www.classicToulouse.com
ARCHIVES
 

 

Théâtre du Capitole - Andrew Schroeder - Arabella 09/02/06
     

Andrew Schroeder sera Mandryka au Capitole de Toulouse
 

Le retour de Billy

 

La reprise au Capitole de Toulouse de l'Arabella de Richard Strauss est l'occasion de retrouver le baryton américain Andrew Schroeder. Interprète applaudi sur notre scène de Mercutio (Roméo et Juliette), Eugène Onéguine (rôle-titre), du Comte (Capriccio), il reste avant tout comme le formidable créateur in loco du chef d'oeuvre de Benjamin Britten : Billy Budd.
Dix ans après, quel artiste nous revient ?


ClassicToulouse : Quel est votre plus beau souvenir toulousain ?

Andrew Schroeder : C'est celui de mes débuts en 1993 dans Eugène Onéguine. Nicolas Joel venait de me proposer de faire mes débuts européens dans son prestigieux théâtre J'étais alors un tout jeune chanteur et, pour la première fois de ma courte carrière, je me voyais affiché dans toute la ville pendant plusieurs semaines, ce qui ne se fait jamais aux USA. C'était d'autant plus important ici que l'opéra, comme toute la culture musicale d'ailleurs, est ancré dans le coeur des toulousains quasiment de manière génétique, alors qu'aux USA c'est un genre importé.

Vous venez de chanter Le Barbier de Séville à Venise

Ce fut une chose incroyable pour moi car j'étais dans une équipe entièrement italienne et dans une ville de grande tradition lyrique. C'était exactement la même émotion pour moi lorsque j'ai chanté Roméo et Juliette à Toulouse. Chaque fois c'était pour moi une épreuve mais aussi un honneur. En ce qui concerne Venise, c'est au Théâtre Malibran que j'ai chanté le Barbier car la nouvelle Fenice n'était pas encore ouverte à l'opéra. Pour La Fenice j'ai participé également à la tournée de Traviata au Japon. J'ai par contre chanté dans le nouveau théâtre le Pia de Tolomei de Donizetti et le Requiem de Fauré pour la première saison ouverte à l'opéra.

Voilà donc dix ans que vous n'êtes pas venu à Toulouse, quel artiste les mélomanes vont-ils découvrir ?

J'espère un chanteur avec dix années de maturité supplémentaires. Pendant ce temps je me suis produit, à part l'Afrique et l'Amérique du Sud, partout dans le monde. Aujourd'hui je chante en cinq langues différentes et j'ai l'expérience d'une multitude de manières de travailler. Quant à mon répertoire, il s'étend de Monteverdi à John Adams. Ce dernier point a toujours fait parti de mes souhaits : ne jamais m'enfermer dans une gamme de cinq ou six ouvrages et, si possible, partir toujours à la découverte non seulement d'oeuvres anciennes mais aussi d'opéras contemporains. Bien sûr je prends beaucoup de plaisir à interpréter des oeuvres du grand répertoire, mais pour moi cela ne peut suffire, j'éprouve le besoin d'aller au devant de risques, certainement calculés, mais qui repoussent les limites de mes possibilités. Ce sont toutes ces expériences qui ont fait le chanteur, le personnage et même la personne que je suis aujourd'hui. Je pense que cela me permet d'exprimer de façon plus complète les personnages que j'aborde sur scène aujourd'hui. Autant vocalement que dramatiquement.

Si on veut illustrer votre propos, on peut parler du rôle de Kovaliov (Le Nez, de Chostakovitch)

C'était l'opéra de tous les dangers : la langue, l'immensité du rôle, beaucoup de texte. Pour intéresser le public il faut donner en permanence 150% de ses possibilités. C'est un opéra complètement fou mais passionnant à plus d'un titre.

Arabella ne fait pas partie des oeuvres les plus affichées de Strauss

Je ne comprend pas effectivement car c'est une histoire très directe que le public peut comprendre immédiatement. On est loin des problèmes métaphysiques de La Femme sans Ombre. En plus la distribution est relativement aisée à trouver car il n'y a pas d'emploi d'exception comme par exemple le rôle-titre d'Otello. De plus la musique est d'une souveraine beauté. Votre question est bonne mais je n'ai pas de réponse. C'est d'autant plus incompréhensible que cette histoire de coup de foudre amoureux est vraiment une chose qui n'est pas datée, éternelle en somme. Quant aux mariages arrangés, cela existe toujours.

Votre personnage de Mandryka

Mon personnage, celui de Mandryka, est le seul « honnête » de cette oeuvre. Non pas que les autres soient malhonnêtes, mais Mandryka est un paysan simple, éduqué et riche. Il avance dans la vie avec sérénité car il imagine que ce qu'il dit est la vérité. En fait il ne cache rien de son existence. Tous les autres personnages trichent plus ou moins. Y compris Arabella même si son amour pour Mandryka est sincère.

Après Arabella à Toulouse, quels sont vos projets immédiats ?

Je chante Cosi (Don Alfonso) à Marseille, Le Nez à Lisbonne, Roberto Devereux à Bergame, voilà pour tout de suite.

Quels opéras aimeriez-vous que l'on vous propose ?

Ceux que je ne connais pas. J'exagère bien sûr, mais.à peine !

 

 

Propos recueillis par Robert Pénavayre

     
     

 

infos
 
 
 
 

 

copyright © 2007
www.classictoulouse.com
- tous droits réservés -
infos légales

 

 

 

entretiens - festivals - concerts - danse - opéra - disques - dvd - partenaires - contacts - liens - index