtre du Capitole -
du 5 au 17 octobre 2010





 
 
 

 

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