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Danse/ Zénith de Toulouse - Béjart Ballet Lausanne - 14/04/2011
     
CRITIQUE

L’empreinte du génie est toujours là

Le spectacle offert par le BBL en ce jeudi soir 13 avril dans un Zénith de Toulouse archicomble, marque triomphalement la fin d’une tournée française débutée le 30 mars 2011 à Rouen, une tournée qui a permis aux balletomanes de sept métropoles de renouer le temps d’une soirée avec ce génial créateur que fut Maurice Béjart (1927-2007).


Aria : Ensemble - Crédit Francette Levieux

La soirée débute cependant avec Aria, première création chorégraphique réalisée en 2008, après la disparition du Maître, par Gilles Roman, successeur désigné de Maurice Béjart. Sur le thème de l’unité retrouvée, Gilles Roman aborde le mythe du Minotaure. Faisant s’opposer la danse primitive et dionysiaque de l’animal à la danse apollinienne classique de Thésée, il conclut sur une magnifique osmose visant à la naissance d’un nouvel être. Sur une musique alternant Bach, les chants inuits et des partitions contemporaines, dont certaines relèvent de la musique électroacoustique, ce ballet, aussi torride que sensuel, se réfère autant à la grammaire chorégraphique du Maître qu’à une volonté évidente de distanciation par rapport à cette dernière, révélant alors le formidable potentiel créatif de Gilles Roman.  Julio Arozarena (Lui/Minotaure) et Julien Favreau (L’autre/Thésée) se livrent  un combat sans merci avec une vigueur sans répit et une force rayonnante.


Dionysos : Oscar Chacon
(Dionysos) - Crédit Valérie Lacaze
 

Dionysos
: Kateryna Shalkina (Semele) et Julien Favreau (Zeus) - Crédit Francette Levieux

La seconde partie de la soirée nous fait retrouver un ballet réécrit par Maurice Béjart en 1985, mais dont l’original fut créé en 1984 sous le titre de Dionysos, immédiatement remanié en une Dionysos (suite). Cet hymne formidable à la danse débute comme une leçon d’histoire grecque pour s’achever en un périple échevelé sur la Route des Indes. Les costumes de Versace et les tableaux de Yokoo Tadanori conjuguent leur violence dionysiaque à la superbe partition de Manos Hadjidakis. C’est un véritable tourbillon de mouvements, de couleurs, de rythmes. C’est incontestablement l’un des grands opus du Maître, l’un de ceux qui mettent particulièrement au premier plan le Corps de Ballet, dans toute sa musicalité et sa discipline, son engagement et sa virtuosité. Trois solistes sont cependant à souligner pour leur talent hors pair : Kateryna Shalkina, Semele d’une renversante féminité, Julien Favreau, Zeus à la grâce… olympienne et, surtout, Oscar Chacon, Dionysos éblouissant de présence charnelle. De multiples rappels vinrent saluer ce spectacle montrant à l’évidence la passion du public toulousain pour la danse contemporaine. Du moins à un tel niveau de perfection.

Robert Pénavayre

 

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