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Entretien avec Alfonso Caiani - Chef du choeur - Théâtre du Capitole
(11/09/2009)
     
   

« Dans  un chœur, ce que je cherche avant tout,
c’est la couleur »

Alfonso Caiani, le nouveau chef des chœurs du Capitole de Toulouse, est un pur produit de la Scala de Milan. Diplômé en direction d’orchestre, de chœurs, en composition musicale et polyphonique, cet Italien de 46 ans qui, très tôt, chante dans des chorales, fait des classes prestigieuses sur le tard (il avait 20 ans !) mais sous la direction d’un maître incontesté en la matière, l’actuel directeur des Chœurs du temple lyrique scaligère : Bruno Casoni. Il croise, dans ses jeunes années d’études, des légendes de l’opéra : Gianandrea Gavazzeni et Riccardo Muti.
Le voici donc aux commandes pour trois ans de la phalange capitoline, prenant ainsi la succession de Patrick Marie Aubert parti, sur les traces de Nicolas Joel, à l’Opéra de Paris.


Rencontre.


Alfonso Caiani
(Photo Patrice Nin)

 

Classic Toulouse  :
Pourquoi Toulouse ?

Alfonso Caiani : En vérité je ne connais pas Toulouse à part deux choses : le Capitole est le second théâtre de France et son Concours de Chant est prestigieux. Jusqu’à ce jour également je n’avais pas souhaité m’attacher à un théâtre par peur d’entrer dans une certaine routine et donc de m’ennuyer. Dans les années passées, il m’avait été proposé Gènes et Turin. J’ai toujours refusé. Aujourd’hui, je pense que le moment est venu pour moi.
De plus, le Capitole est une scène internationale façonnée par des personnalités comme Michel Plasson et Nicolas Joel. L’offre de Frédéric Chambert était trop tentante.


: Vous travaillez avec le chœur du Capitole depuis quelques semaines sur le Simon Boccanegra qui ouvre cette saison. Quelles qualités avez-vous rencontrées dans cette phalange ?

A.C. : J’ai trouvé des artistes qui on été bien managés et qui ont envie de travailler. Leur niveau vocal permet de réaliser tout ce que je souhaite, c’est une énorme qualité. De plus, je sens chez eux une véritable motivation.

: Qu’exigez-vous d’un chœur ?

A.C. : Le rythme, la justesse, la couleur (c’est ce que j’aime le plus), et l’esprit. Tous ces paramètres doivent se transformer en musique. Le chœur doit être également flexible et pouvoir, en plus de mon travail, suivre les intentions du chef d’orchestre.

: Vous pouvez revenir un instant sur la couleur ?

A.C. : Bien sûr. Typiquement, la couleur française est plus claire que l’italienne. Cela dit, je pense que la couleur pour chanter Mozart, par exemple, n’est pas la même que celle souhaitée pour les opéras de Verdi. Tout doit concourir dans mon travail à trouver la couleur la plus appropriée à chaque ouvrage. C’est très technique et je suis d’ores et déjà sur cette problématique pour Simon Boccanegra.

: Quelles sont les difficultés de cette saison ?

A.C. : Il y en a plusieurs. Tout d’abord la saison est très riche et ensuite elle est déplacée dans plusieurs lieux. Musicalement, il y a deux rendez-vous redoutables mais magnifiques. C’est d’abord l’Euryanthe de Weber, une œuvre somptueuse mais qui demande un chœur, particulièrement les hommes, d’une grande virtuosité. En fin de saison nous chanterons en la Cathédrale Saint Etienne les fameuses Vespro della Beata Vergine de Claudio Monteverdi. Toute la phalange du Capitole ne participera pas car l’œuvre ne nécessite qu’une vingtaine de choristes ayant l’aptitude bien précise à ce répertoire. En fait, il me faut des voix légères. C’est un très beau projet mais extrêmement difficile. Je me suis rendu compte qu’il y avait une grande tradition toulousaine de musique ancienne, je parle de l’Ensemble les Eléments, des Sacqueboutiers, du Festival Toulouse les orgues. Je suis vraiment très heureux de travailler ce projet avec l’aide précieuse de Jean-Pierre Canihac (ndlr : le patron des Sacqueboutiers). C’est un immense spécialiste de ce répertoire et en plus une personne d’une humanité remarquable.

: Et si l’on veut pénétrer, un peu, votre jardin secret, qui rencontre-t-on ?

A.C. : En littérature je suis toujours sous le charme de la littérature allemande et plus particulièrement Thomas Mann. J’ai tout lu de cet auteur. Pour moi, la littérature en langue  française, c’est Marguerite Yourcenar. Ses Mémoires d’Hadrien sont le roman le plus émouvant que je connaisse. Elle a écrit ce livre dans un moment de grâce. Je n’ai plus trop le temps d’aller au cinéma mais je me souviens d’un film particulièrement réussi, réalisé par un jeune allemand, d’ailleurs c’était son premier, il s’agit  de « La vie des autres » de Florian Henckel von Donnersmarck. Deux chefs d’œuvre absolus pour moi également, sont le film de Visconti et le roman de Tomasi : « Le guépard ». L’adaptation est fabuleuse. Il me faut citer aussi Fellini et surtout « Amarcord » qui est de la poésie à l’état pur. En matière musicale, si j’adore Verdi, c’est plutôt Wagner qui est mon préféré, et Bruckner plutôt que Mahler. J’aime aussi beaucoup diriger Britten, c’est un musicien dans lequel se fondent l’intelligence humaine et l’intelligence musicale. Il a écrit parfaitement pour le chœur au point qu'il est parfois facile de l’interpréter. Vocalement, si j’ai un artiste à mettre tout au-dessus des autres, c’est certainement Montserrat Caballé. Elle était capable d’une technique absolue. Elle a eu un vrai don de Dieu. Il y a une noblesse dans sa voix qui est unique. Sa Norma et ses reines donizettiennes  sont aussi uniques. Callas bien sûr, mais je suis trop jeune pour l’avoir entendue. Ce n’est pas le même rapport.

Propos recueillis par Robert Pénavayre



 

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Renseignements et réservations :
www.theatre-du-capitole.org

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

 

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