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Entretien avec Andrew Schroeder - Œdipe (G. Enescu) - Théâtre du Capitole (10/10/08)
     
   

« Le Capitole est ma seconde maison dans le monde ! »

L’ouverture de la saison lyrique 2008/2009 du Capitole  est l’occasion inestimable pour Nicolas Joel de faire entrer au répertoire du théâtre qu’il dirige depuis 1990 l’un des plus indiscutables chefs d’œuvre de l’opéra du XXème siècle : Œdipe, du compositeur roumain George Enescu (1881-1955), ouvrage qui fut créé à l’Opéra de Paris, et en français, en 1936.
Le quatuor bien connu à présent des grandes réussites lyriques toulousaines s’est reformé pour cet évènement : Nicolas Joel (mise en scène), Ezio Frigerio (décors), Franca Squarciapino (costumes) et Vinicio Cheli (lumières). Pinchas Steinberg, un autre habitué des grands rendez-vous capitolins sera au pupitre. 
Parmi une distribution particulièrement étudiée et somptueuse, qui verra les débuts dans le rôle titre de Franck Ferrari, nous avons rencontré Andrew Schroeder. Interprète de luxe dans un emploi épisodique (Thésée), Nicolas Joel l’a invité à deux autres reprises cette année.


Le baryton américain Andrew
Schroeder est invité pour trois
spectacles de la saison 2008/2009
du Théâtre du Capitole

 

Classic Toulouse  : Après Eugène Onéguine et Roméo et Juliette (1993), Billy Budd (1994), Capriccio (1995), Arabella  et La Femme sans Ombre (2006), vous revoici au Capitole de Toulouse cette saison pour trois autres spectacles, Œdipe (Thésée), Les Noces de Figaro (Le Comte) et Faust (Valentin).

Andrew Schroeder : Aucun autre théâtre au monde ne m’a offert autant d’opportunité de m’exprimer et de développer mon talent et mon répertoire. C’est une seconde maison pour moi. Par rapport à la qualité des équipes, c’est certainement le meilleur théâtre de France, à tous les niveaux. A l’étranger, lorsque les collègues me demandent des renseignements sur le Capitole, je leur réponds que le personnel de cette maison est assurément l’un des plus professionnels que j’ai rencontrés.

De plus, la programmation de Nicolas Joel est absolument passionnante. C’est assurément à lui que le Capitole doit son niveau actuel. Il est toujours à la recherche de nouveaux talents et ensuite il les accompagne. Pour nous c’est extraordinaire.
Quant à ses mises en scène, elles ont la qualité incroyable de nous laisser des libertés d’expression… dans un cadre donné.


 : Vous participez à la création à Toulouse de l’Œdipe de George Enesco. C’est votre premier contact avec cet ouvrage ?

A. S. : Oui, bien sûr. C’est un ouvrage très peu donné. Et c’est dommage. Cet opéra fait parti de ces compositions du début du 20ème siècle  injustement oubliées. La musique est très originale, les couleurs sont très spéciales et me rappellent celles de Rachmaninov sauf qu’elles sont typiquement roumaines. Cela dit, avec cet opéra, on a l’impression d’être avant tout au théâtre.

 : Votre répertoire est particulièrement éclectique. Est-ce un hasard ou une volonté délibérée ?

A. S. :
C’est un hasard complet mais j’en suis extrêmement content. A part Cosi fan tutte, pendant les sept premières années de ma carrière je n’ai jamais chanté deux fois le même opéra. Chaque fois, il s’agissait d’une prise de rôle. Encore aujourd’hui, les prises de rôles se multiplient. Et c’est tant mieux car cela me fait côtoyer beaucoup de compositeurs différents. J’apprends aussi énormément sur des situations historiques, sociales. C’est passionnant. Je ne peux pas concevoir de me cantonner à une poignée de rôles.

Andrew Schoeder dans le rôle de
Billy Budd (B. Britten) en 1994 au
Théâtre du Capitole
 

 : Quelle place accordez-vous dans votre carrière à la mélodie ?

A.S. : Pas une grande place… malheureusement. A l’université j’ai beaucoup chanté la mélodie afin de construire ma voix. Et puis, l’opéra a complètement supplanté la mélodie car, comme j’aborde énormément de rôles, cela me demande beaucoup de travail. Or, pour les récitals, il faut de longs moments de préparation avec le pianiste. Et je regrette car musicalement c’est à ce moment là que l’on peut donner le meilleur de soi-même.

: Vous venez d’aborder le rôle titre de Don Giovanni à Sydney.

AS : C’était le dernier Mozart qui me manquait.

A vrai dire, je l’espérais depuis longtemps car c’est aussi un rôle fantastique de comédien. Certes j’en avais souvent chanté des extraits mais l’interpréter intégralement est littéralement fabuleux. Et aussi un vrai défi ! Malheureusement je n’étais pas trop en harmonie avec la mise en scène…

 : Quelles sont vos prochaines prises de rôles et engagements ?

A. S. :
Je vais chanter Le Joueur de Prokofiev (prise de rôle) à Lyon puis je reviens en Australie pour mon premier Albert (Werther). Autre prise de rôle, aux Etats-Unis, le Nevers des Huguenots. Retour à Toulouse en juin 2009 pour Valentin, que j’ai souvent chanté auparavant, puis Iphigénie en Aulide (Agamennon) à Bruxelles fin 2009. Voilà pour l’immédiat.

 : Quel rôle attendez-vous que l’on vous propose ?

A. S. :
Certainement Eugène Onéguine car j’adore ce rôle. Mais le rôle que j’attends depuis toujours, peut-être pas pour l’immédiat mais bientôt quand même : Wozzeck. C’est un personnage incroyable, c’est le sommet des rôles de baryton. Le rôle des rôles !

Propos recueillis par Robert Pénavayre le 20 septembre 2008

 

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Renseignements et réservations :

www.theatre-du-capitole.org


 

 

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