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Danse/ Opéra de Paris - Garnier -L’histoire de Manon – Kenneth MacMillan 24 avril 2012
     
     

CRITIQUE

L’histoire de Manon, séquence émotion

La reprise du ballet de Sir Kenneth MacMillan (1929-1992) créé au Royal Ballet de Londres en 1974 et entré au répertoire de l’Opéra de Paris en 1990, est l’occasion pour Brigitte Lefèvre d’afficher un couple de danseurs  étoiles devenu mythique : Clairemarie Osta et son époux Nicolas Le Riche.

Si l’on ne pouvait regarder Clairemarie d’une façon habituelle en cette soirée, c’est tout simplement que Manon est le dernier rôle que cette immense ballerine interprète in situ avec le Ballet de l’Opéra de Paris, compagnie dont elle fait partie depuis bientôt un quart de siècle. C’est donc en pleine gloire et sous la contrainte administrative d’un départ à la retraite (filles et garçons)  à 42 ans et demi que celle qui fut nommée au grade suprême en 2002 tire ainsi sa révérence.


Clairemarie Osta (Manon) et
Nicolas le Riche (Des Grieux)
- Crédit photo : Anne Deniau -
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Bien sûr, et heureusement, le monde de la danse ne perd pas du jour au lendemain une telle représentante. Plusieurs projets lui sont offerts car le statut d’Etoile est rarissime. Les rumeurs vont bon train et peut-être Clairemarie pourrait prendre la direction de la Danse au CNSMDP. Entre autres !Pour l’heure elle est encore pour quelques jours (13 mai) la charmante et amorale héroïne de l’abbé Prévost, une héroïne, soit dit au passage, plus près de l’original que ce qu’en firent Massenet et Puccini. C’est donc une jeune fille dans la fleur de l’âge qui sort de la calèche au 1er acte, mais une jeune fille avide de plaisirs. Et si elle ensorcèle d’un seul clin d’œil le jeune chevalier Des Grieux, c’est pour mieux le laisser tomber, éblouie qu’elle va être par la vie de luxe que lui propose Monsieur  de GM. A l’instar de Puccini cependant, les deux amants échoueront in fine dans les marécages de Louisiane.

C’est là que la malheureuse jeune fille rendra son dernier soupir dans les bras de son premier amour. Toutes les Etoiles de l’Opéra de Paris ont voulu danser ce rôle complexe et  difficile. De par sa grâce naturelle, sa virtuosité, sa musicalité, son habileté  dramatique à montrer toutes les facettes de ce personnage, Clairemarie  Osta demeurera l’une des plus magnifiques. Et puis comment ne pas imaginer une seconde la formidable émotion qui devait habiter cette danseuse  se retrouvant dans les bras de son Des Grieux de mari ! Nicolas le Riche qui, lui aussi, dans peu de temps, suivra son épouse vers d’autres horizons (mais qui pourrait refuser quoi que ce soit à ce fabuleux danseur ?), incarne un Chevalier d’un romanesque sans équivalent. Au faîte de sa puissance physique, il ne fait qu’une bouchée des nombreux portés de cette chorégraphie. Comme sorti tout droit d’une véritable statuaire antique, il irradie littéralement la scène par sa seule présence. Le grand art est là !


Stéphane Bullion (Lescaut)
- Crédit photo : Anne Deniau -
 
Outre le Corps de Ballet de l’Opéra de Paris, toujours superlatif dans ce type de répertoire, il convient aussi de saluer le Chef des mendiants, Allister Madin (Sujet), extraordinaire de dynamique dans son entrée au 1er acte, le trio des jeunes Gentilshommes : Audric Bézard, Aurélien Houette et Yann Saïz, des Sujets particulièrement brillants dans leur pas de trois, Stéphane Bullion (Etoile), inénarrable de comique dans le solo « enivré » du 2nd acte comme profondément pathétique lors du combat qui clôt cet acte. Sa Maîtresse n’est autre qu’Alice Renavand (Première danseuse). Superbe d’énergie, elle marque au sceau d’une magnifique maîtrise la totalité de son rôle. Stéphane Phavorin et Viviane Descoutures endossent quant à eux avec un aplomb incroyable et une pertinence extrême du moindre geste  les habits de Monsieur de GM et de Madame.

Soulignons enfin la splendeur de cette production signée Nicholas Georgiadis pour les décors et les costumes.
Toute la musique de ce ballet de près de deux heures est signée… Massenet mais fait l’impasse complète sur l’opéra éponyme de ce compositeur, les arrangements et orchestrations (celles-ci datent de 2011), signées Martin Yates, se basent sur des œuvres peu connues de ce compositeur et particulièrement des opéras comme Grisélidis, Cendrillon, La Vierge, Chérubin, etc. Pour ces reprises, l’Orchestre de l’Opéra de Paris est placé sous l’experte direction de Koen Kessels.

Robert Pénavayre

 

infos
 

Pour tout savoir sur la saison 2011/2012 de l’Opéra de Paris :
www.operadeparis.fr


Représentations suivantes :
2, 3, 4, 7, 8, 9, 10, 11 et 13 mai au Palais Garnier

 
 

 

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