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Danse/ Compania Nacional de Danza
     


White Darkness

 
Compania Nacional de Danza

L'élégance classique de la danse contemporaine

Du 10 au 20 mars dernier, le Châtelet accueillait la Compania Nacional de Danza, pour une série de trois programmes donnés à guichets fermés et devant des salles en délire. Retour sur une renommée suivant une courbe exponentielle.

Succédant en 1990, à la tête de cette compagnie, à l'illustrissime mais hors d'âge Maïa Plissetskaïa, Nacho Duato n'eut de cesse que de redonner son élan vital à un corps de ballet en perdition. Quinze ans après, ses chorégraphies et sa compagnie siègent parmi le gotha mondial des plus grandes troupes de danse.

Réduisant sa filiation à son maître vénéré Jiri Kylian dans le fondement musical de leur travail, Nacho Duato délivre une chorégraphie qui magnifie avant tout le corps dans une fluidité permanente. Avec l'Espagnol, nous sommes loin des chorégraphes purement cérébraux pour qui le danseur est avant tout un objet. Nacho Duato crée résolument un langage chorégraphique contemporain, basé sur une technique classique inattaquable, mais un langage conjuguant à la perfection chaleur et sensualité. C'est en écoutant -beaucoup- de musiques, essentiellement classique et baroque, que Nacho Duato voit surgir son inspiration.

Et quelle inspiration !

Le programme que nous avons pu admirer s'ouvrait sur « Arcangelo », un ballet que sa Compagnie créa à Madrid en 2000 sur des musiques d'Arcangelo Corelli et Alessandro Scarlatti. Quatre couples vont s'unir et se désunir sur le thème du Paradis et de l'Enfer, les fusions passionnelles unissant ces corps dans de vertigineux entrelacs. Suivra son ballet quasiment aujourd'hui emblématique : « Por vos muero », sur des musiques des 15 ème et 16 ème siècles et le merveilleux poème de Garcilaso de la Vega dit par Miguel Bosé. Six couples évoquent devant nous les finalités de la danse, savante ou populaire, dans une Renaissance imprégnée de mysticisme et d'amour courtois. L'élégance à son zénith.

Changement de ton pour clôturer avec « White Darkness » créé en 2001.Sur une musique du compositeur contemporain Karl Jenkins, Nacho Duato invite ses danseurs à transcrire l'addiction à la drogue. Le sujet est violent, la danse aussi. Nous sommes ici dans le domaine de l'affrontement, de l'oppression, le corps n'est plus qu'un cri, une lutte ou un abandon. L'émotion envahit le spectateur.

Que dire sur cette troupe foisonnante d'énergie, de discipline, de beauté, si ce n'est qu'elle évoque à la perfection une charnelle et bouleversante humanité.

Robert Pénavayre

     
     

 

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