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Danse/ Opéra de Paris - Giselle (19/12/2006)
     

Aurélie Dupont (Giselle) et Manuel Legris (Albrecht) dans l’acte des Willis.
(Photo Sébastien Mathé)


CRITIQUE

Giselle, en véritable état de grâce

En ce 19 décembre 2006, « Giselle », œuvre emblématique du ballet romantique, revenait sur la scène qui la vit naître en 1841 : le Palais Garnier. Ce n’était pas à proprement parler des retrouvailles puisque l’œuvre retrouvait l’affiche de la prestigieuse maison pour la…728ème fois ! Cette colossale permanence au répertoire de la première scène française a, bien sûr, des raisons.

La première tient tout simplement à ses qualités. Né sous la baguette magique de Théophile Gautier (auteur), Jules–Henry Vernoy de Saint-Georges (librettiste), Adolphe Adam (compositeur), Jules Perrot et Jean Coralli (chorégraphes), Carlotta Grisi (créatrice du rôle), « Giselle » est incontestablement l’archétype en même temps que le chef d’œuvre du « ballet blanc ». Après une absence relativement longue de l’affiche de l’Opéra de Paris, « Giselle » refera son apparition sur cette scène en 1910 grâce aux Ballets Russes de Serge Diaghilev. Elle ne la quittera plus.

La version donnée depuis 1991 a été chorégraphiée par Patrice Bart et Eugène Poliakov, sur la base des chorégraphies originales et dans les décors et costumes d’Alexandre Benois réalisés en 1924.

Issue de la tradition populaire, cette sombre histoire d’amour et de mort met en scène une jeune paysanne, Giselle, courtisée par un inconnu, Albrecht, dont elle s’est follement éprise. En fait, ce dernier, Prince de Silésie, est promis à une autre femme. Découvrant la vérité, Giselle en perdra la raison et la vie, allant rejoindre ainsi la troupe des Willis, fantômes des jeunes filles mortes avant leurs noces. Sous la terrible tutelle de leur reine Myrtha, elles chassent les hommes de nuit afin de les tuer. Albrecht, désespéré par le remord et venu se recueillir sur la tombe de Giselle, de nuit et au cœur de la forêt, ne devra la vie sauve qu’à une ultime preuve d’amour que lui donnera Giselle.

Karl Paquette (Hilarion) dans l’acte des Willis. (Photo Sébastien Mathé)


L’état de grâce


Il est des soirs comme celui de ce 19 décembre où, dès l’entrée du corps de ballet, on devine ce dernier sous l’emprise d’un véritable état de grâce. Fluidité, sérénité, élégance, précision, tout semble s’être donné rendez-vous, au plus haut niveau. La suite de la soirée confirma largement cette première impression.

Aurélie Dupont et Manuel Legris, deux étoiles aux talents superlatifs, donnaient vie à cette tragique histoire d’amour. Privilégiant la fragilité et l’immatérialité de Giselle, Aurélie Dupont incarne une jeune paysanne profondément émouvante dont l’interprétation, toute en musicalité, témoigne également de la maîtrise sans appel d’une grammaire chorégraphique parmi les plus éprouvantes. A ses côtés et dominant un rôle qu’il possède jusqu’à la moindre des inflexions, Manuel Legris joue la carte de l’émotion. Sur ce thème, son second acte est littéralement bouleversant.

Il ne faudrait pas oublier, dans ce concert de louanges, les superbes performances d’Emilie Cozette, Myrtha glaciale, Alexandra Cardinale et Alessio Carbone pour leur magnifique Pas de deux des paysans et surtout Karl Paquette qui, dans le rôle, certes épisodique, d’Hilarion, l’amoureux éconduit, montra encore une fois toute la charge émotionnelle dont il sait imprégner ses interprétations.

L’Orchestre de l’Opéra de Paris était placé sous l’attentive direction de maître Paul Connelly. Vraiment, une très grande soirée.

Robert Pénavayre

     

 

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