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Danse/ Opéra de Paris - Palais Garnier - Preljocaj/McGregor (06/11/2007)
   

CRITIQUE

Dans les pas de Darwin

Avant d’alterner, pour les fêtes de fin d’année et pour le plus grand bonheur de tous, Paquita et Casse Noisette, l’Opéra de Paris offrait aux amateurs un peu curieux, une soirée contemporaine avec la reprise du Songe de Médée d’Angelin Preljocaj et la création mondiale du Genus de Wayne McGregor.

Jeune prodige de la danse anglaise, Wayne McGregor crée en 2004 un ballet intitulé AtaXia, portant le nom de la maladie neuromusculaire éponyme. C’est en se penchant de plus près sur ce type de pathologie  qu’il a pénétré l’univers des travaux de Darwin (1809-1882), célèbre naturaliste anglais  auteur de la non moins célèbre théorie sur l’origine des espèces et leur évolution. Se focalisant sur cette notion « d’origine », il a imaginé Genus, une chorégraphie complètement abstraite dans son propos, extrêmement physique, utilisant le corps comme moyen graphique dans l’espace.

Le Corps de ballet de l’Opéra de Paris dans Genus (Photo : Laurent Philippe)

Sur des paysages musicaux créés par Joby Talbot et Deru, dont certaines sonorités rappelleront à beaucoup la monumentale gifle d’Orange
mécanique,
 

le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris et une poignée de solistes prestigieux, Marie-Agnès Gillot, Emilie Cozette et Benjamin Pech (étoiles), Stéphane Phavorin (premier danseur) et Simon Valastro (sujet) se jettent à corps perdu dans une aventure imaginée en commun et  librement consentie par le chorégraphe.
On entre, ou pas, dans cet « oratorio religieux » aux mille interpellations suscitées autant par une grammaire chorégraphique ample, souple, généreuse, flirtant avec les codes classiques, que par les multiples vidéos projetées en permanence et relatant la course du Soleil ou bien encore les découvertes de Darwin.
Une œuvre difficile mais étrangement fascinante.

Marie-Agnès Gillot et Benjamin Pech dans Genus
(Photo : Laurent Philippe)

Le Songe de Médée

La première reprise in loco du ballet d’Angelin Preljocaj, Le Songe de Médée, qui en fait ouvrait la présente soirée, nous permet de renouer avec l’un des temps forts de la saison 2004/2005 de l’Opéra de Paris, date à laquelle il fut créé. Œuvre presque minimaliste (cinq solistes dont deux enfants), ce Songe n’a pas fini de nous hanter. Une gigantesque branche d’arbre mort, une multitude de seaux en fer blanc dans lesquels la magicienne servira le lait à ses enfants mais aussi puisera, en vain, l’eau pour se laver de son geste, voilà le décor du crime le plus épouvantable de l’Antiquité. Deux femmes, Médée et Creüse, se disputent Jason, le père des enfants de Médée,  une dispute mortelle dont on connaît l’inimaginable issue. Interprétée par l’Ensemble Court-Circuit dirigé par Fabrice Pierre, la partition de Mauro Lanza accompagne cette course à l’abîme, alternant berceuse et pulsation sauvage.

Delphine Moussin (Médée) (Photo : Laurent Philippe)

Impériale en Médée écartelée entre son statut de mère mais aussi d’épouse et de femme trahie, Delphine Moussin (étoile) impose une interprétation d’une incroyable intensité dramatique.
A ses côtés, Yann Bridard (premier danseur) et Muriel Zusperreguy (sujet) lui donnent une réplique sans faille. Soulignons également les participations de deux tout jeunes danseurs, Madeleine Thompson et Carl Van  Godtsenhoven, qui affrontèrent avec cran et succès une chorégraphie relativement complexe pour leur âge.

 

Robert Pénavayre

 

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Pour tout savoir sur la saison de ballet de l’Opéra de Paris, renseignements et réservations : www.operadeparis.fr

 
 
 
 
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