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Danse/ Opéra de Paris - Spartacus (22/01/2008)
     
CRITIQUE

Plongée dans les annales du Bolchoï

En écrivant ce Spartacus pour le Ballet du Théâtre Bolchoï de Moscou, le chorégraphe Iouri Grigorovitch faisait entrer dans la déjà vénérable maison ce qui reste l’un de ses grands standards. C’était il y a tout juste quarante ans et cette version de la vie du célèbre révolutionnaire demeure aujourd’hui la seule en matière chorégraphique.

Carlos Acosta (Spartacus) et Nina Kaptsova (Phrygia) – Photo Sébastien Mathé

Le compositeur arménien Aram Khatchatourian (1903/1978) mit près de 14 ans à écrire cette partition fleuve, une partition qu’il dut reprendre, non sans mal nous dit la petite Histoire, afin qu’elle corresponde aux souhaits de Iouri Grigorovitch, ce dernier la ramenant à juste un peu plus de deux heures. Formidablement contrastée, puissamment orchestrée, brillante aussi, pleine de fougue, elle donna au chorégraphe la possibilité d’écrire des scènes d’ensemble extraordinairement animées, mais aussi ce qu’il appelle des monologues dédiés en solo à chacun des personnages, des soli d’une grande intention dramatique et, disons le, peut-être les meilleurs moments de ce ballet.
Les scènes réclamant l’ensemble de la troupe paraissent traduire, au travers de nombreux défilés, tout un environnement politique et social, pour ne pas dire idéologique qui, aujourd’hui, fait sourire.
Mais bon, ainsi en va-t-il de l’Histoire et il est logique que les arts en soient le reflet.

 

Si les décors et costumes de Simon Virsaladzé optent pour une sobriété évidente, il n’en va pas du tout de même pour la chorégraphie. Bouillonnante, effervescente, elle passe en revue toute une grammaire très académique certes, mais en la démultipliant par une exigence athlétique réclamant aux garçons une puissance physique à toute épreuve. Cela dit, autant Le Corsaire, présenté la semaine avant par cette même troupe, était un ballet « féminin », autant celui-ci fait la part belle à la gent masculine. Pour danser le rôle titre, le Bolchoï avait invité la grande étoile du Royal Ballet de Londres : Carlos Acosta. Dire que ce personnage lui va comme un gant relève de l’euphémisme. Danseur surpuissant, très physique, il fut un Spartacus d’une fièvre intense, remarquable virtuose aussi, il combla de bonheur un Palais Garnier au grand complet qui lui réserva une véritable ovation.

Carlos Acosta (Spartacus) et Nina Kaptsova (Phrygia)
Photo Sébastien Mathé

Dans son rôle de divinité terrestre, Alexander Volchov est un Crassus d’excellente tenue aussi, alliant la force à une maîtrise sans faille des figures imposées par le maître russe.
Côté féminin, deux superbes ballerines se partageaient les rôles de Phrygia (épouse de Spartacus) et Aegina (une courtisane). La première avait pour interprète Nina Kaptsova. Conjuguant la volonté suicidaire de la femme du fameux rebelle à la passion amoureuse qui l’anime, elle fut une Phrygia d’une remarquable émotion et d’une grande musicalité.
C’est une étoile du Bolchoï qui revêtait le tutu peu « enviable » de celle qui trahira les insurgés. L’Aegina de Maria Allash est un véritable condensé de la plus pure des virtuosités chorégraphiques nées dans la Russie du 20ème siècle. Magnifique d’élégance et de tempérament, elle souleva l’enthousiasme.
Un salut bien bas et admiratif à l’ensemble de cette troupe qui laisse, cette fois-ci, un agréable souvenir.
Bravo enfin à l’Orchestre Colonne, invité pour cette tournée parisienne du Bolchoï, sous la baguette ô combien experte de Pavel Klinichev.

Robert Pénavayre

 

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